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Dix-huit militants pacifistes arrêtés à Bruxelles

C’est évidemment moins spectaculaire que les « désordres » de ces derniers jours dans la capitale. Moins « rentables » pour les médias et moins sexy pour les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes en tous genres. Rappelons donc que ce jeudi 23 novembre, des militants d’Agir pour la Paix et de Vredesactie ont perturbé la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense (AED) au cours de laquelle quatre cents marchands d’armes, lobbyistes et décideurs se sont retrouvés pour débattre de l’avenir de la défense européenne.

La conférence devait se dérouler à huis clos, à l’abri des critiques citoyennes. «Nous refusons d’externaliser notre sécurité à l’industrie de l’armement, a expliqué l’un des militants. Cela ne fera que conduire à plus d’exportations d’armes, plus de violence, plus de guerre». La police a procédé à 18 arrestations administratives.

L’AED a invité en 2016 près de trois cents représentants de l’industrie de la défense. «Il s’agit d’une agence européenne officielle financée par des fonds publics, a expliqué Bram Vranken de l’organisation néerlandophone Vredesactie. L’AED ne devrait pas répondre à l’industrie de l’armement mais devrait plutôt rendre des comptes aux citoyens européens.»

Le lobby de l’armement occupe une position influente au sein de l’UE: en 5 ans, l’ensemble du budget annuel investi dans le lobbying par les dix premières compagnies d’armement européennes a doublé, passant de 2,8 millions€ à 5,6 millions€, ce qui prouve son efficacité… Certaines propositions faites par la Commission européenne ont été presque littéralement copiées-collées des recommandations faites par ces lobbies. Ni la société civile ni le Parlement européen n’a bénéficié d’une participation substantielle à ces décisions de grande portée.

La semaine précédente,  le Conseil européen avait donné le coup d’envoi de la coopération structurée permanente (PESCO), censée compléter l’OTAN. Les 23 pays participants se sont engagés à dépenser davantage pour la défense et l’achat de matériel militaire. Au sein de PESCO, il existe un fonds européen de défense estimé à 40 milliards d’euros, destiné à la recherche et au développement de nouveaux armements.

Tout cela évidemment au nez et à la barbe des citoyens, de leurs représentants politiques et du monde associatif.

Dès que l’on parle de la Belgique en guerre, capitulation générale sur tous les fronts. À l’exception des champs de bataille où nos bombardiers et nos instructeurs militaires profitent de l’unanime silence des pantoufles.

Trump et l’OTAN à Bruxelles. Justice migratoire à Chassepierre.

Le terrorisme des puissants : ce 25 mai à Bruxelles !

TrumpC’est à une démonstration de force sui generis que nous aurons, nous « petits Belges », le discutable privilège d’assister le 25 mai. En présence des chefs d’État des 29 pays alliés, notre ministre de la Défense remettra à l’OTAN son nouveau siège, un projet pharaonique de plus d’un milliard d’euros, dont notre pays a piloté la construction depuis une dizaine d’années. Le président Trump sera présent, lui aussi, dès la veille dans cette bonne ville de Bruxelles qu’il qualifiait encore de « trou à rats » en janvier 2016.

AGIR POUR LA PAIX nous propose plusieurs rendez-vous les 24 et 25 mai et différents modes d’action pour nous permettre de manifester contre les aventures militaires, pour la défense de l’environnement et de notre planète, pour la défense des droits humains de TOUS et de TOUTES, pour la lutte contre le racisme et les discriminations. « Nous voulons le faire avec le soutien d’une plateforme d’organisations la plus large possible afin d’unir nos forces. »
http://agirpourlapaix.be/24-05-manifestation-contre-trump-et-lotan/

D’autres dirigeants que Trump sont atteints de la même schizophrénie. Ils nous obligent à chaque sommet de l’OTAN à investir plus de moyens dans l’armement et dans le rejet des réfugiés victimes de leurs propres guerres. Quant aux associations vraiment courageuses et lucides dans leur engagement solidaire envers les réfugiés, elles se font blâmer et condamner, comme Médecins sans Frontières, pour pactiser avec l’ennemi en se portant au secours des naufragés… Pendant ce temps la Turquie gère le scandaleux Pacte migratoire du 18 mars 2016 conclu avec l’Europe – bien plus efficace qu’un simple mur de la honte! – pour une manne de 300 millions d’euros renouvelable. Voilà où en est.

