Archives par mot-clé : terrorisme

Coup d’œil sur l’actualité

« 17 attaques terroristes en Europe en 2015. En 2014 seulement quatre. »

« Un rapport peu optimiste d’Europol sur la menace terroriste. »

« Une fois que l’État islamique sera défait, il n’y a pas de doute, il sera remplacé par un autre. »

Voilà quelques titres récents parus dans la Presse. Nul besoin d’éditorial pour les commenter.

Ces jours-ci, les mêmes organes de Presse reprennent fidèlement la communication du Ministère de la Défense annonçant la longue liste de nos interventions militaires programmées pour 2017 dans le cadre du Readiness Action Plan de l’OTAN  : Irak, Syrie, Mer baltique (pays voisins de la Russie), République Démocratique du Congo, Mali, Niger, soulignant le rôle important joué par nos F16.
Monsieur le Ministre de la Défense, il nous manque malheureusement la liste des opérations programmées par nos adversaires, ceux que nous sommes censés combattre pour défendre notre pays… si loin de nos frontières.

LA PAIX ÇA S’APPREND

Guérir de la violence et du terrorisme

par DAVID VAN REYBROUCK  et  THOMAS D’ANSEMBOURG
Aux Éd. ACTES SUD    http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/la-paix

Extrait de l’ouvrage : Face à la montée des violences et du terrorisme, rien n’est fait pour apprendre la paix. Il y a un coûteux ministère de la guerre. Nous avons une administration et une armée de fonctionnaires avec ses corps d’élite, des moyens considérables de recrutement, d’entraînement, de communication, d’espionnage, de recherche scientifique, et une importante couverture médiatique…
Et la paix ?…  Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation des programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique? Où sont les budgets, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA CRISE MIGRATOIRE ET LA POLITIQUE DES GRANDES PUISSANCES OCCIDENTALES

Le cas tragique du Moyen-Orient

par Jean-Christophe Defraigne (Université Saint-Louis. Bruxelles)

Téléchargez ci-dessus le texte complet de la retranscription de l’intervention que Jean-Christophe Defraigne a faite, non pas le 22 novembre à Arlon, mais au printemps, dans le cadre de la Semaine sociale du MOC. Cette intervention était très proche de celle d’Arlon quant à son contenu. Voici un lien pour écouter la même intervention (si vous êtes plus « oral » qu’ « écrit ») : https://soundcloud.com/radio27-be/jean-christophe-defraigne-universite-saint-louis

« La crise migratoire de l’UE que subissent des millions de réfugiés est largement la conséquence de plusieurs décennies des politiques étrangères des grandes puissances occidentales au Moyen-Orient. Pour en comprendre la cause, il nous faut analyser les interventions impérialistes des puissances européennes et la manière dont elles ont façonné ou détruit durablement les États au Moyen-Orient. »  (…)

Enfin un peu d’Histoire face à la désinformation systématique des grands médias de plus en plus contaminés par la propagande de guerre.

Barbarie contre barbarie…

Parmi tous les sons de cloche à la fois tonitruants et parfois dissonants que provoque chaque attentat des djihadistes, il est en tout cas une note suraiguë qui se fait toujours entendre, c’est le mot « barbarie ». Un son de cloche beaucoup plus rare, par contre, celui qu’apporte un lecteur du journal L’Avenir ce matin même :

« Quel est l’intérêt des responsables de nos pays de préciser dans des discours à la TV, dans les journaux et autres, qu’ils envoient un nombre bien précis d’avions dans certaines régions pour bombarder des clans de l’Etat Islamiste ? Ce fut encore le cas ici avec la France, et puis on s’étonne de vivre ce drame de Nice. Nous constatons que cette  façon de voir chacun vanter sa force militaire nous coûte très cher en vies humaines d’innocents. Nous vivons une troisième guerre mondiale… ». (*)

Bizarrement, les plus ignorants sont les chefs d’Etat qui escamotent, à chaque coup, cette réalité basique. Laquelle ne date pas d’aujourd’hui : s’il faut donner une date pas trop reculée dans le temps (c’est tout de même une vieille histoire !), c’est celle que nous rappelions dans notre dernier message du 1er juillet : les accords franco-britanniques signés le 16 mai 1916 pour un partage du Proche-Orient en vue de l’ère post-coloniale.

Mais il est tellement plus simple pour nos  dirigeants de profiter de ces odieux attentats pour jouer aux matamores, aux sauveurs de la patrie, aux héros par procuration, discoureurs infatigables et vaillants défenseurs des valeurs sacrées de la République et autres nations hautement civilisées ! Tout en honorant scrupuleusement les commandes d’armes de nos riches et vertueux clients, notoirement férus de nos valeurs démocratiques.

Mais pourquoi agiraient-ils autrement, ceux que nous avons élus, si tant de citoyens semblent si éloignés et ignorants de leur histoire passée et présente (et là, ce n’est pas de la frime) ? Si le temps du loisir bienvenu, de la détente, de la réflexion est tout entier absorbé par ce défilé ininterrompu de carnavals, festivals, évasions, défonces et autres devoirs de distraction à tout prix ! « Le pain et les jeux du cirque »… encore une vieille histoire.

Depuis longtemps des alternatives existent pourtant au travail-servage, aux loisirs obligatoires et à la démocratie des lobbies. On en parle beaucoup. Beaucoup plus qu’on en vit. Pourtant c’est d’en vivre que le monde pourrait changer. Une « petite foire » de l’agro-écologie au lieu de la « grande foire » de l’agro-productivisme le prochain weekend, oui, un exemple parmi beaucoup d’autres… Mais à connecter, agencer, tresser comme les mailles d’un filet protecteur, salvateur. Qui pourtant ne nous exemptera pas du combat contre l’adversaire, car adversaire il y a. Il est chez nous, il est partout, et ce n’est pas celui dont on parle le plus.

« C’est la négation même de la paix qu’une économie guidée avant tout par le profit,  entraînant le monde dans des guerres  et des conflits permanents. »

                                (Charte de la Coalition luxembourgeoise pour la Paix).


(*) Dans une analyse exploratoire du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques (RMES) sur le remplacement de nos avions de combat, on peut lire : « Ainsi, les F-16 ont été engagés au Kosovo, en Afghanistan, en Libye et en Irak, sans qu’aucune perte matérielle ou humaine n’ait été à déplorer ». Ils ont évidemment oublié d’ajouter « dans les rangs des militaires occidentaux »… Ou alors, Messieurs les grands stratèges, si vous ne dénombrez ni perte humaine et matérielle dans ces régions ennemies (peuplées, là aussi, d’innocentes victimes),quelles folles et stupides dépenses !