Coup d’œil sur l’actualité

« 17 attaques terroristes en Europe en 2015. En 2014 seulement quatre. »

« Un rapport peu optimiste d’Europol sur la menace terroriste. »

« Une fois que l’État islamique sera défait, il n’y a pas de doute, il sera remplacé par un autre. »

Voilà quelques titres récents parus dans la Presse. Nul besoin d’éditorial pour les commenter.

Ces jours-ci, les mêmes organes de Presse reprennent fidèlement la communication du Ministère de la Défense annonçant la longue liste de nos interventions militaires programmées pour 2017 dans le cadre du Readiness Action Plan de l’OTAN  : Irak, Syrie, Mer baltique (pays voisins de la Russie), République Démocratique du Congo, Mali, Niger, soulignant le rôle important joué par nos F16.
Monsieur le Ministre de la Défense, il nous manque malheureusement la liste des opérations programmées par nos adversaires, ceux que nous sommes censés combattre pour défendre notre pays… si loin de nos frontières.

LA PAIX ÇA S’APPREND

Guérir de la violence et du terrorisme

par DAVID VAN REYBROUCK  et  THOMAS D’ANSEMBOURG
Aux Éd. ACTES SUD    http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/la-paix

Extrait de l’ouvrage : Face à la montée des violences et du terrorisme, rien n’est fait pour apprendre la paix. Il y a un coûteux ministère de la guerre. Nous avons une administration et une armée de fonctionnaires avec ses corps d’élite, des moyens considérables de recrutement, d’entraînement, de communication, d’espionnage, de recherche scientifique, et une importante couverture médiatique…
Et la paix ?…  Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation des programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique? Où sont les budgets, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA CRISE MIGRATOIRE ET LA POLITIQUE DES GRANDES PUISSANCES OCCIDENTALES

Le cas tragique du Moyen-Orient

par Jean-Christophe Defraigne (Université Saint-Louis. Bruxelles)

Téléchargez ci-dessus le texte complet de la retranscription de l’intervention que Jean-Christophe Defraigne a faite, non pas le 22 novembre à Arlon, mais au printemps, dans le cadre de la Semaine sociale du MOC. Cette intervention était très proche de celle d’Arlon quant à son contenu. Voici un lien pour écouter la même intervention (si vous êtes plus « oral » qu’ « écrit ») : https://soundcloud.com/radio27-be/jean-christophe-defraigne-universite-saint-louis

« La crise migratoire de l’UE que subissent des millions de réfugiés est largement la conséquence de plusieurs décennies des politiques étrangères des grandes puissances occidentales au Moyen-Orient. Pour en comprendre la cause, il nous faut analyser les interventions impérialistes des puissances européennes et la manière dont elles ont façonné ou détruit durablement les États au Moyen-Orient. »  (…)

Enfin un peu d’Histoire face à la désinformation systématique des grands médias de plus en plus contaminés par la propagande de guerre.

Un 11 novembre comme les autres ?

L’ÉDITO  (*)

11 novembre : clairons, tambours et discours…

«Afin que personne n’oublie !». Ces jours-ci, comme chaque année, voilà une petite phrase que nous allons entendre et réentendre dans les discours de circonstance, reprise ensuite à travers le prodigieux réseau des médias dont nous bénéficions.

« Prodigieux » par l’étendue de son public et la puissance de ses moyens. Mais aussi débile et inopérant que les rituels, tambours et discours qui nous rappelleront qu’il y a 102 ans débutait la première guerre mondiale, sans vraiment tenter d’expliquer pourquoi cette longue suite de guerres et de conflits mondiaux n’a cessé de défiler sous les yeux de quatre générations successives jusques et y compris ce 11 novembre 2016.

