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Un 11 novembre comme les autres ?

L’ÉDITO  (*)

11 novembre : clairons, tambours et discours…

«Afin que personne n’oublie !». Ces jours-ci, comme chaque année, voilà une petite phrase que nous allons entendre et réentendre dans les discours de circonstance, reprise ensuite à travers le prodigieux réseau des médias dont nous bénéficions.

« Prodigieux » par l’étendue de son public et la puissance de ses moyens. Mais aussi débile et inopérant que les rituels, tambours et discours qui nous rappelleront qu’il y a 102 ans débutait la première guerre mondiale, sans vraiment tenter d’expliquer pourquoi cette longue suite de guerres et de conflits mondiaux n’a cessé de défiler sous les yeux de quatre générations successives jusques et y compris ce 11 novembre 2016.

Nous sommes donc toujours en guerre, bombardant à qui mieux mieux, avec partout et toujours le même noble dessein de défendre la veuve et l’orphelin. Fiers de ces progrès stupéfiants qui permettent aujourd’hui de massacrer… de plus en plus de victimes civiles, et de toujours mieux protéger les belligérants. Hommage soit donc rendu à ces chevaliers du ciel, à ces nouveaux héros de la guerre juste qui, combattant à plus de six mille mètres, d’altitude, n’ont plus la moindre goutte de sang sur les mains.

Ne voilà-t-il pas un nouveau thème bien d’actualité pour renouveler les discours convenus du 11 novembre ?

«Not in my name !»

Après tout, la guerre, c’est leur métier aux états-majors, aux militaires et aux industriels de l’armement (y compris à la FN Herstal, ce fleuron de notre industrie wallonne). Mais que dire des « responsables » de notre destin qui, le 11 novembre, et chaque jour de l’année, donnent le triste spectacle de leur irresponsabilité ? Prétendant défendre leurs compatriotes en continuant de confier à la violence le soin de nous procurer la paix et la sécurité au mépris des leçons de l’Histoire. Et singulièrement de cette première guerre mondiale dont le rappel est encore et toujours confié aux clairons, tambours et vains discours…

Mais le « not in my name », n’est-ce pas aussi à chacun de nous, citoyens, de le faire entendre ? Que des enfants défilent dans la rue « battant tambour pour la paix », fort bien ! Le symbole est joli. Et après ?… Où sont les adultes ?  Les détenteurs de l’autorité à tous les niveaux de responsabilité ? Les institutions éducatives et humanistes de tous bords ? Les mouvements citoyens en quête d’alternatives pour un monde meilleur ?… Si peu de réactions, si peu d’allusions aux guerres que nous menons, l’attention n’étant portée que sur leurs conséquences : attentats, insécurité, migrants, nouveaux bombardiers, nouvelles restrictions sociales, etc.  Comment comprendre cette résignation, cet aveu silencieux d’impuissance face à l’interminable calvaire que l’humanité s’inflige à elle-même depuis des siècles, comme si la guerre était à jamais une fatalité, la violence une nécessité et la volonté des citoyens pure chimère ?

« Qui veut peut…».

La guerre économique, qui n’est jamais qu’une variante plus sophistiquée de la guerre tout court, avec les mêmes objectifs de conquête et de domination, suscite elle aussi souvent le même sentiment de résignation. Pourtant la récente victoire des opposants au CETA (sans nous attarder sur l’ampleur exacte du succès) prouve que lorsque des mouvements citoyens se mobilisent vraiment les premiers résultats ne se font pas attendre. Car c’est d’abord leur détermination qu’il faut saluer – cela n’a pas été assez dit –, sans laquelle aucune mobilisation politique n’aurait été envisageable. Provoquant du même coup la stupeur dans les rangs d’un certain nombre d’eurocrates ligués au grand business international, tellement habitués à la docilité de leurs sujets !

Alors, ce 11 novembre 2016 sera-t-il, une fois de plus, le rappel d’une soi-disant victoire de la Paix quand elle ne fut qu’une victoire de la Violence? Engendrant d’autres violences, d’autres guerres à n’en plus finir. Un frémissant et horrifique souvenir des atrocités commises par l’Ennemi ? Un émouvant hommage rendu aux malheureuses victimes ?… Rien de plus ?… Ah ! si,  bien sûr : quelques vœux pieux pour « la paix dans le monde ». Ou, selon le cas, un regain de ferveur patriotique face au nouvel Ennemi.

