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Avions F-35. Commerce des armes. Bertrix 8 novembre.

Deux titres parus à la une du quotidien L’Avenir de ce lundi 22 octobre :

ACHAT DES AVIONS F-35 : COMME SI C’ÉTAIT FAIT…

Et un peu plus bas :

LA WALLONIE POURRAIT CESSER DE VENDRE SES ARMES

Dans le premier titre, un conditionnel de pure forme qui équivaut à une affirmation. Bienvenue aux F-35 ! Dans le second, on devine : pas question de cesser de vendre nos armes. À l’Arabie saoudite (ou ailleurs). On a compris.

D’où l’intérêt de la rencontre qui se déroulera au Centre culturel de Bertrix le 8 novembre à 20 h…

« Quel armistice ? Un marché florissant : le commerce des armes »

Infos et réservations : 061/41 23 00 – cc.bertrix@belgacom.net.  PAF : 4 € (au profit de la Colupa)

Cette question sera abordée par Luc Mampaey, du GRIP (Groupe de recherche etd’information sur la paix et la sécurité) et Montserrat Carreras (Amnesty) qui évoqueront les différents aspects de ce vaste sujet pour nous permettre de nous forger en toute connaissance de cause, notre propre opinion.

En seconde partie de soirée, un échange-débat, modéré par Bruno Bodeux, de la Colupa, permettra à chacun de s’exprimer sur le sujet, voire de s’impliquer activement dans des projets et actions menés conjointement par la Colupa, le CNCD 11 11 11 et Amnesty International. (*)

Personne ne peut l’ignorer, chaque jour, des millions de personnes souffrent des conséquences directes et indirectes du commerce des armes. Comment arrêter ce massacre ?

Au moment où nous commémorons un peu partout le centenaire de l’Armistice de 1918, qui était censé inaugurer une paix mondiale, il est salutaire de s’interroger sur l’état du monde actuel et sur la prolifération des armes traditionnelles, chimiques, voire nucléaires qui démontrent à quel point la Paix est loin de régner sur notre terre. D’après les historiens, la période de paix totale cumulée de 1945 à nos jours n’excède pas … trois mois !

Il est plus que jamais urgent de s’interroger sur le commerce des armes et sur les  dérives de ce marché florissant qui entraînent notamment certains États producteurs d’armes à déverser sans vergogne leur marchandise en territoires occupés, fermant les yeux sur l’usage qui en est fait ou pire, générant eux-mêmes ces guerres par leur comportement « diplomatique ».

Entre autres fournisseurs : la Belgique et la FN dont la Région Wallonne est actionnaire à 100 %, c.-à-d. vous et moi.

Cela ne mérite-t-il pas le temps d’une solide réflexion et la prise en compte d’initiatives citoyennes témoignant de notre sens des responsabilités ?

(*) Cette soirée s’inscrit en parallèle avec le spectacle December Man programmé le 25 octobre à 20h au Centre culturel de Bertrix qui évoque intelligemment le phénomène des tueries ayant pour cible des étudiants dans leurs écoles aux USA.

Journée de la Paix ce 21 septembre. Qu’en ferons-nous ?…

En 2015 l’Assemblée générale des Nations Unies a consacré cette Journée au renforcement des idéaux de paix, tant au sein des nations et des peuples qu’entre ceux-ci.

C’était dans le cadre des 17 objectifs du développement durable, l’objectif n° 16 étant dénommé « Paix, justice et institutions efficaces »

2018 commémore en même temps le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et le 100e anniversaire de l’Armistice marquant non pas exactement la fin de la Première Guerre mondiale mais plutôt les préparatifs de la Seconde (si l’on veut bien revoir attentivement ses cours d’histoire).

Curieusement, la Déclaration universelle des droits de l’homme ne contient pas d’article distinct sur « le droit à la paix ». C’est pourquoi, cette année, les initiateurs de la journée mondiale de la Paix invitent chacun d’entre nous à agir.

Comment ?… Voici les trois suggestions qu’ils nous adressent :

  • Cherchez à régler pacifiquement les conflits lorsque ces derniers surviennent autour de vous.