Nous sommes donc toujours en guerre, bombardant à qui mieux mieux, avec partout et toujours le même noble dessein de défendre la veuve et l’orphelin. Fiers de ces progrès stupéfiants qui permettent aujourd’hui de massacrer… de plus en plus de victimes civiles, et de toujours mieux protéger les belligérants. Hommage soit donc rendu à ces chevaliers du ciel, à ces nouveaux héros de la guerre juste qui, combattant à plus de six mille mètres, d’altitude, n’ont plus la moindre goutte de sang sur les mains.

Ne voilà-t-il pas un nouveau thème bien d’actualité pour renouveler les discours convenus du 11 novembre ?

«Not in my name !»

Après tout, la guerre, c’est leur métier aux états-majors, aux militaires et aux industriels de l’armement (y compris à la FN Herstal, ce fleuron de notre industrie wallonne). Mais que dire des « responsables » de notre destin qui, le 11 novembre, et chaque jour de l’année, donnent le triste spectacle de leur irresponsabilité ? Prétendant défendre leurs compatriotes en continuant de confier à la violence le soin de nous procurer la paix et la sécurité au mépris des leçons de l’Histoire. Et singulièrement de cette première guerre mondiale dont le rappel est encore et toujours confié aux clairons, tambours et vains discours…

Mais le « not in my name », n’est-ce pas aussi à chacun de nous, citoyens, de le faire entendre ? Que des enfants défilent dans la rue « battant tambour pour la paix », fort bien ! Le symbole est joli. Et après ?… Où sont les adultes ?  Les détenteurs de l’autorité à tous les niveaux de responsabilité ? Les institutions éducatives et humanistes de tous bords ? Les mouvements citoyens en quête d’alternatives pour un monde meilleur ?… Si peu de réactions, si peu d’allusions aux guerres que nous menons, l’attention n’étant portée que sur leurs conséquences : attentats, insécurité, migrants, nouveaux bombardiers, nouvelles restrictions sociales, etc.  Comment comprendre cette résignation, cet aveu silencieux d’impuissance face à l’interminable calvaire que l’humanité s’inflige à elle-même depuis des siècles, comme si la guerre était à jamais une fatalité, la violence une nécessité et la volonté des citoyens pure chimère ?

« Qui veut peut…».

La guerre économique, qui n’est jamais qu’une variante plus sophistiquée de la guerre tout court, avec les mêmes objectifs de conquête et de domination, suscite elle aussi souvent le même sentiment de résignation. Pourtant la récente victoire des opposants au CETA (sans nous attarder sur l’ampleur exacte du succès) prouve que lorsque des mouvements citoyens se mobilisent vraiment les premiers résultats ne se font pas attendre. Car c’est d’abord leur détermination qu’il faut saluer – cela n’a pas été assez dit –, sans laquelle aucune mobilisation politique n’aurait été envisageable. Provoquant du même coup la stupeur dans les rangs d’un certain nombre d’eurocrates ligués au grand business international, tellement habitués à la docilité de leurs sujets !

Alors, ce 11 novembre 2016 sera-t-il, une fois de plus, le rappel d’une soi-disant victoire de la Paix quand elle ne fut qu’une victoire de la Violence? Engendrant d’autres violences, d’autres guerres à n’en plus finir. Un frémissant et horrifique souvenir des atrocités commises par l’Ennemi ? Un émouvant hommage rendu aux malheureuses victimes ?… Rien de plus ?… Ah ! si,  bien sûr : quelques vœux pieux pour « la paix dans le monde ». Ou, selon le cas, un regain de ferveur patriotique face au nouvel Ennemi.

Chère Anne Morelli, ne vois-tu rien venir ?… Toi qui nous parlais si bien, il n’y a pas si longtemps, des « Dix commandements de la propagande de guerre ». Largement diffusés dans notre pays et ailleurs, et soudain oubliés semble-t-il. Black-out, autocensure, union sacrée face à l’Ennemi ?  « Comme en 14… ».

C’est bien parti, une fois de plus.

Depuis cent ans (et bien avant), même résignation, assortie de ce facile aveu d’impuissance : « Ces décisions nous dépassent ! ».