Justice migratoire du 19 au 21 mai à Chassepierre

La première des justices envers les réfugiés, c’est de lutter contre les causes de leurs malheurs. Elles sont diverses, on le sait, mais la plus insupportable est celle de notre participation à une coalition guerrière qui prétend imposer une nouvelle version de la pax romana, partout où nos intérêts économiques sont en jeu. Triste civilisation qui se drape dans les oripeaux de l’ex-aventure coloniale pour continuer à semer la mort au nom de « nos valeurs démocratiques »! Ajoutant de la violence à la violence, de la barbarie à la barbarie, comme en Syrie où l’on dénombre déjà plus de 400.000 morts et des millions de civils ayant fui leur pays, comme en Irak, en Afghanistan, au Yémen, dans les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad où nos alliances militaires nous rendent complices d’une guerre économique implacable sous couvert d’opérations humanitaires et sous le tabou du « secret Défense ».
Tout cela dans une indifférence quasi générale. « Nous ne savions pas! » : la belle excuse qui se répète de conflit en conflit. Avec le fameux « Plus jamais ça! » de sinistre mémoire qui, n’en doutons pas, va retrouver une nouvellefraîcheur à l’occasion du prochain centenaire de l’armistice de 1918…

Chassepierre 19, 20 et 21 mai


C’est ce que notre Coalition pour la Paix tentera de rappeler lors des Assises « Justice migratoire » qui se tiendront le prochain week-end à Chassepierre, organisées par le CNCD et une plateforme d’associations. Nous le ferons à travers diverses informations et moments choisis, tels que l’atelier des revendications citoyennes du vendredi 19 à 17 h et le débat à 20 h sur le thème «  Migrations : le vrai du faux », animé par Pascal Claude avec Carine Thibaut, François De Smet et Hervé Le Bras.

Ces assises se tiennent aussi d’avril à juillet à Mons, Namur, Louvain-la-Neuve, Liège, Bruxelles, preuve que la question des migrants dépasse de loin aujourd’hui la simple dimension humanitaire de l’accueil.

Pour plus d’informations sur ces diverses initiatives et sur le programme complet du prochain week-end à Chassepierre : http://www.cncd.be/assiseslux.

Entre la peste et le choléra

Curieuse démocratie où les électeurs sont condamnés à ne pas utiliser leur droit de vote ou à l’accorder à des candidats qu’ils exècrent. Cette impasse que connaît la France d’aujourd’hui se décline de différentes manières dans un mode de gouvernance prônant, chez nous comme ailleurs, des valeurs démocratiques, prétendant même les propager (fût-ce au prix de la guerre) et favorisant, dans le même temps, partout l’avancée de la dictature de l’argent.
La dictature de l’argent, c’était déjà en 2012 le thème d’une de nos « Journées provinciales d’échanges et de concertation ». On a bien progressé depuis… Il suffit de voir comment prospèrent les affaires au sein de la classe politique belge, dénoncées depuis tant d’années et toujours recommencées… à peine terminé « le grand nettoyage » !
Mais plutôt que de nous donner nous-mêmes le mal d’écrire un long éditorial à ce sujet, empruntons-le en partie à Emmanuel Huet, commentant dans L’Avenir de ce vendredi matin le tout récent « vote de la honte pour la Belgique » en faveur de l’entrée de l’Arabie Saoudite à la commission de l’ONU sur la condition de la femme. Ci-dessous le titre et la conclusion de l’auteur.

Négationnisme à la belge

« La Belgique est incapable de tenir une position ferme face à ce royaume où les droits des femmes et les libertés d’expression sont quotidiennement bafoués. La Wallonie y voit un marché fructueux pour y écouler ses armes, la Flandre  se réjouit  d’un investissement de près de 4 milliards d’euros au port d’Anvers, le groupe Schréder a aussi illuminé la Mecque, a placé des milliers de leds à Ryad. Pour continuer à entretenir de riches relations commerciales avec la pétromonarchie, la Belgique fermait jusqu’à présent les yeux sur ces pratiques archaïques. Avec ce vote, elle s’inscrit désormais dans une dans une forme de négationnisme des femmes saoudiennes. »