Chère Anne Morelli, ne vois-tu rien venir ?… Toi qui nous parlais si bien, il n’y a pas si longtemps, des « Dix commandements de la propagande de guerre ». Largement diffusés dans notre pays et ailleurs, et soudain oubliés semble-t-il. Black-out, autocensure, union sacrée face à l’Ennemi ?  « Comme en 14… ».

C’est bien parti, une fois de plus.

Depuis cent ans (et bien avant), même résignation, assortie de ce facile aveu d’impuissance : « Ces décisions nous dépassent ! ».

Non la guerre n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes qui la font. Qui, sinon eux (sinon nous), pourront la défaire et nous en libérer ?… Si nous nous en donnons les moyens.

D’accord ? Pas d’accord ?…

Yvon Sondag


(*) Suite à la question d’un lecteur désireux de savoir si nos messages périodiques reflétaient « la position officielle de la Colupa », les membres du bureau réunis à Arlon le 5 octobre ont décidé que ces messages prendront désormais la forme d’un ÉDITO signé, à tour de rôle, par l’un de nos membres désireux d’exprimer son point de vue sur l’actualité, en lien avec notre positionnement déjà affirmé sur la guerre et réactualisé dans notre déclaration commune ci-jointe, « Que faire face à la barbarie ? » publiée à la suite des attentats de Paris et de Bruxelles.   

Coups d’oeil sur l’actualité.

Succès de la manifestation contre le TTIP, le CETA et autres bienfaits de la mondialisation

 Le front commun de la colère réunissant citoyens, associations, syndicats, ONG, pouvoirs locaux, PME, agriculteurs et tous ceux qui s’opposent à ces traités de « libre échange » peut se réjouir du franc succès de la manifestation d’hier à Bruxelles et des échos bien mérités qu’en ont donnés un certain nombre de médias dès ce mardi soir. Cela à quelques heures d’un vote décisif (concernant le CETA) dont nous avons déjà parlé. http://www.rtl.be/videos/categorie/rtl-info-19h/4760.aspx

La Wallonie n’a jamais autant exporté d’armes vers l’Arabie saoudite

Hier toujours, échos plus discrets dans la Presse. « Le chiffre d’affaires qu’ont réalisé les entreprises wallonnes dans la vente des armes à l’Arabie saoudite en 2015 représente 575 millions d’euros, soit 60 % de l’exportation des armes wallonnes. L’Arabie saoudite reste, comme en 2014 et de très loin, le meilleur  client des entreprises wallonnes et des 15.000 emplois directs et indirects attribués au secteur ». Sans commentaires.

http://www.lesoir.be/1321300/article/economie/2016-09-19/60-des-armes-wallonnes-vendues-en-arabie-saoudite

La maison du CAL à Virton portera le nom du pacifiste Henri La Fontaine

Qui se souvient des Prix Nobel de la Paix dont s’honore notre pays ? Par son initiative, le Centre d’Action Laïque nous rappelle la haute figure de Henri La Fontaine, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1913 et cofondateur du Bureau international de la Paix qu’il présidera de 1907 à sa mort en 1943. D’autres concitoyens détenteurs de ce prestigieux titre ?… Auguste Beernaert (1909), l’Institut de Droit international (1904) et, plus près de nous, le Père Pire (1958). Une série d’événements autour de la Journée Portes Ouvertes du 1er octobre vous est proposée par le CAL. retrouvez ici le programme de la journée inaugurale et sur son site les autres événements proposés à cette occasion.

Parmi les nominés du prochain Godefroid

Parmi nos associations-membres, les organisateurs de la Petite Foire sont nominés dans la catégorie « Développement durable ». Et l’équipe du Gletton dans la catégorie « Culture ». Il est toujours bon de le savoir… Des jurys, dans chaque catégorie, décerneront leurs prix. Les citoyens, eux, pourront voter pour le prix du public.

