L’enfer pour toujours plus d’enfants

L’ÉDITO

Les membres du bureau, sans doute trop occupés par leurs engagements militants, n’ont guère le temps de se relayer au poste de chroniqueur, comme c’était convenu ! Qu’à cela ne tienne… d’autres alliés publient çà et là des points de vue qui pourraient parfaitement être les nôtres. C’est le cas pour Christophe Frison qui nous permettra de reprendre son billet publié ce matin 14 mars sur la page « Forum » du journal L’Avenir.

Le jour où ça va péter

A ma gauche MM. les Américains avec des milliers d’avions de combat, un budget de 600 milliards de dollars pour la Défense. A ma droite, MM. les Chinois, les Russes et les Coréens avec eux aussi quelques milliers de beaux avions, un  budget de 200 milliards de dollars pour s’équiper en armement. Au sud quelques États  qui rêvent de nous faire exploser. Et dans le monde 9 puissances nucléaires avec plus de 17.000 bombes atomiques. Bref, de quoi s’amuser et de faire un sacré feu d’artifice. Mais heureusement au milieu de tout ça, il y a la Belgique. Petit pays qui sabre dans les dépenses de sécurité sociale, dont les écoles sont parfois des containers, avec des citoyens pressés comme des citrons. Mais petit pays qui va trouver 35 milliards d’euros pour s’offrir 34 avions de combat. Y’a pas à dire, et même s’il faut pour cela plonger le peuple dans la précarité, le jour où ça va péter, ceux d’en face n’ont qu’à bien se tenir ! J’espère juste que nos avions auront le temps de décoller. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai un doute…

Christophe FRISON. Tournai

Et pour enchaîner…


À la veille des Tambours pour la Paix

« L’enfer pour toujours plus d’enfants »

Tués, violés, déplacés, privés de soins et d’instruction… Un rapport de l’Unicef fait état d’une situation de plus en plus dramatique pour les enfants syriens.

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170312_00972779/l-enfer-pour-toujours-plus-d-enfants

21 mars : journée mondiale des Tambours pour la Paix !

Plusieurs écoles vont participer à la journée mondiale des Tambours pour la Paix 

« Longtemps on a battu tambour pour envoyer les hommes à la guerre. Aujourd’hui les enfants d’Europe appellent les enfants du monde à battre tambour pour conduire le monde vers la Paix. »

Haulot Arthur.GIFC’est par cette déclaration que notre compatriote Arthur Haulot, grand résistant de la guerre 40-45, lançait en 1976 sa « Journée mondiale des Tambours pour la Paix« , célébrée durant de nombreuses années tous les 21 mars dans près d’une centaine de pays. Mais curieusement un peu oubliée ces derniers temps, au moment où nous en aurions le plus besoin !

La Coalition luxembourgeois pour la Paix a donc décidé de relancer cette campagne. Non sans difficultés… tant on observe de doutes, de résignation, d’aveux d’impuissance de la part de nombreux concitoyens qui se sentent complètement dépassés par les événements et ne croient plus beaucoup en nos vertus démocratiques !

En tout cas, une douzaine d’écoles ont dit « oui » dans trois pôles géographiques de notre province, Vielsalm / Paliseul, Fays-les-Veneurs, Bertrix / Chiny, Florenville, Herbeumont, en développant depuis janvier des projets pédagogiques orientés vers la thématique de la paix. Campagne qui culminera par la manifestation publique du mardi 21 mars. Les lieux et programmes définitifs seront signalés à travers les médias… merci d’y être attentifs!

Tout le monde est le bienvenu… Si vous nous signalez votre intérêt, nous vous enverrons plus de précisions dans les jours qui viennent.

Ceci dit, ne serait-ce pas un peu dommage, pour nous adultes, de nous limiter à applaudir un geste symbolique ? Puisque, en ce début de printemps, des enfants nous réveillent de notre torpeur hivernale de citoyens parfois un peu trop résignés, assumons aussi nos responsabilités d’adultes responsables, selon nos capacités et notre niveau de pouvoir !