L’OTAN, »la machine de guerre la plus agressive du monde »

Le 25 mai se tiendra un sommet de l’OTAN à Bruxelles, précédé de l’inauguration en grande pompe de son nouveau Quartier général. Les citoyens sont invités à participer à plusieurs actions, au choix, pour faire entendre la voix de la raison et non celle des armes : http://stopnato2017.org.
« L’Otan est la machine de guerre la plus agressive du monde, rappelle le mouvement Agir pour la Paix. Nous avons besoin, de toute urgence, de consacrer tous nos efforts à développer les réels facteurs de paix : justice sociale, climatique, économique… ».

Pour ceux qui ne le savent pas encore, la Belgique abrite une vingtaine de bombes nucléaires américaines, prêtes à être larguées par nos pilotes dès que nous aurons acquis, au prix fort, les super F-35 convoités par notre gouvernement. Pour l’instant nos F-16 se contentent de larguer des bombes « ordinaires » sur des gens ordinaires et quelques barbares enragés de ne pas pouvoir en faire autant. Pour l’instant.

Allons-nous bientôt répéter une fois de plus : « Plus jamais ça ! »

Rappelons que les Etats dotés de l’arme nucléaire dépensent, au total, 100 milliards de dollars par an pour la seule maintenance de cet arsenal. Plusieurs quotidiens signalaient ces jours-ci que le niveau mondial des dépenses militaires avait retrouvé le top niveau de la guerre froide.
Quand cesserons-nous d’être bernés par la propagande de guerre, autre outil performant pour les puissances d’argent qui, elles, ne connaissent ni patries, ni partis, ni idéologies. Mais qui s’en servent si bien, comme elles se servent de nos gouvernants et de leur inconsistance.
Répéterons-nous toujours, en pure perte, le fameux « Plus jamais ça » lancé à la fin de la guerre 14-18 ?
C’est donc cette soi-disant « fin de la guerre » que nous allons commémorer l’an prochain?… Allons-nous nous prêter, une fois de plus, à une telle comédie?… Ou saurons-nous enfin prendre nos responsabilités de citoyens et refuser les diktats que nous subissons
, de génération en génération, de la part de nos vrais ennemis : lesprofiteurs de guerre de tout acabit et – aussi ! – notre facile résignation à la spirale de la violence, au cycle infernal des guerres.

L’enfer pour toujours plus d’enfants

L’ÉDITO

Les membres du bureau, sans doute trop occupés par leurs engagements militants, n’ont guère le temps de se relayer au poste de chroniqueur, comme c’était convenu ! Qu’à cela ne tienne… d’autres alliés publient çà et là des points de vue qui pourraient parfaitement être les nôtres. C’est le cas pour Christophe Frison qui nous permettra de reprendre son billet publié ce matin 14 mars sur la page « Forum » du journal L’Avenir.

Le jour où ça va péter

A ma gauche MM. les Américains avec des milliers d’avions de combat, un budget de 600 milliards de dollars pour la Défense. A ma droite, MM. les Chinois, les Russes et les Coréens avec eux aussi quelques milliers de beaux avions, un  budget de 200 milliards de dollars pour s’équiper en armement. Au sud quelques États  qui rêvent de nous faire exploser. Et dans le monde 9 puissances nucléaires avec plus de 17.000 bombes atomiques. Bref, de quoi s’amuser et de faire un sacré feu d’artifice. Mais heureusement au milieu de tout ça, il y a la Belgique. Petit pays qui sabre dans les dépenses de sécurité sociale, dont les écoles sont parfois des containers, avec des citoyens pressés comme des citrons. Mais petit pays qui va trouver 35 milliards d’euros pour s’offrir 34 avions de combat. Y’a pas à dire, et même s’il faut pour cela plonger le peuple dans la précarité, le jour où ça va péter, ceux d’en face n’ont qu’à bien se tenir ! J’espère juste que nos avions auront le temps de décoller. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai un doute…

Christophe FRISON. Tournai

Et pour enchaîner…


À la veille des Tambours pour la Paix

« L’enfer pour toujours plus d’enfants »

Tués, violés, déplacés, privés de soins et d’instruction… Un rapport de l’Unicef fait état d’une situation de plus en plus dramatique pour les enfants syriens.

