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Pas de confinement pour le commerce des armes ni la guerre.

À l’ombre du coronavirus

Commerce des armes et justes guerres continuent à prospérer

Ce mercredi 3 juin, à l’occasion du sixième anniversaire de la ratification du Traité sur le commerce des armes (TCA) par la Belgique, Amnesty International a rendu publique la nouvelle édition de l’Observatoire des armes wallonnes. Vous l’aurez d’ailleurs appris récemment par vos journaux et autres médias. L’ONG pointe du doigt « la Région wallonne qui continue à exporter des armes vers les Émirats arabes unis, malgré les dénégations du ministre-président Elio Di Rupo  alors que cet État détourne des armes au profit de milices au Yémen et qu’il est membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite, soupçonnée de commettre des crimes de guerre dans ce même pays ». Amnesty International rappelle également que, entre 2006 et 2018, ce sont près de 2,7 milliards d’euros d’exportations directes qui ont été autorisées à destination de l’Arabie saoudite. L’organisation retient enfin que l’Égypte, membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite active dans le conflit armé en cours au Yémen, a bénéficié en 2017 et en 2018 de licences d’exportation d’armes octroyées par la Région wallonne pour une valeur totale de 9 572 923€. Au démenti publié hier par le ministre-président wallon, le directeur de la section belge francophone d’Amnesty International, Philippe Hermans, répond en se référant au rapport de la Banque Nationale de Belgique peu suspecte d’a priori pacifistes.

Ce n’est pas tout. Notre armée, dans le cadre de l’OTAN et d’autres alliances militaires conclues avec des pays européens (notamment la France), continue d’apporter son soutien à des actions guerrières camouflées en interventions humanitaires, notamment dans plusieurs pays d’Afrique occidentale. Nous en avons déjà parlé. Constatons simplement que la terreur engendrée par la pandémie actuelle n’empêche pas que d’autres fléaux cycliques, ceux de la guerre et de ses séquelles, totalisent un nombre bien plus considérable de victimes. C’est également Amnesty International qui dénonçait récemment que « les guerres oubliées continuent de tuer des civils partout dans le monde » (https://www.amnesty.be/infos/blogs/blog-paroles-chercheurs-defenseurs-victimes/article/alors-pandemie-covid-rage-guerres-oubliees-continuent-tuer). Tandis qu’au Mali et autres pays voisins des patriotes demandent le départ des forces françaises, opposées aux décisions de leurs dirigeants qui profitent des largesses de ces manœuvres néo-colonialistes (https://www.ouest-france.fr/monde/mali/au-mali-des-patriotes-demandent-le-depart-des-forces-francaises-6733647).

Nous savons qu’il n’y a pas un camp des bons et un camp des méchants. Tous ceux qui usent de la « solution » guerrière sont condamnables puisqu’ils ne font qu’aggraver la spirale de la violence tout assurant le succès de la plus grosse multinationale de la planète : le trust militaro-industriel.

Pour suivre, nous donnons volontiers la parole à Pierre Debbaut, l’un des pionniers  de notre Coalition pour la paix, premier officier de réserve à se déclarer objecteur de conscience, ce qui lui valut une peine de prison mais eut aussi pour conséquence d’élargir le droit à l’objection de conscience. Dans un document au titre particulièrement sobre, il nous énumère les priorités auxquelles nous devrions faire face « sans perdre une minute de plus ».