Non la guerre n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes qui la font. Qui, sinon eux (sinon nous), pourront la défaire et nous en libérer ?… Si nous nous en donnons les moyens.

D’accord ? Pas d’accord ?…

Yvon Sondag


(*) Suite à la question d’un lecteur désireux de savoir si nos messages périodiques reflétaient « la position officielle de la Colupa », les membres du bureau réunis à Arlon le 5 octobre ont décidé que ces messages prendront désormais la forme d’un ÉDITO signé, à tour de rôle, par l’un de nos membres désireux d’exprimer son point de vue sur l’actualité, en lien avec notre positionnement déjà affirmé sur la guerre et réactualisé dans notre déclaration commune ci-jointe, « Que faire face à la barbarie ? » publiée à la suite des attentats de Paris et de Bruxelles.   

Coups d’oeil sur l’actualité.

Succès de la manifestation contre le TTIP, le CETA et autres bienfaits de la mondialisation

 Le front commun de la colère réunissant citoyens, associations, syndicats, ONG, pouvoirs locaux, PME, agriculteurs et tous ceux qui s’opposent à ces traités de « libre échange » peut se réjouir du franc succès de la manifestation d’hier à Bruxelles et des échos bien mérités qu’en ont donnés un certain nombre de médias dès ce mardi soir. Cela à quelques heures d’un vote décisif (concernant le CETA) dont nous avons déjà parlé. http://www.rtl.be/videos/categorie/rtl-info-19h/4760.aspx

La Wallonie n’a jamais autant exporté d’armes vers l’Arabie saoudite

Hier toujours, échos plus discrets dans la Presse. « Le chiffre d’affaires qu’ont réalisé les entreprises wallonnes dans la vente des armes à l’Arabie saoudite en 2015 représente 575 millions d’euros, soit 60 % de l’exportation des armes wallonnes. L’Arabie saoudite reste, comme en 2014 et de très loin, le meilleur  client des entreprises wallonnes et des 15.000 emplois directs et indirects attribués au secteur ». Sans commentaires.

http://www.lesoir.be/1321300/article/economie/2016-09-19/60-des-armes-wallonnes-vendues-en-arabie-saoudite

La maison du CAL à Virton portera le nom du pacifiste Henri La Fontaine

Qui se souvient des Prix Nobel de la Paix dont s’honore notre pays ? Par son initiative, le Centre d’Action Laïque nous rappelle la haute figure de Henri La Fontaine, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1913 et cofondateur du Bureau international de la Paix qu’il présidera de 1907 à sa mort en 1943. D’autres concitoyens détenteurs de ce prestigieux titre ?… Auguste Beernaert (1909), l’Institut de Droit international (1904) et, plus près de nous, le Père Pire (1958). Une série d’événements autour de la Journée Portes Ouvertes du 1er octobre vous est proposée par le CAL. retrouvez ici le programme de la journée inaugurale et sur son site les autres événements proposés à cette occasion.

Parmi les nominés du prochain Godefroid

Parmi nos associations-membres, les organisateurs de la Petite Foire sont nominés dans la catégorie « Développement durable ». Et l’équipe du Gletton dans la catégorie « Culture ». Il est toujours bon de le savoir… Des jurys, dans chaque catégorie, décerneront leurs prix. Les citoyens, eux, pourront voter pour le prix du public.

Plus  d’infos :www.lesgodefroid.be.

Rentrée des classes. Une société sans école ?

« Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? »

La chanson est démodée, la question toujours d’actualité… Bien entendu, posée en ces termes, elle ne pourrait, en ce jour de rentrée scolaire, que perturber un peu plus profs, parents et élèves déjà confrontés à l’abyssale question de ces deux heures de cours de rien, selon la qualification dédaigneuse qui accueillit cette réforme de l’enseignement fondamental, aujourd’hui d’application. Pourtant, dès 1971, dans un essai social d’une exceptionnelle rigueur, Ivan Illich revendiquait carrément une société sans école (*).