Plus  d’infos :www.lesgodefroid.be.

Rentrée des classes. Une société sans école ?

« Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? »

La chanson est démodée, la question toujours d’actualité… Bien entendu, posée en ces termes, elle ne pourrait, en ce jour de rentrée scolaire, que perturber un peu plus profs, parents et élèves déjà confrontés à l’abyssale question de ces deux heures de cours de rien, selon la qualification dédaigneuse qui accueillit cette réforme de l’enseignement fondamental, aujourd’hui d’application. Pourtant, dès 1971, dans un essai social d’une exceptionnelle rigueur, Ivan Illich revendiquait carrément une société sans école (*).

 Une école au service de qui, de quoi ?

Bien d’autres observateurs lucides ont succédé au célèbre sociologue. En pure perte semble-t-il, puisque nous avons fini par nous résigner à ce type d’enseignement qui – à l’exception de quelques tentatives méritoires au niveau maternel et fondamental – n’est plus, pour l’essentiel, que le fidèle serviteur de l’Establishment. Confondant allègrement savoir et savoir-faire, ce qui du moins nous ouvre toutes larges les portes au monde des affaires, de la compétition, de la réussite professionnelle. Que voulez-vous de plus ?

 D’abord une question d’arithmétique…

On n’a donc plus à s’étonner de l’ignorance crasse de notre Histoire. Celle qui nous a entraînés dans toutes ces guerres où les humains – chez nous et ailleurs – n’ont cessé de combattre la barbarie par la barbarie… Jusqu’à ce 1er septembre 2016 où – rentrée scolaire ou pas – nous bombardons sans état d’âme des enfants, des innocents, des civils en Syrie, en Irak et ailleurs. Combien de morts, de blessés, de migrants victimes de nos « dégâts collatéraux ». ?… Addition de malheurs, soustraction de vies humaines, multiplication de la haine, divisions revanchardes, quel prof de math se risquera, cette année, à choisir ses exemples dans une vie réelle qui, en dépit des apparences, nous concerne de si près ?

Et puisqu’on évoquait, au début de ce message, la question des cours de philosophie et de citoyenneté, va-t-on voir, p. ex., que, pour mieux « vivre ensemble », des musulmans iront demain à l’église et des chrétiens à la mosquée ?…(**). Tant d’exemples pourraient être cités qui permettraient de réduire les tensions, les divisions, les conflits, les crimes, les guerres, bref toutes ces géniales solutions à leurs problèmes que les humains ont confiées à la violence.


(*) Une société sans école. Traduit de l’anglais. Paris. Ed. du Seuil. 1971.
(**) http://deuxheurescestmieux.be/

La guerre économique : plus que jamais !

Nous sommes en guerre.

Mais bien avant de larguer des bombes, nous avons participé – et participons toujours – à cette odieuse guerre économique qui sévit aux quatre coins de la planète. Et que la Colupa a dénoncée à maintes reprises, notamment au cours de ses Journées provinciales d’Échanges et de Concertation organisées chaque année depuis 2009. Et pas plus tard encore que ce 22 juillet 2016 dans notre carte blanche Des champs de blé… aux champs de bataille parue dans la LLB, publiée également sur le site du Centre d’Action Laïque du Luxembourg.

Accords de libre échange : les multinationales contre les peuples.

En Europe, un véritable bras de fer est engagé depuis plusieurs années entre les groupes de pression qui veulent signer des accords commerciaux de libre-échange avec les États-Unis (TTIP) et le Canada (CETA) et les mouvements citoyens qui les refusent, au motif qu’ils ne sont pas conclus dans l’intérêt des populations mais avant tout pour servir les desseins des multinationales. Sait-on que dans le même temps, nos décideurs européens négocient d’autres accords de libre-échange, les APE (Accords de Partenariat Économique) entre l’Europe et l’Afrique en particulier, dont on ne parle quasiment jamais, qui obligeront de nombreux pays africains à ouvrir leurs marchés encore davantage aux produits européens?

Producteurs africains et européens en concurrence frontale : à vérifier le 14 septembre à Arlon.