URGENCES

  1. L’épidémie de coronavirus a déclenché dans le monde une réaction d’urgence dont il faut espérer qu’elle sera efficace. L’écoute des bulletins d’information peut faire craindre que la panique provoquée ait détourné notre attention d’autres problèmes. Il me semble aussi très important, pendant la période du déconfinement deprotéger tous les acquis sociaux. Il faut absolument éviter que le retour à une vie « normale » coûte aux moins favorisés.
  1. Je pense à l’écologie, objet de tant de conférences, de mises en garde et de promesses si difficiles à tenir. Les menaces, moins mises en évidence que celles des virus, n’éveillent guère de décisions politiques concrètes. Les préparatifs des conférences internationales suscitent des espoirs, mais les déclarations finales restent souvent vagues.
  1. Je pense à la faim, plus discrète que les épidémies, mais dont les effets au cours des années enfoncent une grande partie de l’Afrique dans le désespoir. Que pouvons-nous contre une organisation injuste de l’économie?
  1. Je pense à l’élimination des armes nucléaires.Les conséquences effrayantes de la course aux armements du siècle passé nous laissent devant un tas incroyable de matières dangereuses qu’il faut surveiller et éliminer. J.M Muller a certainement raison d’affirmer que la réduction de l’armement nucléaire n’est pas son élimination et que celle-ci doit être notre but. Il ne faut cependant pas oublier le coût des opérations de désarmement et les exigences de sécurité au cours de leur réalisation. D’innombrables personnes croient encore que leur sécurité se trouve protégée par ces armes inhumaines. La présentation d’une argumentation rigoureuse de la nuisance de ces engins doit nous préoccuper.
  2. Combien d’entre nous ne se sentent-ils pas en paix, alors que nos usines fournissent des armes aux combattants et que nos avions participent à la destruction du Moyen-Orient et de bien d’autres régions? Notre participation à l’OTAN nous place dans une situation inacceptable. La présence dans notre pays d’armes étasuniennes nucléaires est en contradiction avec le traité de non prolifération. Que dire de notre passivité face aux déclarations de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN ?: « L’OTAN ne renoncera pas à l’armement nucléaire avant que ses adversaires potentiels n’aient détruit les leurs ; elle ne peut affirmer qu’elle n’utilisera pas d’armes nucléaires contre un pays qui en est dépourvu ; elle ne rejette pas l’éventualité d’être la première à utiliser ces armes ».
  3. Je pense aux choses merveilleuses que nous avons organisées et que nous laissons vieillir sans les adapter au monde actuel.Le premier exemple qui me vient à l’esprit est l’ONU. Il est évident que le monde a beaucoup changé depuis la création de cette organisation qui devrait offrir une table de rencontre à toutes les nations. Cette possibilité ne peut disparaître, mais l’organisation a été établie par une petite cinquantaine de nations. Elle en compte aujourd’hui quatre fois plus, la place faite aux anciennes colonies, aux pays dont l’économie boite, à ceux qui ne pensent pas comme les « maîtres du monde » est bien réduite. La déclaration des droits humains qui lui sert d’épine dorsale, remarquable en son temps, mériterait au moins d’évoluer comme tout être vivant. Nous en sommes bien loin; des organismes comme le G20 et les attaques de certaines grandes puissances menacent l’ONU et augmentent encore les inégalités entre nous. Vous croyez peut-être qu’une mise en chantier d’une réforme de l’ONU n’est pas une urgence, mais en fait il sera bientôt trop tard pour y penser car faire changer une manière de voir le monde ne se fait pas en un clin d’œil.

Huit militants arrêtés après s’être infiltrés dans la base militaire de Kleine-Brogel

Huit militants de la campagne « Nuke free zone » ont été arrêtés dimanche matin après s’être infiltrés dans la base militaire aérienne de Kleine-Brogel. Mais l’opération d’exfiltration des ogives nucléaire a pleinement réussi. Les groupes, composés de 8 citoyennes et citoyens ont été arrêtés à 7h45 sur la piste de décollage des F-16 après avoir réussi à confier symboliquement aux groupes postés à l’extérieur une partie des ogives états-uniennes qui y sont illégalement entreposées depuis plus de 60 ans, comme le précise l’ong Agir pour la paix. Parmi les huit militants arrêtés dimanche figure la députée bruxelloise Écolo Zoé Genot.

Pendant ce temps nos avions militaires qui, précédemment, se contentaient d’effectuer l’une ou l’autre manœuvre durant l’année multiplient leurs survol à basse altitude de nos paisibles campagnes. Voilà qui est rassurant. La preuve : l’indifférence générale de l’opinion publique et des responsables politiques. A part bien sûr des « groupuscules pacifistes » ainsi que Mme Genot et le Pape François pour citer quelques unes des notables exceptions que compte notre monde civilisé.