 Une école au service de qui, de quoi ?

Bien d’autres observateurs lucides ont succédé au célèbre sociologue. En pure perte semble-t-il, puisque nous avons fini par nous résigner à ce type d’enseignement qui – à l’exception de quelques tentatives méritoires au niveau maternel et fondamental – n’est plus, pour l’essentiel, que le fidèle serviteur de l’Establishment. Confondant allègrement savoir et savoir-faire, ce qui du moins nous ouvre toutes larges les portes au monde des affaires, de la compétition, de la réussite professionnelle. Que voulez-vous de plus ?

 D’abord une question d’arithmétique…

On n’a donc plus à s’étonner de l’ignorance crasse de notre Histoire. Celle qui nous a entraînés dans toutes ces guerres où les humains – chez nous et ailleurs – n’ont cessé de combattre la barbarie par la barbarie… Jusqu’à ce 1er septembre 2016 où – rentrée scolaire ou pas – nous bombardons sans état d’âme des enfants, des innocents, des civils en Syrie, en Irak et ailleurs. Combien de morts, de blessés, de migrants victimes de nos « dégâts collatéraux ». ?… Addition de malheurs, soustraction de vies humaines, multiplication de la haine, divisions revanchardes, quel prof de math se risquera, cette année, à choisir ses exemples dans une vie réelle qui, en dépit des apparences, nous concerne de si près ?

Et puisqu’on évoquait, au début de ce message, la question des cours de philosophie et de citoyenneté, va-t-on voir, p. ex., que, pour mieux « vivre ensemble », des musulmans iront demain à l’église et des chrétiens à la mosquée ?…(**). Tant d’exemples pourraient être cités qui permettraient de réduire les tensions, les divisions, les conflits, les crimes, les guerres, bref toutes ces géniales solutions à leurs problèmes que les humains ont confiées à la violence.


(*) Une société sans école. Traduit de l’anglais. Paris. Ed. du Seuil. 1971.
(**) http://deuxheurescestmieux.be/

La guerre économique : plus que jamais !

Nous sommes en guerre.

Mais bien avant de larguer des bombes, nous avons participé – et participons toujours – à cette odieuse guerre économique qui sévit aux quatre coins de la planète. Et que la Colupa a dénoncée à maintes reprises, notamment au cours de ses Journées provinciales d’Échanges et de Concertation organisées chaque année depuis 2009. Et pas plus tard encore que ce 22 juillet 2016 dans notre carte blanche Des champs de blé… aux champs de bataille parue dans la LLB, publiée également sur le site du Centre d’Action Laïque du Luxembourg.

Accords de libre échange : les multinationales contre les peuples.

En Europe, un véritable bras de fer est engagé depuis plusieurs années entre les groupes de pression qui veulent signer des accords commerciaux de libre-échange avec les États-Unis (TTIP) et le Canada (CETA) et les mouvements citoyens qui les refusent, au motif qu’ils ne sont pas conclus dans l’intérêt des populations mais avant tout pour servir les desseins des multinationales. Sait-on que dans le même temps, nos décideurs européens négocient d’autres accords de libre-échange, les APE (Accords de Partenariat Économique) entre l’Europe et l’Afrique en particulier, dont on ne parle quasiment jamais, qui obligeront de nombreux pays africains à ouvrir leurs marchés encore davantage aux produits européens?

Producteurs africains et européens en concurrence frontale : à vérifier le 14 septembre à Arlon.

Si on laisse faire nos « décideurs », les producteurs africains et européens seront, une fois de plus, condamnés à s’affronter dans une guerre économique où tout le monde ne joue pas à armes égales !