Si on laisse faire nos « décideurs », les producteurs africains et européens seront, une fois de plus, condamnés à s’affronter dans une guerre économique où tout le monde ne joue pas à armes égales !

C’est ce que nous expliqueront le mercredi 14 septembre à Arlon, Nicolas Van Nuffel, responsable du département plaidoyer du CNCD-11.11.11, et le Béninois Aboubakar Koto Yerima. A  tour de rôle, ils exposeront les conséquences de ces accords sur les économies nationales, sur les économies locales, sur l’agriculture vivrière et sur les phénomènes migratoires en Afrique. Organisée par la MC, le CNCD 11.11.11 et le CIEP Lux., la soirée-débat débutera à 19h30, dans les locaux de la Mutualité chrétienne d’Arlon (rue de la Moselle, 7-9). L’entrée est gratuite.

Informations et renseignements:
Jean-François Rasschaert 0032 63  21.87.28 jf.rasschaert@mocluxembnourg.be.

Optimistes malgré tout ? A vérifier les 3 et 7 septembre.

Amandine Henry avec sa collègue de Namur, animatrices toutes deux à Entraide et Fraternité, organisent un Mini-festival de l’Optimiste le samedi 3 septembre à « La Taverne du Randonneur » de Herbeumont. Les alternatives alimentaires du coin seront au programme, le village associatif aussi, le film « Demain » et bien d’autres bonnes choses au menu de ce rassemblement qui débutera à 14 h pour se prolonger de façon festive à 21h30 par une soirée musicale d’Action Paysanne. Journée à laquelle collaboreront le MAP, la Maison des Jeunes de Libramont, la Colupa et autres organisations solidaires qui luttent notamment pour une agriculture locale, vivrière et durable dans les pays du sud de la planète.

Informations et renseignements :
Amandine Henry 0032 476 98 73 11 amandine.henry@entraide.be.

Réunion plénière

Quatre jours plus tard, le mercredi 7 septembre à 9 h à Arlon, notre première réunion plénière de la rentrée (mais quand eut lieu la sortie ?…) rassemblera nos militants autour d’une série d’importants projets en vue des quatre derniers mois de l’année, qui nécessiteront aussi une bonne dose d’optimisme et de dynamisme. A découvrir et à vérifier donc le 7 septembre à 9 h à Arlon dans les locaux du MOC, 39 rue des Déportés.

Informations et renseignements :
colupa@gmail.com.

Coalition Luxembourgeoise pour la Paix

Trop de lait, trop de viande, trop de tout… un vrai malheur !

C’est la raison pour laquelle la grande Foire agricole de Libramont s’est montrée spécialement attentive, cette année à lutter… contre le gaspillage de la nourriture (voir la promo étalée sur son site et dans les médias).

Ne cherchez pas à comprendre. La patronne de la Foire tout comme les ministres respectivement fédéral et wallon de l’Agriculture ne vous éclaireront pas davantage. Dès l’ouverture de la foire, face aux manifestants, ils ont affiché ostensiblement leur désolation devant la disparation de nos fermiers qui s’accentue d’année en année, des maigres revenus des petits producteurs, de la néfaste politique agricole de l’Europe, etc. en nous distrayant au passage par des petites recettes de leur cru pour remédier à tout ça…

Tout est bon, même les pires contradictions, les pires incohérences, pourvu qu’on ne prononce jamais quelques mots tabous comme hyper-productivisme, agro-business, agro-chimie, agro-carburants, surmécanisation, tous ces fleurons de notre brillante agro-économie. Non contente de ruiner nombre d’agriculteurs (ces  » indépendants » devenus aujourd’hui les plus inféodés des travailleurs !), l’agriculture dénaturée à laquelle ils sont soumis exerce ses nuisances quotidiennes sur les consommateurs, sur la terre, l’eau et les ressources naturelles de notre biodiversité. Mais, et c’est le principal, elle enrichit les industriels et les spéculateurs de l’agro-alimentaire, la nourriture n’étant plus pour eux qu’unemarchandise comme les autres.