Petit rappel historique

Il y a cent ans nous étions en pleine guerre mondiale. La « Première » dit-on souvent. C’est oublier que quatre siècles plus tôt l’Europe s’était lancée à la conquête du monde à travers l’invasion coloniale et qu’elle avait réussi à s’approprier, y compris au terme de plusieurs génocides, des continents entiers comme l’Australie et l’Amérique (du nord au sud), peuplées aujourd’hui majoritairement de descendants de colons européens.

Plus près de nous, en 1916, en pleine guerre 14-18, Britanniques et Français signaient des accords par lesquels ils se partageaient le Proche-Orient riche en ressources pétrolières en y créant des États-nations favorables à leurs intérêts, sans aucune consultation des populations concernées. Provoquant ainsi des conflits interminables, relayés dès la fin du XXe siècle par les interventions militaires des U.S.A. Une situation chaotique et explosive qui allait  susciter  l’émergence  des  divers  courants djihadistes dans la région.

Aujourd’hui quand les multinationales du lobby pétrolier, de l’extraction minière ou de l’agrobusiness en viennent à susciter des conflits armés, des populations entières se retrouvent sur les routes de l’exil. Le triste cortège des migrants n’est pas près de finir ! Pendant ce temps les pays industrialisés, dont nous sommes, continuent de tirer profit de ces ressources naturelles par une guerre économique implacable.

Une récente étude d’Oxfam nous révèle que « La différence entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grande. 8 milliardaires possèdent aujourd’hui autant que 3,6 milliards de personnes ». (Magazine Oxfam-Solidarité – mars 2017). Et pardessus le marché, c’est le cas de le dire, nous guerroyons loin de nos frontières pour combattre la barbarie alors qu’elle n’est que la réponse au « terrorisme des puissants » (Noam Chomsky).

En cette année 2017, on relève 15.000 armes nucléaires réparties entre 9 États ainsi que sur les bases de l’OTAN (dont celle de Kleine-Brogel en Belgique). Le président des U.S.A. veut augmenter de 54 milliards de dollars le budget de la Défense. Steve Bannon, son conseiller, affirme qu’une troisième guerre mondiale est inévitable et qu’ « il en sortira une Amérique victorieuse et purifiée ».

Même si tout cela est très préoccupant, allons-nous nous laisser intimider ? L’exercice de la citoyenneté se limite-t-il à glisser de temps en temps un bout de papier dans les urnes ? Nos préoccupations quotidiennes, si légitimes soient-elles, doivent-elles masquer les événements de demain, prévisibles… et donc corrigibles tant qu’il en est temps ?

Assemblée générale – le 25 janvier à Libramont

Plus fort que la peur, notre optimisme à nous ! Qui sera au programme de notre ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE du mercredi 25 janvier à Libramont dès 19 h au Centre d’Action Laïque, 2 rue de l’Ancienne Gare. Assemblée ouverte à toute personne intéressée par nos activités, rappelées sur http://www.colupa.org/associations-participantes/ et https://www.facebook.com/Colupa2/. Pour des raisons pratiques, merci de bien vouloir nous prévenir par courriel. Vous recevrez en retour plus de précisions sur l’ordre du jour et le déroulement de la soirée.

« Le monde ne s’est jamais si bien porté » affirme sans ironie un des derniers messages d’Avaaz. Certes, un pessimisme ambiant peut plomber la volonté d’agir de certains citoyens. Un optimisme de commande est-il préférable? Ses effets sont souvent plus redoutables en masquant la réalité. Le véritable optimisme ne se nourrit pas d’illusions. Ni d’évasions faciles, comme celles du festif, du ludique à tout prix, très tendance aujourd’hui. Mais bien de l’heureuse conviction de pouvoir agir sur les événements. D’en avoir la capacité et la volonté. La guerre, pas plus que la misère, n’est une fatalité. Ce sont des hommes qui les créent. Qui, sinon eux (sinon nous), pourront nous en libérer ?…

Justement. Antonio Guterres; nouveau secrétaire général de l’ONU, veut faire de 2017 une Année pour la Paix qu’il qualifie de « priorité absolue ». Son message du 1er janvier, bref et tonique, mérite d’être écouté (une vidéo plus complète suit le texte résumé) .