C’est ce que nous expliqueront le mercredi 14 septembre à Arlon, Nicolas Van Nuffel, responsable du département plaidoyer du CNCD-11.11.11, et le Béninois Aboubakar Koto Yerima. A  tour de rôle, ils exposeront les conséquences de ces accords sur les économies nationales, sur les économies locales, sur l’agriculture vivrière et sur les phénomènes migratoires en Afrique. Organisée par la MC, le CNCD 11.11.11 et le CIEP Lux., la soirée-débat débutera à 19h30, dans les locaux de la Mutualité chrétienne d’Arlon (rue de la Moselle, 7-9). L’entrée est gratuite.

Informations et renseignements:
Jean-François Rasschaert 0032 63  21.87.28 jf.rasschaert@mocluxembnourg.be.

Optimistes malgré tout ? A vérifier les 3 et 7 septembre.

Amandine Henry avec sa collègue de Namur, animatrices toutes deux à Entraide et Fraternité, organisent un Mini-festival de l’Optimiste le samedi 3 septembre à « La Taverne du Randonneur » de Herbeumont. Les alternatives alimentaires du coin seront au programme, le village associatif aussi, le film « Demain » et bien d’autres bonnes choses au menu de ce rassemblement qui débutera à 14 h pour se prolonger de façon festive à 21h30 par une soirée musicale d’Action Paysanne. Journée à laquelle collaboreront le MAP, la Maison des Jeunes de Libramont, la Colupa et autres organisations solidaires qui luttent notamment pour une agriculture locale, vivrière et durable dans les pays du sud de la planète.

Informations et renseignements :
Amandine Henry 0032 476 98 73 11 amandine.henry@entraide.be.

Réunion plénière

Quatre jours plus tard, le mercredi 7 septembre à 9 h à Arlon, notre première réunion plénière de la rentrée (mais quand eut lieu la sortie ?…) rassemblera nos militants autour d’une série d’importants projets en vue des quatre derniers mois de l’année, qui nécessiteront aussi une bonne dose d’optimisme et de dynamisme. A découvrir et à vérifier donc le 7 septembre à 9 h à Arlon dans les locaux du MOC, 39 rue des Déportés.

Informations et renseignements :
colupa@gmail.com.

Coalition Luxembourgeoise pour la Paix

Pas de vacances pour les kamikazes…

On a beau être tous en vacances (enfin… presque tous), courir les festivals, se dorer au soleil, s’envoler vers des pays de rêve, bref se défouler après ces longs mois de turbin et de stress, signes infaillibles de notre haut niveau de civilisation, les terroristes, eux, ne nous laisseront jamais en paix. Voilà maintenant qu’ils s’en prennent au monde rural. A un humble curé de campagne, en somme. « On n’avait encore jamais vu ça ! », paraît-il.

Plus catholiques  que le Pape !

C’est du moins ce qu’ils croient ceux-là qui, à la suite de ce nouveau crime, lancent des pétitions pour l’expulsion des musulmans et attisent à nouveau la violence, puisqu’il est bien connu que c’est le seul moyen… de mettre fin à la violence. Voici que de drôles de paroissiens prétendent soudain venger la mort d’un de leurs prêtres, alors qu’hier encore ils se montraient totalement indifférents, voire hostiles à la religion !

« Quand je parle de guerre, je parle d’une guerre d’intérêts, d’argent, de ressources, c’est une guerre pour la domination des peuples… »

Pas de chance pour eux… Car c’est bien ce que le Pape a déclaré mercredi aux journalistes lors de son récent voyage en Pologne à l’occasion des JMJ. Et d’ajouter : « On répète le terme d’insécurité, mais le vrai terme est la guerre. Depuis longtemps le monde est en guerre fragmentaire. La guerre qui était celle de 1914, puis de 39-45, et maintenant celle-ci… ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160728.OBS5444/pape-francois-le-monde-est-en-guerre-une-guerre-d-interets-pas-de-religions.html

Ma foi… retrouver un message si souvent répété et développé par notre Coalition luxembourgeoise pour la Paix dans la bouche d’un pape du XXIe siècle (…bien loin, il est vrai, des croisades et des guerres de religion), voilà qui ne peut pas faire de mal.