Guerres  tout court, guerres économiques, guerres climatiques, guerres aux migrants ! Rien ne manque au tableau de chasse alors que, paraît-il, nous avons la chance de « vivre dans la période la plus pacifique de l’histoire de l’humanité », comme nous l’ont révélé l’asbl Bastogne Memorial et le War Museum dans leur invitation au singulier Colloque du 9 mars à Bastogne où, sans avoir droit à la parole, nous avons dû nous contenter de donner notre avis par voie de tracts.

Prochaine étape : l’appel à actions contre le sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet prochains à Bruxelles. Agir pour la Paix souhaite apporter son soutien à toutes celles et ceux qui participeront par leurs actions directes non-violentes à ce contre-sommet. Besoin d’une formation ? De conseils ? D’ateliers dans un domaine en particulier ? Un petit mail à nomorenato@agirpourlapaix.be.

Appel des mouvements de paix à des actions | Sommet de l’OTAN | 11&12.07 | BXL

En réponse à l’appel des mouvements de paix, et dans le respect du consensus d’action, nous invitons chacun.e à exprimer son opposition à ce sommet de l’OTAN qui a déjà le goût du sang, en organisant des actions directes non-violentes visant à bloquer et / ou à perturber le sommet.

Les cibles que nous vous proposons sont toutes soit en lien direct avec l’OTAN et son fonctionnement, soit liées à la tenue même du sommet.
Soyons créatifs-ves, radicaux-ales, multiples et solidaires des luttes contre toute forme de domination et d’injustice.

Les 11 et 12 juillet prochains, le sommet de l’OTAN se tiendra à Bruxelles… ou pas !
La liste des cibles et les infos légales sont à télécharger sur les liens ci-dessous. Pour recevoir des infos complémentaires, ou pour d’éventuels conseils quant au choix des cibles, écrivez à : nomorenato@agirpourlapaix.be
Ces deux documents seront mis à jour si nécessaires.

Dans la dernière livraison du périodique « Le Sentier de la Paix » édité par l’association Agir pour la Paix, notre compagnon d’armes (non-violentes), Thierry De Lannoy, se fend d’un article pas piqué des vers dont nous reproduisons la conclusion.

Les armées ont toujours été un outil de la politique étrangère de leur pays mais QUI DEFINIT ACTUELLEMENT EN BELGIQUE CETTE POLITIQUE ETRANGERE ? L’Europe ? L’Otan ? Les USA ? A moins que ce soit à Davos ou au groupe de Bilderberg ? Ce que nous constatons c’est que notre politique étrangère nous est de plus en plus étrangère.

L’armée doit se préparer à répondre à la menace, mais de quelle menace parle-t-on actuellement ? Devons-nous craindre une invasion venant de la planète Mars ? Qui définit cette menace ? De qui devons-nous avoir peur ? A qui faisons-nous peur ? A moins que nous soyons devenus dangereux ? Sommes-nous devenus une menace pour beaucoup de pays dans le monde ?

La course aux armements en Belgique a pour mérite d’accroître les bénéfices des entreprises d’armement et ce matériel est orienté vers des missions qui ne concernent pas la sécurité du territoire mais des missions extérieures à l’Union Européenne, comme celle d’assurer l’approvisionnement en matières premières et énergétiques. Elles seront également cause d’innombrables « dégâts collatéraux », nouveaux mots pour parler de « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « massacre des innocents »

Si le général prussien Carl von Clausewitz est connu pour son livre « De la Guerre », nous en connaissons surtout une phrase : « La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens ». Mais il y a une autre citation de lui : « La guerre est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ».

Mais peut-être ai-je tort, peut-être que ces achats ont pour seul but de réaliser un plus beau défilé au 21 juillet…

10 mythes sur la lutte non-violente

Le livre « 10 mythes sur la lutte non-violente » est en vente au prix de 5 € et est disponible gratuitement on-line. Cette traduction francophone de l’essai « The Sword That Heals » de l’activiste G. Lakey fut réalisée par Agir pour la Paix et Quinoa afin de réfléchir sur la pertinence de la non-violence et/ou de la violence dans les luttes. Cette publication fait par ailleurs l’objet d’un atelier (disponible sur commande) autour de cette réflexion morale et stratégique.