Tandis que quelques véritables paysans s’obstinent encore à produire des aliments sains, dans un rapport de proximité et de réciprocité avec leurs voisins consommateurs, les voici à présent persécutés par des agents patentés de la chasse aux microbes (si utiles, pour la plupart, à notre santé!), indifférents par contre à tous les poisons qu’inventent les génies de l’agro-chimie chaque jour qui passe.

Près de 200.000 visiteurs, plus touristes que complices, ont honoré de leur présence l’immense champ de foire de Libramont. Quelques uns préféreront, moins touristes et mieux informés, passer à côté, à la Petite foire de Semel. Pour en savoir plus, lisez la carte blanche que La Libre Belgique a publié ce vendredi 22 juillet : Des champs de blé… aux champs de bataille. Elle est signée par une vingtaine d’associations membres de notre Coalition pour la Paix.

http://www.lalibre.be/debats/opinions/des-champs-de-ble-aux-champs-de-bataille-5790dcf1357086b3e0d5e534

Barbarie contre barbarie…

Parmi tous les sons de cloche à la fois tonitruants et parfois dissonants que provoque chaque attentat des djihadistes, il est en tout cas une note suraiguë qui se fait toujours entendre, c’est le mot « barbarie ». Un son de cloche beaucoup plus rare, par contre, celui qu’apporte un lecteur du journal L’Avenir ce matin même :

« Quel est l’intérêt des responsables de nos pays de préciser dans des discours à la TV, dans les journaux et autres, qu’ils envoient un nombre bien précis d’avions dans certaines régions pour bombarder des clans de l’Etat Islamiste ? Ce fut encore le cas ici avec la France, et puis on s’étonne de vivre ce drame de Nice. Nous constatons que cette  façon de voir chacun vanter sa force militaire nous coûte très cher en vies humaines d’innocents. Nous vivons une troisième guerre mondiale… ». (*)

Bizarrement, les plus ignorants sont les chefs d’Etat qui escamotent, à chaque coup, cette réalité basique. Laquelle ne date pas d’aujourd’hui : s’il faut donner une date pas trop reculée dans le temps (c’est tout de même une vieille histoire !), c’est celle que nous rappelions dans notre dernier message du 1er juillet : les accords franco-britanniques signés le 16 mai 1916 pour un partage du Proche-Orient en vue de l’ère post-coloniale.

Mais il est tellement plus simple pour nos  dirigeants de profiter de ces odieux attentats pour jouer aux matamores, aux sauveurs de la patrie, aux héros par procuration, discoureurs infatigables et vaillants défenseurs des valeurs sacrées de la République et autres nations hautement civilisées ! Tout en honorant scrupuleusement les commandes d’armes de nos riches et vertueux clients, notoirement férus de nos valeurs démocratiques.

Mais pourquoi agiraient-ils autrement, ceux que nous avons élus, si tant de citoyens semblent si éloignés et ignorants de leur histoire passée et présente (et là, ce n’est pas de la frime) ? Si le temps du loisir bienvenu, de la détente, de la réflexion est tout entier absorbé par ce défilé ininterrompu de carnavals, festivals, évasions, défonces et autres devoirs de distraction à tout prix ! « Le pain et les jeux du cirque »… encore une vieille histoire.

Depuis longtemps des alternatives existent pourtant au travail-servage, aux loisirs obligatoires et à la démocratie des lobbies. On en parle beaucoup. Beaucoup plus qu’on en vit. Pourtant c’est d’en vivre que le monde pourrait changer. Une « petite foire » de l’agro-écologie au lieu de la « grande foire » de l’agro-productivisme le prochain weekend, oui, un exemple parmi beaucoup d’autres… Mais à connecter, agencer, tresser comme les mailles d’un filet protecteur, salvateur. Qui pourtant ne nous exemptera pas du combat contre l’adversaire, car adversaire il y a. Il est chez nous, il est partout, et ce n’est pas celui dont on parle le plus.

« C’est la négation même de la paix qu’une économie guidée avant tout par le profit,  entraînant le monde dans des guerres  et des conflits permanents. »

                                (Charte de la Coalition luxembourgeoise pour la Paix).