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170312_00972779/l-enfer-pour-toujours-plus-d-enfants

21 mars : journée mondiale des Tambours pour la Paix !

Plusieurs écoles vont participer à la journée mondiale des Tambours pour la Paix 

« Longtemps on a battu tambour pour envoyer les hommes à la guerre. Aujourd’hui les enfants d’Europe appellent les enfants du monde à battre tambour pour conduire le monde vers la Paix. »

Haulot Arthur.GIFC’est par cette déclaration que notre compatriote Arthur Haulot, grand résistant de la guerre 40-45, lançait en 1976 sa « Journée mondiale des Tambours pour la Paix« , célébrée durant de nombreuses années tous les 21 mars dans près d’une centaine de pays. Mais curieusement un peu oubliée ces derniers temps, au moment où nous en aurions le plus besoin !

La Coalition luxembourgeois pour la Paix a donc décidé de relancer cette campagne. Non sans difficultés… tant on observe de doutes, de résignation, d’aveux d’impuissance de la part de nombreux concitoyens qui se sentent complètement dépassés par les événements et ne croient plus beaucoup en nos vertus démocratiques !

En tout cas, une douzaine d’écoles ont dit « oui » dans trois pôles géographiques de notre province, Vielsalm / Paliseul, Fays-les-Veneurs, Bertrix / Chiny, Florenville, Herbeumont, en développant depuis janvier des projets pédagogiques orientés vers la thématique de la paix. Campagne qui culminera par la manifestation publique du mardi 21 mars. Les lieux et programmes définitifs seront signalés à travers les médias… merci d’y être attentifs!

Tout le monde est le bienvenu… Si vous nous signalez votre intérêt, nous vous enverrons plus de précisions dans les jours qui viennent.

Ceci dit, ne serait-ce pas un peu dommage, pour nous adultes, de nous limiter à applaudir un geste symbolique ? Puisque, en ce début de printemps, des enfants nous réveillent de notre torpeur hivernale de citoyens parfois un peu trop résignés, assumons aussi nos responsabilités d’adultes responsables, selon nos capacités et notre niveau de pouvoir !

Petit rappel historique

Il y a cent ans nous étions en pleine guerre mondiale. La « Première » dit-on souvent. C’est oublier que quatre siècles plus tôt l’Europe s’était lancée à la conquête du monde à travers l’invasion coloniale et qu’elle avait réussi à s’approprier, y compris au terme de plusieurs génocides, des continents entiers comme l’Australie et l’Amérique (du nord au sud), peuplées aujourd’hui majoritairement de descendants de colons européens.

Plus près de nous, en 1916, en pleine guerre 14-18, Britanniques et Français signaient des accords par lesquels ils se partageaient le Proche-Orient riche en ressources pétrolières en y créant des États-nations favorables à leurs intérêts, sans aucune consultation des populations concernées. Provoquant ainsi des conflits interminables, relayés dès la fin du XXe siècle par les interventions militaires des U.S.A. Une situation chaotique et explosive qui allait  susciter  l’émergence  des  divers  courants djihadistes dans la région.

Aujourd’hui quand les multinationales du lobby pétrolier, de l’extraction minière ou de l’agrobusiness en viennent à susciter des conflits armés, des populations entières se retrouvent sur les routes de l’exil. Le triste cortège des migrants n’est pas près de finir ! Pendant ce temps les pays industrialisés, dont nous sommes, continuent de tirer profit de ces ressources naturelles par une guerre économique implacable.

Une récente étude d’Oxfam nous révèle que « La différence entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grande. 8 milliardaires possèdent aujourd’hui autant que 3,6 milliards de personnes ». (Magazine Oxfam-Solidarité – mars 2017). Et pardessus le marché, c’est le cas de le dire, nous guerroyons loin de nos frontières pour combattre la barbarie alors qu’elle n’est que la réponse au « terrorisme des puissants » (Noam Chomsky).

En cette année 2017, on relève 15.000 armes nucléaires réparties entre 9 États ainsi que sur les bases de l’OTAN (dont celle de Kleine-Brogel en Belgique). Le président des U.S.A. veut augmenter de 54 milliards de dollars le budget de la Défense. Steve Bannon, son conseiller, affirme qu’une troisième guerre mondiale est inévitable et qu’ « il en sortira une Amérique victorieuse et purifiée ».