Remplacer nos F-16 par quoi et pourquoi ?

Par delà les calculs d’épiciers (en gros !) autour du prix des différents modèles d’avions destinés à remplacer nos futurs F-16, chose qu’a déjà décidée notre Gouvernement sans consulter jusqu’à présent les citoyens, voici l’avis de Thierry Bingen, membre des instances dirigeantes du Mouvement DEMAIN, publié dans Le Vif/L’Express de ce mercredi 27 avril. Nous soulignons les mots-repères.

Quand un F-16 décolle de la base de Florennes, il quitte généralement le ciel belge dans les six minutes.En d’autres termes, de tels avions n’ont aucun sens par rapport aux mots « défense nationale »Son successeur ne sera sans doute pas plus lent à se trouver hors du pays.

Posséder de tels avions n’a de sens que dans le contexte d’une alliance militaire. C’est le cas de nos F-16 qui sont pleinement intégrés dans les opérations de l’OTAN. Notre cinquantaine de bombardiers-chasseurs ont ainsi contribué à notre « défense nationale » en larguant des bombes sur l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie. Ils ont aussi patrouillé (sans larguer de bombes) dans l’espace aérien de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

Une alliance militaire se définit d’abord par une alliance politique. Même sans l’approuver, on peut comprendre le choix fait in illo tempore par les gouvernements belges de participer à une alliance antisoviétique. Depuis l’implosion de l’URSS, on doit se poser la question de la participation à une alliance qui n’a plus d’ennemi déclaré.

On doit d’autant plus se la poser aujourd’hui que le leadership de cette alliance politique et militaire est aux mains d’un déséquilibré, tout aussi fantasque en politique étrangère qu’irresponsable dans ses choix nationaux. Nul ne sait où cette situation inédite peut conduire la planète. On constate quand même que plusieurs gouvernements européens, peu suspects de gauchisme anti-OTAN, parlent avec insistance, sous des prétextes divers, d’un nouveau concept d' »Europe de la défense ». Ils ne sont simplement pas tout à fait aveugles.

Il faut encore savoir qu’une partie des chasseurs-bombardiers « belges » sont équipés de façon à pouvoir transporter (et larguer…) des missiles nucléaires tactiques, entreposés aujourd’hui à Kleine Brogel. Si le commandement de l’OTAN (Washington donc) le décide, nos F-16 doivent donc être prêts à larguer le feu nucléaire sur les cibles que ce commandement leur désignera. Ce sont donc bien des pilotes belges aux commandes d’avions belges qui largueront des missiles nucléaires (américains) sur l' »ennemi » désigné. Une riposte, même proportionnée, de la part de cet ennemi entraînera donc au moins des tentatives de bombardement nucléaire de la Belgique. Les risques que nous redoutons quant à Doel 2 et Tihange 3 seraient ravalés au rang de l’anecdote.

Or, un des « avantages » présentés dans l’actuel marchandage quant au remplacement de nos F-16, est la capacité du F-35 d’embarquer ces missiles nucléaires sans transformations coûteuses, comme ce serait le cas si l’on choisissait une des propositions alternatives. C’est donc une excellente raison pour tout citoyen soucieux de préserver son pays du feu nucléaire de refuser sans appel le choix de ce F-35.

Il n’est pas inutile non plus de rappeler que ce F-35 est tellement « moderne » qu’il est loin d’être au point et donc opérationnel quasiment nulle part. On comprend le forcing du gouvernement américain de multiplier les ventes de cet aéronef défectueux afin de répartir le coût de sa mise au point, pour autant qu’on y arrive un jour. (On se souviendra de la saga du F-104, le « cercueil volant », qui n’a jamais pu être mis au point, adopté par plusieurs alliés des Américains, mais jamais par eux-mêmes.)