« Aller aux racines  et découvrir ce qui a entraîné la violence… »

Revenons à notre province… mais restons parmi les gens d’Église. Hier jeudi, à la une de son édition provinciale, le quotidien L’Avenir interrogeait le doyen de Habay  qui ne pratique pas, lui non plus, la langue de bois : « Il faut aller aux racines et découvrir ce qui a entraîné la violence ». Et de rappeler que bien d’autres innocents, prêtres, laïcs, chrétiens, croyants et mécréants ont payé le prix de la violence tout au long de l’Histoire.

Ce ne sont pas les descendants des révolutionnaires français qui nous contrediront, ces coupeurs-de-tête-pour-la-bonne-cause… (rien à voir avec ces barbares de djihadistes !).

Et l’abbé Gobert de préciser : « Il faut découvrir ce qui a entraîné la violence et la manipulation des jeunes qui se transforment en terroristes et bombes humaines… Il nous faut avoir une réaction de dialogue profond et vrai avec les acteurs de telles violences. » http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160727_00858433/trouver-les-racines-pour-comprendre-cette-violence.

On est loin des grands discours incendiaires et de la récupération de l’attentat de Saint-Etienne par les va-t-en-guerre de tout acabit, à commencer par Monsieur Hollande et ses comparses, marchands de canons, sous-marins nucléaires et Rafale supersoniques qui témoignent, eux aussi à leur manière, de notre haut niveau de civilisation.

Les citoyens de notre pays et d’ailleurs ne seront pas dupes. Après tant de violence déchaînée tout au long du XXe siècle pour la bonne cause, beaucoup ont appris à se méfier des grands discours héroïques. Mais pas assez encore, sans doute…

Alors, que d’autres voix citoyennes s’élèvent avant qu’il ne soit trop tard !

Coalition Luxembourgeoise pour la Paix

Trop de lait, trop de viande, trop de tout… un vrai malheur !

C’est la raison pour laquelle la grande Foire agricole de Libramont s’est montrée spécialement attentive, cette année à lutter… contre le gaspillage de la nourriture (voir la promo étalée sur son site et dans les médias).

Ne cherchez pas à comprendre. La patronne de la Foire tout comme les ministres respectivement fédéral et wallon de l’Agriculture ne vous éclaireront pas davantage. Dès l’ouverture de la foire, face aux manifestants, ils ont affiché ostensiblement leur désolation devant la disparation de nos fermiers qui s’accentue d’année en année, des maigres revenus des petits producteurs, de la néfaste politique agricole de l’Europe, etc. en nous distrayant au passage par des petites recettes de leur cru pour remédier à tout ça…

Tout est bon, même les pires contradictions, les pires incohérences, pourvu qu’on ne prononce jamais quelques mots tabous comme hyper-productivisme, agro-business, agro-chimie, agro-carburants, surmécanisation, tous ces fleurons de notre brillante agro-économie. Non contente de ruiner nombre d’agriculteurs (ces  » indépendants » devenus aujourd’hui les plus inféodés des travailleurs !), l’agriculture dénaturée à laquelle ils sont soumis exerce ses nuisances quotidiennes sur les consommateurs, sur la terre, l’eau et les ressources naturelles de notre biodiversité. Mais, et c’est le principal, elle enrichit les industriels et les spéculateurs de l’agro-alimentaire, la nourriture n’étant plus pour eux qu’unemarchandise comme les autres.

Tandis que quelques véritables paysans s’obstinent encore à produire des aliments sains, dans un rapport de proximité et de réciprocité avec leurs voisins consommateurs, les voici à présent persécutés par des agents patentés de la chasse aux microbes (si utiles, pour la plupart, à notre santé!), indifférents par contre à tous les poisons qu’inventent les génies de l’agro-chimie chaque jour qui passe.