Même si tout cela est très préoccupant, allons-nous nous laisser intimider ? L’exercice de la citoyenneté se limite-t-il à glisser de temps en temps un bout de papier dans les urnes ? Nos préoccupations quotidiennes, si légitimes soient-elles, doivent-elles masquer les événements de demain, prévisibles… et donc corrigibles tant qu’il en est temps ?

Intouchables ?

ÉDITO

Ceux que nous voulons dénoncer sont-ils intouchables ?

Il aura suffi de quelques générations d’hommes bien placés pour contrôler tous les rouages du système, sans que rien ni personne ne les en empêche. Consortiums énergétiques, industries agroalimentaires, pharmaceutiques, électroniques, sécuritaires, transports, secteur bancaire, tout leur appartient, même nos plus prestigieuses universités qui enseignent aux futures élites la belle doctrine qui préservera ce système. Quand les lois sont si complexes qu’elles deviennent impossibles à appliquer, la seule qui prévaut est la loi du plus fort.

L’or noir, nous en sommes devenus esclaves. Nous avons moins soif d’équité et de vérité que d’appareils électroménagers, de voitures, de médicaments, d’électronique en tout genre, de lumières pour donner aux nuits l’aspect du jour, de toute cette boulimie d’énergies dont ils sont devenus les propriétaires. Et il nous faut encore plus, toujours plus. L’énergie est devenue le ciment de la cohésion sociale, et sa maîtrise le plus puissant des pouvoirs.

Sur quelles  terres sommes-nous allés guerroyer ces dernières années au nom de la démocratie ?

Là où le pétrole coule à flots, là où se trouvent les  terminaux pétroliers. Avons-nous compté les victimes ? Les grands argentiers financent les campagnes électorales et les politiciens qu’ils font élire leur doivent allégeance. Les postes-clés sont distribués à leurs hommes. Banques centrales, Trésor, Cour suprême, Sénat, Parlement, commissions, tous obéissent à une même chose : le pouvoir qui leur est confié et qu’ils veulent conserver. Ils ont tout corrompu.

Quand les peuples prétendent vouloir prendre leur destinée en main et que les choses commencent à leur échapper, il suffit de faire trembler les marchés. Quoi de mieux qu’une bonne crise économique pour mettre peuples et gouvernements à genoux ?

Nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou.

Le plus libre des entrepreneurs n’est jamais que l’obligé de son banquier quand il lui doit de l’argent, et nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou alors que les multinationales accumulent plus de liquidités que nos États n’en auront jamais.

Les populations se serrent la ceinture, sont soumises à des politiques de plus en plus rigoristes, tandis que les multinationales échappent à toutes règles. Avez-vous eu l’impression que les promesses de mettre un peu d’ordre dans les hautes sphères de la finance avaient été tenues depuis la grande crise ?

Quel est le chroniqueur de la Colupa qui a commis cet édito ?… Ne cherchez pas… On s’est contenté de l’emprunter (sous-titres y compris) à l’un des personnages de Marc Levy dans les dernières pages de son roman « Un sentiment plus fort que la peur ».

 

Coup d’œil sur l’actualité

« 17 attaques terroristes en Europe en 2015. En 2014 seulement quatre. »

« Un rapport peu optimiste d’Europol sur la menace terroriste. »

« Une fois que l’État islamique sera défait, il n’y a pas de doute, il sera remplacé par un autre. »

Voilà quelques titres récents parus dans la Presse. Nul besoin d’éditorial pour les commenter.

Ces jours-ci, les mêmes organes de Presse reprennent fidèlement la communication du Ministère de la Défense annonçant la longue liste de nos interventions militaires programmées pour 2017 dans le cadre du Readiness Action Plan de l’OTAN  : Irak, Syrie, Mer baltique (pays voisins de la Russie), République Démocratique du Congo, Mali, Niger, soulignant le rôle important joué par nos F16.
Monsieur le Ministre de la Défense, il nous manque malheureusement la liste des opérations programmées par nos adversaires, ceux que nous sommes censés combattre pour défendre notre pays… si loin de nos frontières.