Et, dans la foulée, ci-joint un extrait de notre tract diffusé à l’occasion de la Journée internationale des Migrants du 18 décembre à Arlon et de l’action symbolique Help Syria qui lui a succédé le 20 décembre en différents endroits de la province.

Faut-il nous excuser de ce copieux menu de nouvel an ?…

Intouchables ?

ÉDITO

Ceux que nous voulons dénoncer sont-ils intouchables ?

Il aura suffi de quelques générations d’hommes bien placés pour contrôler tous les rouages du système, sans que rien ni personne ne les en empêche. Consortiums énergétiques, industries agroalimentaires, pharmaceutiques, électroniques, sécuritaires, transports, secteur bancaire, tout leur appartient, même nos plus prestigieuses universités qui enseignent aux futures élites la belle doctrine qui préservera ce système. Quand les lois sont si complexes qu’elles deviennent impossibles à appliquer, la seule qui prévaut est la loi du plus fort.

L’or noir, nous en sommes devenus esclaves. Nous avons moins soif d’équité et de vérité que d’appareils électroménagers, de voitures, de médicaments, d’électronique en tout genre, de lumières pour donner aux nuits l’aspect du jour, de toute cette boulimie d’énergies dont ils sont devenus les propriétaires. Et il nous faut encore plus, toujours plus. L’énergie est devenue le ciment de la cohésion sociale, et sa maîtrise le plus puissant des pouvoirs.

Sur quelles  terres sommes-nous allés guerroyer ces dernières années au nom de la démocratie ?

Là où le pétrole coule à flots, là où se trouvent les  terminaux pétroliers. Avons-nous compté les victimes ? Les grands argentiers financent les campagnes électorales et les politiciens qu’ils font élire leur doivent allégeance. Les postes-clés sont distribués à leurs hommes. Banques centrales, Trésor, Cour suprême, Sénat, Parlement, commissions, tous obéissent à une même chose : le pouvoir qui leur est confié et qu’ils veulent conserver. Ils ont tout corrompu.

Quand les peuples prétendent vouloir prendre leur destinée en main et que les choses commencent à leur échapper, il suffit de faire trembler les marchés. Quoi de mieux qu’une bonne crise économique pour mettre peuples et gouvernements à genoux ?

Nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou.

Le plus libre des entrepreneurs n’est jamais que l’obligé de son banquier quand il lui doit de l’argent, et nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou alors que les multinationales accumulent plus de liquidités que nos États n’en auront jamais.

Les populations se serrent la ceinture, sont soumises à des politiques de plus en plus rigoristes, tandis que les multinationales échappent à toutes règles. Avez-vous eu l’impression que les promesses de mettre un peu d’ordre dans les hautes sphères de la finance avaient été tenues depuis la grande crise ?

Quel est le chroniqueur de la Colupa qui a commis cet édito ?… Ne cherchez pas… On s’est contenté de l’emprunter (sous-titres y compris) à l’un des personnages de Marc Levy dans les dernières pages de son roman « Un sentiment plus fort que la peur ».

 

Coup d’œil sur l’actualité

« 17 attaques terroristes en Europe en 2015. En 2014 seulement quatre. »

« Un rapport peu optimiste d’Europol sur la menace terroriste. »

« Une fois que l’État islamique sera défait, il n’y a pas de doute, il sera remplacé par un autre. »

Voilà quelques titres récents parus dans la Presse. Nul besoin d’éditorial pour les commenter.

Ces jours-ci, les mêmes organes de Presse reprennent fidèlement la communication du Ministère de la Défense annonçant la longue liste de nos interventions militaires programmées pour 2017 dans le cadre du Readiness Action Plan de l’OTAN  : Irak, Syrie, Mer baltique (pays voisins de la Russie), République Démocratique du Congo, Mali, Niger, soulignant le rôle important joué par nos F16.
Monsieur le Ministre de la Défense, il nous manque malheureusement la liste des opérations programmées par nos adversaires, ceux que nous sommes censés combattre pour défendre notre pays… si loin de nos frontières.