(*) Dans une analyse exploratoire du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques (RMES) sur le remplacement de nos avions de combat, on peut lire : « Ainsi, les F-16 ont été engagés au Kosovo, en Afghanistan, en Libye et en Irak, sans qu’aucune perte matérielle ou humaine n’ait été à déplorer ». Ils ont évidemment oublié d’ajouter « dans les rangs des militaires occidentaux »… Ou alors, Messieurs les grands stratèges, si vous ne dénombrez ni perte humaine et matérielle dans ces régions ennemies (peuplées, là aussi, d’innocentes victimes),quelles folles et stupides dépenses !

Des armes belges aux mains de l’État islamique

L’arsenal varié de l’État islamique illustre parfaitement le fait que le commerce mal réglementé des armes alimente les atrocités de grande ampleur, a déclaré Patrick Wilcken, chargé des recherches sur le contrôle des armes au sein d’Amnesty International.L’absence de réglementation et de suivi des importations de très grandes quantités d’armes en Irak, durant des décennies, a constitué une aubaine pour l’Etat islamique et les autres groupes armés, leur offrant l’accès à une puissance de feu sans précédent.
http://www.lavenir.net/cnt/dmf20151208_00747611/irak-des-armes-belges-aux-mains-de-l-etat-islamique      

Un arsenal qui donne le vertige

« La diversité et la quantité des armements de l’État islamique sont le résultat de dizaines d’années de transferts d’armes irresponsables vers l’Irak. Ces transferts d’armes ont été financés par des accords de troc de pétrole, des contrats avec le Pentagone et des dons de l’OTAN. La majeure partie des armes a été pillée dans les stocks de l’armée irakienne ou écoulée à partir de ces stocks. »

Parmi les armements sophistiqués de l’EI, poursuit Amnesty, « figurent les FAL et autres armes automatiques produits par la FN Herstal ».

Propriété de la Région Wallonne, rappelons-le. Donc de chacun de nous, honnêtes citoyens paisibles, pacifiques, pacifistes.

Business is business…

C’est à partir de ce tissu de contradictions qui affectent notre mode de vie – on n’en finirait pas de citer d’autres exemples! – que l’on comprend mieux la vérité du scandaleux adage « On a finalement les guerres qu’on mérite », variante d’un autre aphorisme : « Qui sème le vent récolte la tempête ! »

Fort bien tous ces propos indignés, tous ces signaux d’alarme. En attendant, on fait quoi ?…
Question que nous pose à tous la Coalition luxembourgeoise pour la Paix avant son assemblée générale de fin janvier 2016 (plus de précisions dans les prochains jours).

Journée provinciale de la COLUPA

JOURNÉE D’INFORMATION ET DE CONCERTATION

En partenariat avec la Province de Luxembourg et le Centre culturel de Bertrix

A la veille du Sommet de Paris sur le climat, les armes poursuivent leur œuvre de destruction de la planète et des peuples. Le pire est sans doute encore à venir si nous ne réagissons pas à temps.

affiche JP15


La Belgique dans l’OTAN :

agent de paix ou va-t-en guerre?

SAMEDI 28 NOVEMBRE 2015. CENTRE CULTUREL DE BERTRIX

9h15 Accueil café-croissants. Inscriptions et remise des dossiers aux participants.
10h00 Quel rôle joue notre pays dans les guerres d’aujourd’hui ? Simon Desplanque, doctorant UCL, chercheur CECRI (Centre d’études des crises et des conflits internationaux).
10h40 Faut-il acheter les nouveaux bombardiers F35 à portée nucléaire ? Samuel Legros, chargé de recherche et de plaidoyer politique au sein de la CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie).
11h00 « Oui, nous sommes en guerre ! » : lettre ouverte de la Colupa (La Libre 18 mars)
adressée au Gouvernement belge. Réponse du Premier ministre (7 octobre). Mandataires élus de notre province invités à s’exprimer : Benoît Piedbœuf (MR) cosignataire de la lettre ouverte, Cécile Thibaut (Ecolo), Sébastien Pirlot (PS), Claude Rolin (CDH).
12h00 Débats avec les représentants d’institutions, de partis, d’associations et… chacun de nous. Modérateur : Jean-François Rasschaert.
13h00 Lunch (réservation requise : voir ci-dessous).
13h45 Table ronde : Quels liens entre les guerres actuelles et :-       la tragédie des réfugiés
–       les traités de libre échange (TTIP et autres)
–       le climat et le Sommet de Paris qui s’ouvre le 30 novembre.Modérateur : Bruno Bodeux.
15h00 Conclusions : actions proposées.
16h00 Clôture