LA PAIX ÇA S’APPREND

Guérir de la violence et du terrorisme

par DAVID VAN REYBROUCK  et  THOMAS D’ANSEMBOURG
Aux Éd. ACTES SUD    http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/la-paix

Extrait de l’ouvrage : Face à la montée des violences et du terrorisme, rien n’est fait pour apprendre la paix. Il y a un coûteux ministère de la guerre. Nous avons une administration et une armée de fonctionnaires avec ses corps d’élite, des moyens considérables de recrutement, d’entraînement, de communication, d’espionnage, de recherche scientifique, et une importante couverture médiatique…
Et la paix ?…  Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation des programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique? Où sont les budgets, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA CRISE MIGRATOIRE ET LA POLITIQUE DES GRANDES PUISSANCES OCCIDENTALES

Le cas tragique du Moyen-Orient

par Jean-Christophe Defraigne (Université Saint-Louis. Bruxelles)

Téléchargez ci-dessus le texte complet de la retranscription de l’intervention que Jean-Christophe Defraigne a faite, non pas le 22 novembre à Arlon, mais au printemps, dans le cadre de la Semaine sociale du MOC. Cette intervention était très proche de celle d’Arlon quant à son contenu. Voici un lien pour écouter la même intervention (si vous êtes plus « oral » qu’ « écrit ») : https://soundcloud.com/radio27-be/jean-christophe-defraigne-universite-saint-louis

« La crise migratoire de l’UE que subissent des millions de réfugiés est largement la conséquence de plusieurs décennies des politiques étrangères des grandes puissances occidentales au Moyen-Orient. Pour en comprendre la cause, il nous faut analyser les interventions impérialistes des puissances européennes et la manière dont elles ont façonné ou détruit durablement les États au Moyen-Orient. »  (…)

Enfin un peu d’Histoire face à la désinformation systématique des grands médias de plus en plus contaminés par la propagande de guerre.

Un 11 novembre comme les autres ?

L’ÉDITO  (*)

11 novembre : clairons, tambours et discours…

«Afin que personne n’oublie !». Ces jours-ci, comme chaque année, voilà une petite phrase que nous allons entendre et réentendre dans les discours de circonstance, reprise ensuite à travers le prodigieux réseau des médias dont nous bénéficions.

« Prodigieux » par l’étendue de son public et la puissance de ses moyens. Mais aussi débile et inopérant que les rituels, tambours et discours qui nous rappelleront qu’il y a 102 ans débutait la première guerre mondiale, sans vraiment tenter d’expliquer pourquoi cette longue suite de guerres et de conflits mondiaux n’a cessé de défiler sous les yeux de quatre générations successives jusques et y compris ce 11 novembre 2016.

Nous sommes donc toujours en guerre, bombardant à qui mieux mieux, avec partout et toujours le même noble dessein de défendre la veuve et l’orphelin. Fiers de ces progrès stupéfiants qui permettent aujourd’hui de massacrer… de plus en plus de victimes civiles, et de toujours mieux protéger les belligérants. Hommage soit donc rendu à ces chevaliers du ciel, à ces nouveaux héros de la guerre juste qui, combattant à plus de six mille mètres, d’altitude, n’ont plus la moindre goutte de sang sur les mains.

Ne voilà-t-il pas un nouveau thème bien d’actualité pour renouveler les discours convenus du 11 novembre ?

«Not in my name !»

Après tout, la guerre, c’est leur métier aux états-majors, aux militaires et aux industriels de l’armement (y compris à la FN Herstal, ce fleuron de notre industrie wallonne). Mais que dire des « responsables » de notre destin qui, le 11 novembre, et chaque jour de l’année, donnent le triste spectacle de leur irresponsabilité ? Prétendant défendre leurs compatriotes en continuant de confier à la violence le soin de nous procurer la paix et la sécurité au mépris des leçons de l’Histoire. Et singulièrement de cette première guerre mondiale dont le rappel est encore et toujours confié aux clairons, tambours et vains discours…