LA PAIX ÇA S’APPREND

Guérir de la violence et du terrorisme

par DAVID VAN REYBROUCK  et  THOMAS D’ANSEMBOURG
Aux Éd. ACTES SUD    http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/la-paix

Extrait de l’ouvrage : Face à la montée des violences et du terrorisme, rien n’est fait pour apprendre la paix. Il y a un coûteux ministère de la guerre. Nous avons une administration et une armée de fonctionnaires avec ses corps d’élite, des moyens considérables de recrutement, d’entraînement, de communication, d’espionnage, de recherche scientifique, et une importante couverture médiatique…
Et la paix ?…  Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation des programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique? Où sont les budgets, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA CRISE MIGRATOIRE ET LA POLITIQUE DES GRANDES PUISSANCES OCCIDENTALES

Le cas tragique du Moyen-Orient

par Jean-Christophe Defraigne (Université Saint-Louis. Bruxelles)

Téléchargez ci-dessus le texte complet de la retranscription de l’intervention que Jean-Christophe Defraigne a faite, non pas le 22 novembre à Arlon, mais au printemps, dans le cadre de la Semaine sociale du MOC. Cette intervention était très proche de celle d’Arlon quant à son contenu. Voici un lien pour écouter la même intervention (si vous êtes plus « oral » qu’ « écrit ») : https://soundcloud.com/radio27-be/jean-christophe-defraigne-universite-saint-louis

« La crise migratoire de l’UE que subissent des millions de réfugiés est largement la conséquence de plusieurs décennies des politiques étrangères des grandes puissances occidentales au Moyen-Orient. Pour en comprendre la cause, il nous faut analyser les interventions impérialistes des puissances européennes et la manière dont elles ont façonné ou détruit durablement les États au Moyen-Orient. »  (…)

Enfin un peu d’Histoire face à la désinformation systématique des grands médias de plus en plus contaminés par la propagande de guerre.

Un 11 novembre comme les autres ?

L’ÉDITO  (*)

11 novembre : clairons, tambours et discours…

«Afin que personne n’oublie !». Ces jours-ci, comme chaque année, voilà une petite phrase que nous allons entendre et réentendre dans les discours de circonstance, reprise ensuite à travers le prodigieux réseau des médias dont nous bénéficions.

« Prodigieux » par l’étendue de son public et la puissance de ses moyens. Mais aussi débile et inopérant que les rituels, tambours et discours qui nous rappelleront qu’il y a 102 ans débutait la première guerre mondiale, sans vraiment tenter d’expliquer pourquoi cette longue suite de guerres et de conflits mondiaux n’a cessé de défiler sous les yeux de quatre générations successives jusques et y compris ce 11 novembre 2016.

Nous sommes donc toujours en guerre, bombardant à qui mieux mieux, avec partout et toujours le même noble dessein de défendre la veuve et l’orphelin. Fiers de ces progrès stupéfiants qui permettent aujourd’hui de massacrer… de plus en plus de victimes civiles, et de toujours mieux protéger les belligérants. Hommage soit donc rendu à ces chevaliers du ciel, à ces nouveaux héros de la guerre juste qui, combattant à plus de six mille mètres, d’altitude, n’ont plus la moindre goutte de sang sur les mains.

Ne voilà-t-il pas un nouveau thème bien d’actualité pour renouveler les discours convenus du 11 novembre ?

«Not in my name !»

Après tout, la guerre, c’est leur métier aux états-majors, aux militaires et aux industriels de l’armement (y compris à la FN Herstal, ce fleuron de notre industrie wallonne). Mais que dire des « responsables » de notre destin qui, le 11 novembre, et chaque jour de l’année, donnent le triste spectacle de leur irresponsabilité ? Prétendant défendre leurs compatriotes en continuant de confier à la violence le soin de nous procurer la paix et la sécurité au mépris des leçons de l’Histoire. Et singulièrement de cette première guerre mondiale dont le rappel est encore et toujours confié aux clairons, tambours et vains discours…