Entrée libre. Centre culturel Bertrix, Place des 3 Fers n° 9
Infos et réservation : colupa@gmail.com tél. 061 312570
Lunch : 5 € (boissons comprises). Réservation requise.

Hiroshima, Syrie, Iran, soldats-robots… et nous là-dedans?

A la veille du 70ème anniversaire du bombardement de Hiroshima

Selon l’historien Howard Zinn, une seule bombe atomique a fait 250.000 victimes pour la seule ville de Hiroshima. A cela s’ajoutent les décès causés par divers types de cancer et de pathologies, sans parler des nombreuses malformations congénitales.

Comme chaque année, l’Université de Mons consacrera à ce sinistre anniversaire une journée d’échanges et de réflexion le samedi 8 août. La CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) y animera la plateforme contre le renouvellement des avions de chasse F16. http://www.cnapd.be/Hiroshima-et-Nagasaki-70e-anniversaire
Il est entendu, en effet, que le successeur du F16 doit pouvoir emporter des charges nucléaires. C’est ce que souhaite, en tout cas, notre État-major. Ce sera d’autant plus commode que les charges atomiques sont déjà à notre disposition : elles sont stockées « dans le plus grand secret », à Kleine Brogel, dans la province de Limbourg. Un secret éventé depuis des années, mais jamais reconnu officiellement par nos gouvernements successifs car selon le TNP (Traité sur la Non-prolifération des Armes nucléaires) nous serions automatiquement inculpés pour « crime de guerre » (en tant que pays non détenteur de l’arme atomique). En tout cas, les « munitions » sont là, bien à l’abri. Elles n’attendent plus que les avions porteurs qui remplaceront nos F16 encore incapables d’un tel exploit.

L’humanité prisonnière des armes nucléaires

« Il est surréaliste d’entendre ces dirigeants politiques proclamer que l’arme nucléaire garantit la sécurité de leur nation alors qu’elle menace la sécurité du monde. » C’est ce que nous rappelle Jean-Marie Muller, cofondateur du MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) dans la dernière édition du Sentier de la Paix (pp. 4 à 9) qui révèle, entre autres, les engagements non tenus des pays dotés de l’arme atomique et qui fait un état des lieux très précis de la menace plus actuelle que jamais d’un holocauste nucléaire.

http://agirpourlapaix.be/wp-content/uploads/SDLP70_V1.pdf

Radicalisme : un gros mot ?

C’est dans l’air du temps. L’Évolution est devenue la Révolution « sans en avoir l’r ». La Transition remplace la Rupture. Les compromis se déguisent en alternatives. L’art du camouflage est partout présent, précieuse leçon héritée de nos traditions militaires. Militariser la société, d’un côté, « déradicaliser » de l’autre. En jouant sur les mots, on obtient un glissement progressif vers l’inertie générale. Et pour « donner du sens » – il est difficile de s’en passer! – on multiplie les cérémonies, les actes symboliques, les verres de l’amitié, les festivals du plaisir partagé, et autres « moments forts » (sic) de la grande concorde universelle. Dans le même numéro du Sentier de la Paix cité ci-dessus (pp. 12 et 13), Thierry De Lannoy se pose la question : « Radicalisme » est-il un gros mot ? Parmi les intéressantes réponses qu’il nous propose, épinglons : « L’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble ne peut s’apparenter à une formation à la soumission ».