Mais le « not in my name », n’est-ce pas aussi à chacun de nous, citoyens, de le faire entendre ? Que des enfants défilent dans la rue « battant tambour pour la paix », fort bien ! Le symbole est joli. Et après ?… Où sont les adultes ?  Les détenteurs de l’autorité à tous les niveaux de responsabilité ? Les institutions éducatives et humanistes de tous bords ? Les mouvements citoyens en quête d’alternatives pour un monde meilleur ?… Si peu de réactions, si peu d’allusions aux guerres que nous menons, l’attention n’étant portée que sur leurs conséquences : attentats, insécurité, migrants, nouveaux bombardiers, nouvelles restrictions sociales, etc.  Comment comprendre cette résignation, cet aveu silencieux d’impuissance face à l’interminable calvaire que l’humanité s’inflige à elle-même depuis des siècles, comme si la guerre était à jamais une fatalité, la violence une nécessité et la volonté des citoyens pure chimère ?

« Qui veut peut…».

La guerre économique, qui n’est jamais qu’une variante plus sophistiquée de la guerre tout court, avec les mêmes objectifs de conquête et de domination, suscite elle aussi souvent le même sentiment de résignation. Pourtant la récente victoire des opposants au CETA (sans nous attarder sur l’ampleur exacte du succès) prouve que lorsque des mouvements citoyens se mobilisent vraiment les premiers résultats ne se font pas attendre. Car c’est d’abord leur détermination qu’il faut saluer – cela n’a pas été assez dit –, sans laquelle aucune mobilisation politique n’aurait été envisageable. Provoquant du même coup la stupeur dans les rangs d’un certain nombre d’eurocrates ligués au grand business international, tellement habitués à la docilité de leurs sujets !

Alors, ce 11 novembre 2016 sera-t-il, une fois de plus, le rappel d’une soi-disant victoire de la Paix quand elle ne fut qu’une victoire de la Violence? Engendrant d’autres violences, d’autres guerres à n’en plus finir. Un frémissant et horrifique souvenir des atrocités commises par l’Ennemi ? Un émouvant hommage rendu aux malheureuses victimes ?… Rien de plus ?… Ah ! si,  bien sûr : quelques vœux pieux pour « la paix dans le monde ». Ou, selon le cas, un regain de ferveur patriotique face au nouvel Ennemi.

Chère Anne Morelli, ne vois-tu rien venir ?… Toi qui nous parlais si bien, il n’y a pas si longtemps, des « Dix commandements de la propagande de guerre ». Largement diffusés dans notre pays et ailleurs, et soudain oubliés semble-t-il. Black-out, autocensure, union sacrée face à l’Ennemi ?  « Comme en 14… ».

C’est bien parti, une fois de plus.

Depuis cent ans (et bien avant), même résignation, assortie de ce facile aveu d’impuissance : « Ces décisions nous dépassent ! ».

Non la guerre n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes qui la font. Qui, sinon eux (sinon nous), pourront la défaire et nous en libérer ?… Si nous nous en donnons les moyens.

D’accord ? Pas d’accord ?…

Yvon Sondag


(*) Suite à la question d’un lecteur désireux de savoir si nos messages périodiques reflétaient « la position officielle de la Colupa », les membres du bureau réunis à Arlon le 5 octobre ont décidé que ces messages prendront désormais la forme d’un ÉDITO signé, à tour de rôle, par l’un de nos membres désireux d’exprimer son point de vue sur l’actualité, en lien avec notre positionnement déjà affirmé sur la guerre et réactualisé dans notre déclaration commune ci-jointe, « Que faire face à la barbarie ? » publiée à la suite des attentats de Paris et de Bruxelles.   

Coups d’oeil sur l’actualité.

Succès de la manifestation contre le TTIP, le CETA et autres bienfaits de la mondialisation

 Le front commun de la colère réunissant citoyens, associations, syndicats, ONG, pouvoirs locaux, PME, agriculteurs et tous ceux qui s’opposent à ces traités de « libre échange » peut se réjouir du franc succès de la manifestation d’hier à Bruxelles et des échos bien mérités qu’en ont donnés un certain nombre de médias dès ce mardi soir. Cela à quelques heures d’un vote décisif (concernant le CETA) dont nous avons déjà parlé. http://www.rtl.be/videos/categorie/rtl-info-19h/4760.aspx