Mais le « not in my name », n’est-ce pas aussi à chacun de nous, citoyens, de le faire entendre ? Que des enfants défilent dans la rue « battant tambour pour la paix », fort bien ! Le symbole est joli. Et après ?… Où sont les adultes ?  Les détenteurs de l’autorité à tous les niveaux de responsabilité ? Les institutions éducatives et humanistes de tous bords ? Les mouvements citoyens en quête d’alternatives pour un monde meilleur ?… Si peu de réactions, si peu d’allusions aux guerres que nous menons, l’attention n’étant portée que sur leurs conséquences : attentats, insécurité, migrants, nouveaux bombardiers, nouvelles restrictions sociales, etc.  Comment comprendre cette résignation, cet aveu silencieux d’impuissance face à l’interminable calvaire que l’humanité s’inflige à elle-même depuis des siècles, comme si la guerre était à jamais une fatalité, la violence une nécessité et la volonté des citoyens pure chimère ?

« Qui veut peut…».

La guerre économique, qui n’est jamais qu’une variante plus sophistiquée de la guerre tout court, avec les mêmes objectifs de conquête et de domination, suscite elle aussi souvent le même sentiment de résignation. Pourtant la récente victoire des opposants au CETA (sans nous attarder sur l’ampleur exacte du succès) prouve que lorsque des mouvements citoyens se mobilisent vraiment les premiers résultats ne se font pas attendre. Car c’est d’abord leur détermination qu’il faut saluer – cela n’a pas été assez dit –, sans laquelle aucune mobilisation politique n’aurait été envisageable. Provoquant du même coup la stupeur dans les rangs d’un certain nombre d’eurocrates ligués au grand business international, tellement habitués à la docilité de leurs sujets !

Alors, ce 11 novembre 2016 sera-t-il, une fois de plus, le rappel d’une soi-disant victoire de la Paix quand elle ne fut qu’une victoire de la Violence? Engendrant d’autres violences, d’autres guerres à n’en plus finir. Un frémissant et horrifique souvenir des atrocités commises par l’Ennemi ? Un émouvant hommage rendu aux malheureuses victimes ?… Rien de plus ?… Ah ! si,  bien sûr : quelques vœux pieux pour « la paix dans le monde ». Ou, selon le cas, un regain de ferveur patriotique face au nouvel Ennemi.

Chère Anne Morelli, ne vois-tu rien venir ?… Toi qui nous parlais si bien, il n’y a pas si longtemps, des « Dix commandements de la propagande de guerre ». Largement diffusés dans notre pays et ailleurs, et soudain oubliés semble-t-il. Black-out, autocensure, union sacrée face à l’Ennemi ?  « Comme en 14… ».

C’est bien parti, une fois de plus.

Depuis cent ans (et bien avant), même résignation, assortie de ce facile aveu d’impuissance : « Ces décisions nous dépassent ! ».

Non la guerre n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes qui la font. Qui, sinon eux (sinon nous), pourront la défaire et nous en libérer ?… Si nous nous en donnons les moyens.

D’accord ? Pas d’accord ?…

Yvon Sondag


(*) Suite à la question d’un lecteur désireux de savoir si nos messages périodiques reflétaient « la position officielle de la Colupa », les membres du bureau réunis à Arlon le 5 octobre ont décidé que ces messages prendront désormais la forme d’un ÉDITO signé, à tour de rôle, par l’un de nos membres désireux d’exprimer son point de vue sur l’actualité, en lien avec notre positionnement déjà affirmé sur la guerre et réactualisé dans notre déclaration commune ci-jointe, « Que faire face à la barbarie ? » publiée à la suite des attentats de Paris et de Bruxelles.   

Coups d’oeil sur l’actualité.