C’est là donc deux raisons majeures de s’opposer au remplacement des F-16 par ces F-35.

À ce stade, on devrait évidemment se demander pourquoi même s’équiper de chasseurs-bombardiers pratiquement incapables d’intervenir sur leur territoire national. Le fait est que, depuis quelques dizaines d’années, les gouvernements belges ont définitivement renoncé à toute idée de « défense nationale ». Notre sort a été totalement mis entre les mains de l’OTAN et nos choix en matière de défense sont ceux que l’OTAN nous assigne.

Vu notre taille et notre poids géopolitique, nous sommes donc réduits au rôle de larbins. 

Il reste, sans doute, deux autres avions dans la course absurde au remplacement des F-16 : l’Eurofighter britannique et le Rafale français. Si l’on admet que le coût avancé aujourd’hui pour ces engins est sensiblement identique (environ 100 millions d’euros pièce), et que les retombées économiques pour le pays seraient plus ou moins comparables (quelques milliards d’euros et quelques milliers d’emplois, mais ce sont des chiffres invérifiables), il faut se poser la question de nos propres choix en termes de géopolitique au cas où l’Alliance atlantique se déliterait avant la fin de vie de cette coûteuse flotte. Envisageons-nous de rester proches des Britanniques, qui s’apprêtent à larguer les amarres de l’alliance économique, ou plutôt des Français dont les frontières ne sont pas près de s’éloigner ?

À défaut de pouvoir enterrer le funeste projet de remplacer des chasseurs-bombardiers, inopérants pour NOTRE défense nationale, il faut se résigner au choix qui est le moins absurde pour notre contexte géopolitique, et ce quelles que soient les préférences des militaires, qui doivent rester aux ordres du pouvoir politique, et surtout pas l’inverse.

Trump et l’OTAN à Bruxelles. Justice migratoire à Chassepierre.

Le terrorisme des puissants : ce 25 mai à Bruxelles !

TrumpC’est à une démonstration de force sui generis que nous aurons, nous « petits Belges », le discutable privilège d’assister le 25 mai. En présence des chefs d’État des 29 pays alliés, notre ministre de la Défense remettra à l’OTAN son nouveau siège, un projet pharaonique de plus d’un milliard d’euros, dont notre pays a piloté la construction depuis une dizaine d’années. Le président Trump sera présent, lui aussi, dès la veille dans cette bonne ville de Bruxelles qu’il qualifiait encore de « trou à rats » en janvier 2016.

AGIR POUR LA PAIX nous propose plusieurs rendez-vous les 24 et 25 mai et différents modes d’action pour nous permettre de manifester contre les aventures militaires, pour la défense de l’environnement et de notre planète, pour la défense des droits humains de TOUS et de TOUTES, pour la lutte contre le racisme et les discriminations. « Nous voulons le faire avec le soutien d’une plateforme d’organisations la plus large possible afin d’unir nos forces. »
http://agirpourlapaix.be/24-05-manifestation-contre-trump-et-lotan/

D’autres dirigeants que Trump sont atteints de la même schizophrénie. Ils nous obligent à chaque sommet de l’OTAN à investir plus de moyens dans l’armement et dans le rejet des réfugiés victimes de leurs propres guerres. Quant aux associations vraiment courageuses et lucides dans leur engagement solidaire envers les réfugiés, elles se font blâmer et condamner, comme Médecins sans Frontières, pour pactiser avec l’ennemi en se portant au secours des naufragés… Pendant ce temps la Turquie gère le scandaleux Pacte migratoire du 18 mars 2016 conclu avec l’Europe – bien plus efficace qu’un simple mur de la honte! – pour une manne de 300 millions d’euros renouvelable. Voilà où en est.