La Wallonie n’a jamais autant exporté d’armes vers l’Arabie saoudite

Hier toujours, échos plus discrets dans la Presse. « Le chiffre d’affaires qu’ont réalisé les entreprises wallonnes dans la vente des armes à l’Arabie saoudite en 2015 représente 575 millions d’euros, soit 60 % de l’exportation des armes wallonnes. L’Arabie saoudite reste, comme en 2014 et de très loin, le meilleur  client des entreprises wallonnes et des 15.000 emplois directs et indirects attribués au secteur ». Sans commentaires.

http://www.lesoir.be/1321300/article/economie/2016-09-19/60-des-armes-wallonnes-vendues-en-arabie-saoudite

La maison du CAL à Virton portera le nom du pacifiste Henri La Fontaine

Qui se souvient des Prix Nobel de la Paix dont s’honore notre pays ? Par son initiative, le Centre d’Action Laïque nous rappelle la haute figure de Henri La Fontaine, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1913 et cofondateur du Bureau international de la Paix qu’il présidera de 1907 à sa mort en 1943. D’autres concitoyens détenteurs de ce prestigieux titre ?… Auguste Beernaert (1909), l’Institut de Droit international (1904) et, plus près de nous, le Père Pire (1958). Une série d’événements autour de la Journée Portes Ouvertes du 1er octobre vous est proposée par le CAL. retrouvez ici le programme de la journée inaugurale et sur son site les autres événements proposés à cette occasion.

Parmi les nominés du prochain Godefroid

Parmi nos associations-membres, les organisateurs de la Petite Foire sont nominés dans la catégorie « Développement durable ». Et l’équipe du Gletton dans la catégorie « Culture ». Il est toujours bon de le savoir… Des jurys, dans chaque catégorie, décerneront leurs prix. Les citoyens, eux, pourront voter pour le prix du public.

Plus  d’infos :www.lesgodefroid.be.

Rentrée des classes. Une société sans école ?

« Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? »

La chanson est démodée, la question toujours d’actualité… Bien entendu, posée en ces termes, elle ne pourrait, en ce jour de rentrée scolaire, que perturber un peu plus profs, parents et élèves déjà confrontés à l’abyssale question de ces deux heures de cours de rien, selon la qualification dédaigneuse qui accueillit cette réforme de l’enseignement fondamental, aujourd’hui d’application. Pourtant, dès 1971, dans un essai social d’une exceptionnelle rigueur, Ivan Illich revendiquait carrément une société sans école (*).

 Une école au service de qui, de quoi ?

Bien d’autres observateurs lucides ont succédé au célèbre sociologue. En pure perte semble-t-il, puisque nous avons fini par nous résigner à ce type d’enseignement qui – à l’exception de quelques tentatives méritoires au niveau maternel et fondamental – n’est plus, pour l’essentiel, que le fidèle serviteur de l’Establishment. Confondant allègrement savoir et savoir-faire, ce qui du moins nous ouvre toutes larges les portes au monde des affaires, de la compétition, de la réussite professionnelle. Que voulez-vous de plus ?

 D’abord une question d’arithmétique…

On n’a donc plus à s’étonner de l’ignorance crasse de notre Histoire. Celle qui nous a entraînés dans toutes ces guerres où les humains – chez nous et ailleurs – n’ont cessé de combattre la barbarie par la barbarie… Jusqu’à ce 1er septembre 2016 où – rentrée scolaire ou pas – nous bombardons sans état d’âme des enfants, des innocents, des civils en Syrie, en Irak et ailleurs. Combien de morts, de blessés, de migrants victimes de nos « dégâts collatéraux ». ?… Addition de malheurs, soustraction de vies humaines, multiplication de la haine, divisions revanchardes, quel prof de math se risquera, cette année, à choisir ses exemples dans une vie réelle qui, en dépit des apparences, nous concerne de si près ?

Et puisqu’on évoquait, au début de ce message, la question des cours de philosophie et de citoyenneté, va-t-on voir, p. ex., que, pour mieux « vivre ensemble », des musulmans iront demain à l’église et des chrétiens à la mosquée ?…(**). Tant d’exemples pourraient être cités qui permettraient de réduire les tensions, les divisions, les conflits, les crimes, les guerres, bref toutes ces géniales solutions à leurs problèmes que les humains ont confiées à la violence.


(*) Une société sans école. Traduit de l’anglais. Paris. Ed. du Seuil. 1971.
(**) http://deuxheurescestmieux.be/