Succès de la manifestation contre le TTIP, le CETA et autres bienfaits de la mondialisation

 Le front commun de la colère réunissant citoyens, associations, syndicats, ONG, pouvoirs locaux, PME, agriculteurs et tous ceux qui s’opposent à ces traités de « libre échange » peut se réjouir du franc succès de la manifestation d’hier à Bruxelles et des échos bien mérités qu’en ont donnés un certain nombre de médias dès ce mardi soir. Cela à quelques heures d’un vote décisif (concernant le CETA) dont nous avons déjà parlé. http://www.rtl.be/videos/categorie/rtl-info-19h/4760.aspx

La Wallonie n’a jamais autant exporté d’armes vers l’Arabie saoudite

Hier toujours, échos plus discrets dans la Presse. « Le chiffre d’affaires qu’ont réalisé les entreprises wallonnes dans la vente des armes à l’Arabie saoudite en 2015 représente 575 millions d’euros, soit 60 % de l’exportation des armes wallonnes. L’Arabie saoudite reste, comme en 2014 et de très loin, le meilleur  client des entreprises wallonnes et des 15.000 emplois directs et indirects attribués au secteur ». Sans commentaires.

http://www.lesoir.be/1321300/article/economie/2016-09-19/60-des-armes-wallonnes-vendues-en-arabie-saoudite

La maison du CAL à Virton portera le nom du pacifiste Henri La Fontaine

Qui se souvient des Prix Nobel de la Paix dont s’honore notre pays ? Par son initiative, le Centre d’Action Laïque nous rappelle la haute figure de Henri La Fontaine, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1913 et cofondateur du Bureau international de la Paix qu’il présidera de 1907 à sa mort en 1943. D’autres concitoyens détenteurs de ce prestigieux titre ?… Auguste Beernaert (1909), l’Institut de Droit international (1904) et, plus près de nous, le Père Pire (1958). Une série d’événements autour de la Journée Portes Ouvertes du 1er octobre vous est proposée par le CAL. retrouvez ici le programme de la journée inaugurale et sur son site les autres événements proposés à cette occasion.

Parmi les nominés du prochain Godefroid

Parmi nos associations-membres, les organisateurs de la Petite Foire sont nominés dans la catégorie « Développement durable ». Et l’équipe du Gletton dans la catégorie « Culture ». Il est toujours bon de le savoir… Des jurys, dans chaque catégorie, décerneront leurs prix. Les citoyens, eux, pourront voter pour le prix du public.

Plus  d’infos :www.lesgodefroid.be.

Rentrée des classes. Une société sans école ?

« Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? »

La chanson est démodée, la question toujours d’actualité… Bien entendu, posée en ces termes, elle ne pourrait, en ce jour de rentrée scolaire, que perturber un peu plus profs, parents et élèves déjà confrontés à l’abyssale question de ces deux heures de cours de rien, selon la qualification dédaigneuse qui accueillit cette réforme de l’enseignement fondamental, aujourd’hui d’application. Pourtant, dès 1971, dans un essai social d’une exceptionnelle rigueur, Ivan Illich revendiquait carrément une société sans école (*).

 Une école au service de qui, de quoi ?

Bien d’autres observateurs lucides ont succédé au célèbre sociologue. En pure perte semble-t-il, puisque nous avons fini par nous résigner à ce type d’enseignement qui – à l’exception de quelques tentatives méritoires au niveau maternel et fondamental – n’est plus, pour l’essentiel, que le fidèle serviteur de l’Establishment. Confondant allègrement savoir et savoir-faire, ce qui du moins nous ouvre toutes larges les portes au monde des affaires, de la compétition, de la réussite professionnelle. Que voulez-vous de plus ?

 D’abord une question d’arithmétique…

On n’a donc plus à s’étonner de l’ignorance crasse de notre Histoire. Celle qui nous a entraînés dans toutes ces guerres où les humains – chez nous et ailleurs – n’ont cessé de combattre la barbarie par la barbarie… Jusqu’à ce 1er septembre 2016 où – rentrée scolaire ou pas – nous bombardons sans état d’âme des enfants, des innocents, des civils en Syrie, en Irak et ailleurs. Combien de morts, de blessés, de migrants victimes de nos « dégâts collatéraux ». ?… Addition de malheurs, soustraction de vies humaines, multiplication de la haine, divisions revanchardes, quel prof de math se risquera, cette année, à choisir ses exemples dans une vie réelle qui, en dépit des apparences, nous concerne de si près ?