Justice migratoire du 19 au 21 mai à Chassepierre

La première des justices envers les réfugiés, c’est de lutter contre les causes de leurs malheurs. Elles sont diverses, on le sait, mais la plus insupportable est celle de notre participation à une coalition guerrière qui prétend imposer une nouvelle version de la pax romana, partout où nos intérêts économiques sont en jeu. Triste civilisation qui se drape dans les oripeaux de l’ex-aventure coloniale pour continuer à semer la mort au nom de « nos valeurs démocratiques »! Ajoutant de la violence à la violence, de la barbarie à la barbarie, comme en Syrie où l’on dénombre déjà plus de 400.000 morts et des millions de civils ayant fui leur pays, comme en Irak, en Afghanistan, au Yémen, dans les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad où nos alliances militaires nous rendent complices d’une guerre économique implacable sous couvert d’opérations humanitaires et sous le tabou du « secret Défense ».
Tout cela dans une indifférence quasi générale. « Nous ne savions pas! » : la belle excuse qui se répète de conflit en conflit. Avec le fameux « Plus jamais ça! » de sinistre mémoire qui, n’en doutons pas, va retrouver une nouvellefraîcheur à l’occasion du prochain centenaire de l’armistice de 1918…

Chassepierre 19, 20 et 21 mai


C’est ce que notre Coalition pour la Paix tentera de rappeler lors des Assises « Justice migratoire » qui se tiendront le prochain week-end à Chassepierre, organisées par le CNCD et une plateforme d’associations. Nous le ferons à travers diverses informations et moments choisis, tels que l’atelier des revendications citoyennes du vendredi 19 à 17 h et le débat à 20 h sur le thème «  Migrations : le vrai du faux », animé par Pascal Claude avec Carine Thibaut, François De Smet et Hervé Le Bras.

Ces assises se tiennent aussi d’avril à juillet à Mons, Namur, Louvain-la-Neuve, Liège, Bruxelles, preuve que la question des migrants dépasse de loin aujourd’hui la simple dimension humanitaire de l’accueil.

Pour plus d’informations sur ces diverses initiatives et sur le programme complet du prochain week-end à Chassepierre : http://www.cncd.be/assiseslux.

Entre la peste et le choléra

Curieuse démocratie où les électeurs sont condamnés à ne pas utiliser leur droit de vote ou à l’accorder à des candidats qu’ils exècrent. Cette impasse que connaît la France d’aujourd’hui se décline de différentes manières dans un mode de gouvernance prônant, chez nous comme ailleurs, des valeurs démocratiques, prétendant même les propager (fût-ce au prix de la guerre) et favorisant, dans le même temps, partout l’avancée de la dictature de l’argent.
La dictature de l’argent, c’était déjà en 2012 le thème d’une de nos « Journées provinciales d’échanges et de concertation ». On a bien progressé depuis… Il suffit de voir comment prospèrent les affaires au sein de la classe politique belge, dénoncées depuis tant d’années et toujours recommencées… à peine terminé « le grand nettoyage » !
Mais plutôt que de nous donner nous-mêmes le mal d’écrire un long éditorial à ce sujet, empruntons-le en partie à Emmanuel Huet, commentant dans L’Avenir de ce vendredi matin le tout récent « vote de la honte pour la Belgique » en faveur de l’entrée de l’Arabie Saoudite à la commission de l’ONU sur la condition de la femme. Ci-dessous le titre et la conclusion de l’auteur.

Négationnisme à la belge

« La Belgique est incapable de tenir une position ferme face à ce royaume où les droits des femmes et les libertés d’expression sont quotidiennement bafoués. La Wallonie y voit un marché fructueux pour y écouler ses armes, la Flandre  se réjouit  d’un investissement de près de 4 milliards d’euros au port d’Anvers, le groupe Schréder a aussi illuminé la Mecque, a placé des milliers de leds à Ryad. Pour continuer à entretenir de riches relations commerciales avec la pétromonarchie, la Belgique fermait jusqu’à présent les yeux sur ces pratiques archaïques. Avec ce vote, elle s’inscrit désormais dans une dans une forme de négationnisme des femmes saoudiennes. »

L’OTAN, »la machine de guerre la plus agressive du monde »

Le 25 mai se tiendra un sommet de l’OTAN à Bruxelles, précédé de l’inauguration en grande pompe de son nouveau Quartier général. Les citoyens sont invités à participer à plusieurs actions, au choix, pour faire entendre la voix de la raison et non celle des armes : http://stopnato2017.org.
« L’Otan est la machine de guerre la plus agressive du monde, rappelle le mouvement Agir pour la Paix. Nous avons besoin, de toute urgence, de consacrer tous nos efforts à développer les réels facteurs de paix : justice sociale, climatique, économique… ».