  • Enregistrez une vidéo de vous en train de lire l’un des 30 articles de la Déclaration dans l’une des 135 langues actuellement disponibles et partagez votre vidéo avec vos amis.

  • Réagissez lorsque les droits de quelqu’un d’autre sont menacés, investissez-vous pour défendre les droits fondamentaux des autres au travail, à l’école ou autour d’un repas. http://www.un.org/fr/events/peaceday/

Fort bien. Des conseils qui ne feront de mal à personne… Mais la paix se limiterait-elle à ces relations de proximité ?

Alors que la guerre est partout : la « vraie guerre », auxquelles nous participons chaque jour au sein de coalitions de plus en plus nébuleuses.

Et toutes les autres, qui ne sont pas « fausses » pour autant, mais au contraire font encore parfois plus de victimes sous couvert de légitime défense de nos intérêts économiques à travers un productivisme et un affairisme exacerbés. Y compris ces ventes d’armes dont est si fière notre Région Wallonne !

Une guerre économique qui attise partout les conflits sociaux, les ravages environnementaux, les dérèglements climatiques, la longue file des migrants, loin d’une Europe de plus en plus « cadenassée ».

Mais pas un mot là-dessus !

On aura beau sonner les cloches le 21 septembre, comme d’autres organisations nous y invitent, il est douteux que nos bombes se transforment ce jour-là en œufs de Pâques…

A propos, en pensant à Rome justement, nous pourrions peut-être nous rappeler le dernier message urbi et orbi d’un certain François interpellant « tous les responsables politiques et militaires afin que soit mis un terme à l’extermination en cours ». Et de citer ensuite une longue liste de pays victimes de la guerre, parmi lesquels ceux-là justement où nos F-16 se distinguent chaque jour qui passe. En attendant l’achat d’autres avions de chasse encore plus performants.

Tous les responsables politiques et militaires.

Cela veut bien dire : sans exception ! Afin que chacun balaie d’abord devant sa porte… Façon de parler quand on sait que nos bombes explosent à plus de 5000 km de chez nous.

Or combien voyons-nous de partis politiques – en campagne pour une double élection en 2018 et 2019 – inscrire ce souci-là dans leur programme ? Et combien de citoyens pour leur réclamer des comptes, dès qu’il s’agit de conflits liés à nos intérêts économiques et à notre petit horizon quotidien ?

Justement l’occasion nous est donnée de réagir ce mercredi 19 septembre de 18 h à 22 h 30 à l’APÉRO ÉLECTIONS COMMUNALES organisé dans l’ancien Palais de Justice à ARLON !

Consultez : https://www.cncd.be/election-communale-2018-apero-politique-arlon.

 

Remplacer nos F-16 par quoi et pourquoi ?

Par delà les calculs d’épiciers (en gros !) autour du prix des différents modèles d’avions destinés à remplacer nos futurs F-16, chose qu’a déjà décidée notre Gouvernement sans consulter jusqu’à présent les citoyens, voici l’avis de Thierry Bingen, membre des instances dirigeantes du Mouvement DEMAIN, publié dans Le Vif/L’Express de ce mercredi 27 avril. Nous soulignons les mots-repères.

Quand un F-16 décolle de la base de Florennes, il quitte généralement le ciel belge dans les six minutes.En d’autres termes, de tels avions n’ont aucun sens par rapport aux mots « défense nationale »Son successeur ne sera sans doute pas plus lent à se trouver hors du pays.

Posséder de tels avions n’a de sens que dans le contexte d’une alliance militaire. C’est le cas de nos F-16 qui sont pleinement intégrés dans les opérations de l’OTAN. Notre cinquantaine de bombardiers-chasseurs ont ainsi contribué à notre « défense nationale » en larguant des bombes sur l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie. Ils ont aussi patrouillé (sans larguer de bombes) dans l’espace aérien de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

Une alliance militaire se définit d’abord par une alliance politique. Même sans l’approuver, on peut comprendre le choix fait in illo tempore par les gouvernements belges de participer à une alliance antisoviétique. Depuis l’implosion de l’URSS, on doit se poser la question de la participation à une alliance qui n’a plus d’ennemi déclaré.