Et puisqu’on évoquait, au début de ce message, la question des cours de philosophie et de citoyenneté, va-t-on voir, p. ex., que, pour mieux « vivre ensemble », des musulmans iront demain à l’église et des chrétiens à la mosquée ?…(**). Tant d’exemples pourraient être cités qui permettraient de réduire les tensions, les divisions, les conflits, les crimes, les guerres, bref toutes ces géniales solutions à leurs problèmes que les humains ont confiées à la violence.


(*) Une société sans école. Traduit de l’anglais. Paris. Ed. du Seuil. 1971.
(**) http://deuxheurescestmieux.be/

La guerre économique : plus que jamais !

Nous sommes en guerre.

Mais bien avant de larguer des bombes, nous avons participé – et participons toujours – à cette odieuse guerre économique qui sévit aux quatre coins de la planète. Et que la Colupa a dénoncée à maintes reprises, notamment au cours de ses Journées provinciales d’Échanges et de Concertation organisées chaque année depuis 2009. Et pas plus tard encore que ce 22 juillet 2016 dans notre carte blanche Des champs de blé… aux champs de bataille parue dans la LLB, publiée également sur le site du Centre d’Action Laïque du Luxembourg.

Accords de libre échange : les multinationales contre les peuples.

En Europe, un véritable bras de fer est engagé depuis plusieurs années entre les groupes de pression qui veulent signer des accords commerciaux de libre-échange avec les États-Unis (TTIP) et le Canada (CETA) et les mouvements citoyens qui les refusent, au motif qu’ils ne sont pas conclus dans l’intérêt des populations mais avant tout pour servir les desseins des multinationales. Sait-on que dans le même temps, nos décideurs européens négocient d’autres accords de libre-échange, les APE (Accords de Partenariat Économique) entre l’Europe et l’Afrique en particulier, dont on ne parle quasiment jamais, qui obligeront de nombreux pays africains à ouvrir leurs marchés encore davantage aux produits européens?

Producteurs africains et européens en concurrence frontale : à vérifier le 14 septembre à Arlon.

Si on laisse faire nos « décideurs », les producteurs africains et européens seront, une fois de plus, condamnés à s’affronter dans une guerre économique où tout le monde ne joue pas à armes égales !

C’est ce que nous expliqueront le mercredi 14 septembre à Arlon, Nicolas Van Nuffel, responsable du département plaidoyer du CNCD-11.11.11, et le Béninois Aboubakar Koto Yerima. A  tour de rôle, ils exposeront les conséquences de ces accords sur les économies nationales, sur les économies locales, sur l’agriculture vivrière et sur les phénomènes migratoires en Afrique. Organisée par la MC, le CNCD 11.11.11 et le CIEP Lux., la soirée-débat débutera à 19h30, dans les locaux de la Mutualité chrétienne d’Arlon (rue de la Moselle, 7-9). L’entrée est gratuite.

Informations et renseignements:
Jean-François Rasschaert 0032 63  21.87.28 jf.rasschaert@mocluxembnourg.be.

Optimistes malgré tout ? A vérifier les 3 et 7 septembre.

Amandine Henry avec sa collègue de Namur, animatrices toutes deux à Entraide et Fraternité, organisent un Mini-festival de l’Optimiste le samedi 3 septembre à « La Taverne du Randonneur » de Herbeumont. Les alternatives alimentaires du coin seront au programme, le village associatif aussi, le film « Demain » et bien d’autres bonnes choses au menu de ce rassemblement qui débutera à 14 h pour se prolonger de façon festive à 21h30 par une soirée musicale d’Action Paysanne. Journée à laquelle collaboreront le MAP, la Maison des Jeunes de Libramont, la Colupa et autres organisations solidaires qui luttent notamment pour une agriculture locale, vivrière et durable dans les pays du sud de la planète.

Informations et renseignements :
Amandine Henry 0032 476 98 73 11 amandine.henry@entraide.be.

Réunion plénière

Quatre jours plus tard, le mercredi 7 septembre à 9 h à Arlon, notre première réunion plénière de la rentrée (mais quand eut lieu la sortie ?…) rassemblera nos militants autour d’une série d’importants projets en vue des quatre derniers mois de l’année, qui nécessiteront aussi une bonne dose d’optimisme et de dynamisme. A découvrir et à vérifier donc le 7 septembre à 9 h à Arlon dans les locaux du MOC, 39 rue des Déportés.