La stratégie du chaos porte ses fruits

Le Moyen Orient (et, en particulier, la Syrie) est l’exemple le plus abouti aujourd’hui de la stratégie du chaos menée à travers les justes guerres des USA et de leurs alliés européens, depuis la première guerre du Golfe en 1991. Quand ceux que nous voulions détruire se détruisent entre eux, quand le « diviser pour régner » atteint des résultats aussi performants, quand les Belges ne savent même plus qu’ils sont en guerre ou, s’ils le savent, s’en contrefichent joyeusement, quand des drones prennent peu à peu le relais de nos aviateurs-bombardiers (qui ne voyaient déjà plus très bien ceux qu’ils exterminaient), quand des soldats-robots s’apprêtent à remplacer les armées au sol malgré les protestations récentes de plusieurs scientifiques (ont-ils oublié que « Tout ce que la Science est capable de faire, elle le fera »?), on voit bien où nous conduit la realpolitik des (ir)responsables qui nous gouvernent.

Plus terre-à-terre (mais non moins douloureux pour ceux qui le vivent), le nouvel épisode, chez nous, de la « crise du lait et de la viande » révèle une fois de plus l’absurdité de notre système agroproductiviste. La grande kermesse agricole de Libramont avait à peine refermé ses portes que la triste réalité se rappelait aux travailleurs de la terre surendettés, désorientés, malmenés par les businessmen qui dictent leurs lois à nos hommes de loi. Si vous étiez en vacances, il est encore temps de lire la carte blanche « Nourrir ou détruire«  que la Colupa a publiée dans La Libre Belgique du 20 juillet, contresignée par dix-huit associations.

Et pour respecter les bonnes traditions, terminons sur une note positive. Obama veut conclure son dernier mandat en tentant de démontrer qu’il méritait bien le Nobel de la Paix reçu à peine élu président des USA. Parmi ses récentes initiatives en faveur de la paix, citons le rapprochement avec l’Iran. Peut-on y voir un petit correctif à cette vaste stratégie du chaos qui avait fait du pays voisin, l’Irak, un détenteur de l’arme atomique… grâce à un gros mensonge, déclencheur une fois de plus d’une guerre aux conséquences incalculables?

Allez, tout ne va pas si mal que ça !

A quelques jours de la Foire agricole de Libramont

« La Libre » publie une carte blanche de la Colupa

Sous le titre Nourrir ou détruire ?  la Libre Belgique de ce lundi matin publie, en p. 45, une carte blanche à l’initiative de la Colupa, signée par une vingtaine d’associations.

Depuis plusieurs années nous dénonçons régulièrement, dans nos lettres ouvertes et autres interpellations, l’agriculture industrielle qui, sous prétexte d’améliorer la productivité, n’assure en fait que le rente des investisseurs et aggrave les problèmes de malnutrition dans le monde.

A quoi servirait-il de dénoncer l’usage des armes et les conflits guerriers si nous ne prêtions pas attention à ces armes plus subtiles et souvent plus efficaces qu’utilise la guerre économique pour maintenir la suprématie des sociétés riches sur les populations du monde les plus fragiles? Y compris dans notre pays où de nombreuses fermes disparaissent chaque année au profit des grands consortiums de l’agriculture industrielle.

Rappelons qu’en 2010 une nouvelle étape a été franchie avec le projet d’encourager la création d’une « petite foire » alternative réunissant une nouvelle génération de producteurs bien résolus à pratiquer une agriculture fidèle à sa vocation de nourrir le monde et non de le détruire.

Dès lors, sous la houlette du MAP (Mouvement d’Action Paysanne) et en collaboration avec de nombreuses associations de la province, la Petite foire s’est mise à rassembler chaque année à la sortie du petit village de Semel, le dernier w.e. de juillet, un nombre croissant de producteurs et de visiteurs soucieux d’une alimentation saine et de la sauvegarde de notre Terre nourricière.Ce n’est pas par hasard si elle est organisée à quelques encablures de la grande Foire agricole de Libramont, vitrine par excellence de l’agroproductivisme revendiqué par les nombreuses sociétés commerciales qui couvrent la majeure partie de ses 300.000 mètres carrés.

Rendez-vous donc les 25 et 26 juillet à Semel pour rejoindre les pionniers de ce nouveau monde qui change. Demandez le programme et sachez tout ce qu’il faut savoir en cliquant sur ce lien.