Près de 200.000 visiteurs, plus touristes que complices, ont honoré de leur présence l’immense champ de foire de Libramont. Quelques uns préféreront, moins touristes et mieux informés, passer à côté, à la Petite foire de Semel. Pour en savoir plus, lisez la carte blanche que La Libre Belgique a publié ce vendredi 22 juillet : Des champs de blé… aux champs de bataille. Elle est signée par une vingtaine d’associations membres de notre Coalition pour la Paix.

http://www.lalibre.be/debats/opinions/des-champs-de-ble-aux-champs-de-bataille-5790dcf1357086b3e0d5e534

Barbarie contre barbarie…

Parmi tous les sons de cloche à la fois tonitruants et parfois dissonants que provoque chaque attentat des djihadistes, il est en tout cas une note suraiguë qui se fait toujours entendre, c’est le mot « barbarie ». Un son de cloche beaucoup plus rare, par contre, celui qu’apporte un lecteur du journal L’Avenir ce matin même :

« Quel est l’intérêt des responsables de nos pays de préciser dans des discours à la TV, dans les journaux et autres, qu’ils envoient un nombre bien précis d’avions dans certaines régions pour bombarder des clans de l’Etat Islamiste ? Ce fut encore le cas ici avec la France, et puis on s’étonne de vivre ce drame de Nice. Nous constatons que cette  façon de voir chacun vanter sa force militaire nous coûte très cher en vies humaines d’innocents. Nous vivons une troisième guerre mondiale… ». (*)

Bizarrement, les plus ignorants sont les chefs d’Etat qui escamotent, à chaque coup, cette réalité basique. Laquelle ne date pas d’aujourd’hui : s’il faut donner une date pas trop reculée dans le temps (c’est tout de même une vieille histoire !), c’est celle que nous rappelions dans notre dernier message du 1er juillet : les accords franco-britanniques signés le 16 mai 1916 pour un partage du Proche-Orient en vue de l’ère post-coloniale.

Mais il est tellement plus simple pour nos  dirigeants de profiter de ces odieux attentats pour jouer aux matamores, aux sauveurs de la patrie, aux héros par procuration, discoureurs infatigables et vaillants défenseurs des valeurs sacrées de la République et autres nations hautement civilisées ! Tout en honorant scrupuleusement les commandes d’armes de nos riches et vertueux clients, notoirement férus de nos valeurs démocratiques.

Mais pourquoi agiraient-ils autrement, ceux que nous avons élus, si tant de citoyens semblent si éloignés et ignorants de leur histoire passée et présente (et là, ce n’est pas de la frime) ? Si le temps du loisir bienvenu, de la détente, de la réflexion est tout entier absorbé par ce défilé ininterrompu de carnavals, festivals, évasions, défonces et autres devoirs de distraction à tout prix ! « Le pain et les jeux du cirque »… encore une vieille histoire.

Depuis longtemps des alternatives existent pourtant au travail-servage, aux loisirs obligatoires et à la démocratie des lobbies. On en parle beaucoup. Beaucoup plus qu’on en vit. Pourtant c’est d’en vivre que le monde pourrait changer. Une « petite foire » de l’agro-écologie au lieu de la « grande foire » de l’agro-productivisme le prochain weekend, oui, un exemple parmi beaucoup d’autres… Mais à connecter, agencer, tresser comme les mailles d’un filet protecteur, salvateur. Qui pourtant ne nous exemptera pas du combat contre l’adversaire, car adversaire il y a. Il est chez nous, il est partout, et ce n’est pas celui dont on parle le plus.

« C’est la négation même de la paix qu’une économie guidée avant tout par le profit,  entraînant le monde dans des guerres  et des conflits permanents. »

                                (Charte de la Coalition luxembourgeoise pour la Paix).


(*) Dans une analyse exploratoire du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques (RMES) sur le remplacement de nos avions de combat, on peut lire : « Ainsi, les F-16 ont été engagés au Kosovo, en Afghanistan, en Libye et en Irak, sans qu’aucune perte matérielle ou humaine n’ait été à déplorer ». Ils ont évidemment oublié d’ajouter « dans les rangs des militaires occidentaux »… Ou alors, Messieurs les grands stratèges, si vous ne dénombrez ni perte humaine et matérielle dans ces régions ennemies (peuplées, là aussi, d’innocentes victimes),quelles folles et stupides dépenses !