Informations et renseignements :
colupa@gmail.com.

Coalition Luxembourgeoise pour la Paix

Pas de vacances pour les kamikazes…

On a beau être tous en vacances (enfin… presque tous), courir les festivals, se dorer au soleil, s’envoler vers des pays de rêve, bref se défouler après ces longs mois de turbin et de stress, signes infaillibles de notre haut niveau de civilisation, les terroristes, eux, ne nous laisseront jamais en paix. Voilà maintenant qu’ils s’en prennent au monde rural. A un humble curé de campagne, en somme. « On n’avait encore jamais vu ça ! », paraît-il.

Plus catholiques  que le Pape !

C’est du moins ce qu’ils croient ceux-là qui, à la suite de ce nouveau crime, lancent des pétitions pour l’expulsion des musulmans et attisent à nouveau la violence, puisqu’il est bien connu que c’est le seul moyen… de mettre fin à la violence. Voici que de drôles de paroissiens prétendent soudain venger la mort d’un de leurs prêtres, alors qu’hier encore ils se montraient totalement indifférents, voire hostiles à la religion !

« Quand je parle de guerre, je parle d’une guerre d’intérêts, d’argent, de ressources, c’est une guerre pour la domination des peuples… »

Pas de chance pour eux… Car c’est bien ce que le Pape a déclaré mercredi aux journalistes lors de son récent voyage en Pologne à l’occasion des JMJ. Et d’ajouter : « On répète le terme d’insécurité, mais le vrai terme est la guerre. Depuis longtemps le monde est en guerre fragmentaire. La guerre qui était celle de 1914, puis de 39-45, et maintenant celle-ci… ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160728.OBS5444/pape-francois-le-monde-est-en-guerre-une-guerre-d-interets-pas-de-religions.html

Ma foi… retrouver un message si souvent répété et développé par notre Coalition luxembourgeoise pour la Paix dans la bouche d’un pape du XXIe siècle (…bien loin, il est vrai, des croisades et des guerres de religion), voilà qui ne peut pas faire de mal.

« Aller aux racines  et découvrir ce qui a entraîné la violence… »

Revenons à notre province… mais restons parmi les gens d’Église. Hier jeudi, à la une de son édition provinciale, le quotidien L’Avenir interrogeait le doyen de Habay  qui ne pratique pas, lui non plus, la langue de bois : « Il faut aller aux racines et découvrir ce qui a entraîné la violence ». Et de rappeler que bien d’autres innocents, prêtres, laïcs, chrétiens, croyants et mécréants ont payé le prix de la violence tout au long de l’Histoire.

Ce ne sont pas les descendants des révolutionnaires français qui nous contrediront, ces coupeurs-de-tête-pour-la-bonne-cause… (rien à voir avec ces barbares de djihadistes !).

Et l’abbé Gobert de préciser : « Il faut découvrir ce qui a entraîné la violence et la manipulation des jeunes qui se transforment en terroristes et bombes humaines… Il nous faut avoir une réaction de dialogue profond et vrai avec les acteurs de telles violences. » http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160727_00858433/trouver-les-racines-pour-comprendre-cette-violence.

On est loin des grands discours incendiaires et de la récupération de l’attentat de Saint-Etienne par les va-t-en-guerre de tout acabit, à commencer par Monsieur Hollande et ses comparses, marchands de canons, sous-marins nucléaires et Rafale supersoniques qui témoignent, eux aussi à leur manière, de notre haut niveau de civilisation.

Les citoyens de notre pays et d’ailleurs ne seront pas dupes. Après tant de violence déchaînée tout au long du XXe siècle pour la bonne cause, beaucoup ont appris à se méfier des grands discours héroïques. Mais pas assez encore, sans doute…

Alors, que d’autres voix citoyennes s’élèvent avant qu’il ne soit trop tard !

Coalition Luxembourgeoise pour la Paix