Pour ceux qui ne le savent pas encore, la Belgique abrite une vingtaine de bombes nucléaires américaines, prêtes à être larguées par nos pilotes dès que nous aurons acquis, au prix fort, les super F-35 convoités par notre gouvernement. Pour l’instant nos F-16 se contentent de larguer des bombes « ordinaires » sur des gens ordinaires et quelques barbares enragés de ne pas pouvoir en faire autant. Pour l’instant.

Allons-nous bientôt répéter une fois de plus : « Plus jamais ça ! »

Rappelons que les Etats dotés de l’arme nucléaire dépensent, au total, 100 milliards de dollars par an pour la seule maintenance de cet arsenal. Plusieurs quotidiens signalaient ces jours-ci que le niveau mondial des dépenses militaires avait retrouvé le top niveau de la guerre froide.
Quand cesserons-nous d’être bernés par la propagande de guerre, autre outil performant pour les puissances d’argent qui, elles, ne connaissent ni patries, ni partis, ni idéologies. Mais qui s’en servent si bien, comme elles se servent de nos gouvernants et de leur inconsistance.
Répéterons-nous toujours, en pure perte, le fameux « Plus jamais ça » lancé à la fin de la guerre 14-18 ?
C’est donc cette soi-disant « fin de la guerre » que nous allons commémorer l’an prochain?… Allons-nous nous prêter, une fois de plus, à une telle comédie?… Ou saurons-nous enfin prendre nos responsabilités de citoyens et refuser les diktats que nous subissons
, de génération en génération, de la part de nos vrais ennemis : lesprofiteurs de guerre de tout acabit et – aussi ! – notre facile résignation à la spirale de la violence, au cycle infernal des guerres.

Des armes belges aux mains de l’État islamique

L’arsenal varié de l’État islamique illustre parfaitement le fait que le commerce mal réglementé des armes alimente les atrocités de grande ampleur, a déclaré Patrick Wilcken, chargé des recherches sur le contrôle des armes au sein d’Amnesty International.L’absence de réglementation et de suivi des importations de très grandes quantités d’armes en Irak, durant des décennies, a constitué une aubaine pour l’Etat islamique et les autres groupes armés, leur offrant l’accès à une puissance de feu sans précédent.
http://www.lavenir.net/cnt/dmf20151208_00747611/irak-des-armes-belges-aux-mains-de-l-etat-islamique      

Un arsenal qui donne le vertige

« La diversité et la quantité des armements de l’État islamique sont le résultat de dizaines d’années de transferts d’armes irresponsables vers l’Irak. Ces transferts d’armes ont été financés par des accords de troc de pétrole, des contrats avec le Pentagone et des dons de l’OTAN. La majeure partie des armes a été pillée dans les stocks de l’armée irakienne ou écoulée à partir de ces stocks. »

Parmi les armements sophistiqués de l’EI, poursuit Amnesty, « figurent les FAL et autres armes automatiques produits par la FN Herstal ».

Propriété de la Région Wallonne, rappelons-le. Donc de chacun de nous, honnêtes citoyens paisibles, pacifiques, pacifistes.

Business is business…

C’est à partir de ce tissu de contradictions qui affectent notre mode de vie – on n’en finirait pas de citer d’autres exemples! – que l’on comprend mieux la vérité du scandaleux adage « On a finalement les guerres qu’on mérite », variante d’un autre aphorisme : « Qui sème le vent récolte la tempête ! »

Fort bien tous ces propos indignés, tous ces signaux d’alarme. En attendant, on fait quoi ?…
Question que nous pose à tous la Coalition luxembourgeoise pour la Paix avant son assemblée générale de fin janvier 2016 (plus de précisions dans les prochains jours).