On doit d’autant plus se la poser aujourd’hui que le leadership de cette alliance politique et militaire est aux mains d’un déséquilibré, tout aussi fantasque en politique étrangère qu’irresponsable dans ses choix nationaux. Nul ne sait où cette situation inédite peut conduire la planète. On constate quand même que plusieurs gouvernements européens, peu suspects de gauchisme anti-OTAN, parlent avec insistance, sous des prétextes divers, d’un nouveau concept d' »Europe de la défense ». Ils ne sont simplement pas tout à fait aveugles.

Il faut encore savoir qu’une partie des chasseurs-bombardiers « belges » sont équipés de façon à pouvoir transporter (et larguer…) des missiles nucléaires tactiques, entreposés aujourd’hui à Kleine Brogel. Si le commandement de l’OTAN (Washington donc) le décide, nos F-16 doivent donc être prêts à larguer le feu nucléaire sur les cibles que ce commandement leur désignera. Ce sont donc bien des pilotes belges aux commandes d’avions belges qui largueront des missiles nucléaires (américains) sur l' »ennemi » désigné. Une riposte, même proportionnée, de la part de cet ennemi entraînera donc au moins des tentatives de bombardement nucléaire de la Belgique. Les risques que nous redoutons quant à Doel 2 et Tihange 3 seraient ravalés au rang de l’anecdote.

Or, un des « avantages » présentés dans l’actuel marchandage quant au remplacement de nos F-16, est la capacité du F-35 d’embarquer ces missiles nucléaires sans transformations coûteuses, comme ce serait le cas si l’on choisissait une des propositions alternatives. C’est donc une excellente raison pour tout citoyen soucieux de préserver son pays du feu nucléaire de refuser sans appel le choix de ce F-35.

Il n’est pas inutile non plus de rappeler que ce F-35 est tellement « moderne » qu’il est loin d’être au point et donc opérationnel quasiment nulle part. On comprend le forcing du gouvernement américain de multiplier les ventes de cet aéronef défectueux afin de répartir le coût de sa mise au point, pour autant qu’on y arrive un jour. (On se souviendra de la saga du F-104, le « cercueil volant », qui n’a jamais pu être mis au point, adopté par plusieurs alliés des Américains, mais jamais par eux-mêmes.)

C’est là donc deux raisons majeures de s’opposer au remplacement des F-16 par ces F-35.

À ce stade, on devrait évidemment se demander pourquoi même s’équiper de chasseurs-bombardiers pratiquement incapables d’intervenir sur leur territoire national. Le fait est que, depuis quelques dizaines d’années, les gouvernements belges ont définitivement renoncé à toute idée de « défense nationale ». Notre sort a été totalement mis entre les mains de l’OTAN et nos choix en matière de défense sont ceux que l’OTAN nous assigne.

Vu notre taille et notre poids géopolitique, nous sommes donc réduits au rôle de larbins. 

Il reste, sans doute, deux autres avions dans la course absurde au remplacement des F-16 : l’Eurofighter britannique et le Rafale français. Si l’on admet que le coût avancé aujourd’hui pour ces engins est sensiblement identique (environ 100 millions d’euros pièce), et que les retombées économiques pour le pays seraient plus ou moins comparables (quelques milliards d’euros et quelques milliers d’emplois, mais ce sont des chiffres invérifiables), il faut se poser la question de nos propres choix en termes de géopolitique au cas où l’Alliance atlantique se déliterait avant la fin de vie de cette coûteuse flotte. Envisageons-nous de rester proches des Britanniques, qui s’apprêtent à larguer les amarres de l’alliance économique, ou plutôt des Français dont les frontières ne sont pas près de s’éloigner ?

À défaut de pouvoir enterrer le funeste projet de remplacer des chasseurs-bombardiers, inopérants pour NOTRE défense nationale, il faut se résigner au choix qui est le moins absurde pour notre contexte géopolitique, et ce quelles que soient les préférences des militaires, qui doivent rester aux ordres du pouvoir politique, et surtout pas l’inverse.