Nous bombarderons la Syrie pendant nos prochaines vacances.

C’est décidé :

Nous bombarderons la Syrie à partir du 1er juillet.

Notre premier ministre vient de l’annoncer officiellement. C’était prévisible. Le peu de mobilisation qu’a suscité la manifestation nationale du 24 avril, tout comme les pétitions, conférences et autres initiatives opposées à nos postures guerrières, ont forcément conforté le gouvernement dans le plan qu’il s’était déjà tracé.

Après l’Afghanistan la Libye, l’Irak – pour citer quelques unes de nos cibles les plus récentes –, c’est bien parti pour  la guerre sainte, de tous les côtés !

Oui, nous employons des mots qui vont choquer. La cible, ce n’est pas la Syrie, c’est Daech. La guerre sainte, ce n’est pas la nôtre, c’est la leur. Les mots, ah ! les mots, ces maquillages de l’obscène réalité bien plus efficaces que les camouflages de nos forces armées ! Lesquelles, après tout, ne font qu’obéir aux ordres. Aux ordres de qui ?… Des Etats-Unis ? De l’Otan ? De l’Europe ? De notre gouvernement ? De tous ces pouvoirs réunis ?…

Sommes-nous sûrs de n’avoir oublié personne ?…

On aurait pu nous citer en premier lieu, vous et nous qui avons la chance de vivre en démocratie où le pouvoir appartient au peuple.

Mais où était le peuple en 14-18 ? En 40-45 ? En train de subir les pires outrages de la guerre sans l’avoir voulue. Et depuis lors jusqu’à nos jours, quand encadrés et relayés par nos puissants alliés d’Outre-Atlantique, nous n’avons cessé de guerroyer sur d’autres continents pour poursuivre le rêve impérial d’une hégémonie occidentale, qu’avons-nous fait, peuples d’Europe, sinon condamner d’autres peuples aux pires exactions sans les avoir voulues ? Avoir déclenché deux guerres mondiales, ce n’était donc pas suffisant ?

Une constante, dans tout cela : qu’il est profond, partout, le fossé qui sépare les puissants des peuples qu’ils sont censés diriger ! Ignorance, désinformation, propagande ?… Sans doute, mais n’avons-nous tout de même pas quelque responsabilité dans ce consentement facile ? Peut-être celui de la passivité qu’un syndicaliste dénonçait lors d’une récente Nuit debout à Namur: « Est-ce qu’on ne devrait pas aussi faire le procès des citoyens ? ».

On aurait pu penser qu’au vu de toutes les erreurs et tromperies du passé, nous allions enfin nous ressaisir. Et bannir une fois pour toutes le recours à la violence déchaînée. Oh ! pas la petite criminalité quotidienne, non la violence institutionnalisée, magnifiée, sacralisée, nourrie des plus hauts idéaux, et aussi du meilleur de la science et des technologies d’avant-garde, allant de pair avec la bonne vieille conscience d’appartenir, encore et toujours, aux nations les plus civilisées, détentrices et missionnaires du Progrès.

N’est-ce pas toute la différence, finalement, entre les bombes d’ici et les bombes de là-bas ? La plupart des morts sont, toujours et partout, d’innocentes victimes mais, avouons-le, un F-16 supersonique a tout de même plus d’allure qu’une kalachnikov ou qu’un vulgaire paquet d’explosifs. Sans parler du nombre des victimes.

Nous parlions de démocratie et de progrès. Est-ce la simple passivité du citoyen qui explique cette indifférence à « des événements qui nous dépassent » selon l’expression consacrée ? Ou peut-être l’absolue priorité de ses préoccupations, de son angoisse quotidienne : celle de survivre dans nos eldorados.