Dix-huit militants pacifistes arrêtés à Bruxelles

C’est évidemment moins spectaculaire que les « désordres » de ces derniers jours dans la capitale. Moins « rentables » pour les médias et moins sexy pour les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes en tous genres. Rappelons donc que ce jeudi 23 novembre, des militants d’Agir pour la Paix et de Vredesactie ont perturbé la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense (AED) au cours de laquelle quatre cents marchands d’armes, lobbyistes et décideurs se sont retrouvés pour débattre de l’avenir de la défense européenne.

La conférence devait se dérouler à huis clos, à l’abri des critiques citoyennes. «Nous refusons d’externaliser notre sécurité à l’industrie de l’armement, a expliqué l’un des militants. Cela ne fera que conduire à plus d’exportations d’armes, plus de violence, plus de guerre». La police a procédé à 18 arrestations administratives.

L’AED a invité en 2016 près de trois cents représentants de l’industrie de la défense. «Il s’agit d’une agence européenne officielle financée par des fonds publics, a expliqué Bram Vranken de l’organisation néerlandophone Vredesactie. L’AED ne devrait pas répondre à l’industrie de l’armement mais devrait plutôt rendre des comptes aux citoyens européens.»

Le lobby de l’armement occupe une position influente au sein de l’UE: en 5 ans, l’ensemble du budget annuel investi dans le lobbying par les dix premières compagnies d’armement européennes a doublé, passant de 2,8 millions€ à 5,6 millions€, ce qui prouve son efficacité… Certaines propositions faites par la Commission européenne ont été presque littéralement copiées-collées des recommandations faites par ces lobbies. Ni la société civile ni le Parlement européen n’a bénéficié d’une participation substantielle à ces décisions de grande portée.

La semaine précédente,  le Conseil européen avait donné le coup d’envoi de la coopération structurée permanente (PESCO), censée compléter l’OTAN. Les 23 pays participants se sont engagés à dépenser davantage pour la défense et l’achat de matériel militaire. Au sein de PESCO, il existe un fonds européen de défense estimé à 40 milliards d’euros, destiné à la recherche et au développement de nouveaux armements.

Tout cela évidemment au nez et à la barbe des citoyens, de leurs représentants politiques et du monde associatif.

Dès que l’on parle de la Belgique en guerre, capitulation générale sur tous les fronts. À l’exception des champs de bataille où nos bombardiers et nos instructeurs militaires profitent de l’unanime silence des pantoufles.

Trump et l’OTAN à Bruxelles. Justice migratoire à Chassepierre.

Le terrorisme des puissants : ce 25 mai à Bruxelles !

TrumpC’est à une démonstration de force sui generis que nous aurons, nous « petits Belges », le discutable privilège d’assister le 25 mai. En présence des chefs d’État des 29 pays alliés, notre ministre de la Défense remettra à l’OTAN son nouveau siège, un projet pharaonique de plus d’un milliard d’euros, dont notre pays a piloté la construction depuis une dizaine d’années. Le président Trump sera présent, lui aussi, dès la veille dans cette bonne ville de Bruxelles qu’il qualifiait encore de « trou à rats » en janvier 2016.

AGIR POUR LA PAIX nous propose plusieurs rendez-vous les 24 et 25 mai et différents modes d’action pour nous permettre de manifester contre les aventures militaires, pour la défense de l’environnement et de notre planète, pour la défense des droits humains de TOUS et de TOUTES, pour la lutte contre le racisme et les discriminations. « Nous voulons le faire avec le soutien d’une plateforme d’organisations la plus large possible afin d’unir nos forces. »
http://agirpourlapaix.be/24-05-manifestation-contre-trump-et-lotan/

D’autres dirigeants que Trump sont atteints de la même schizophrénie. Ils nous obligent à chaque sommet de l’OTAN à investir plus de moyens dans l’armement et dans le rejet des réfugiés victimes de leurs propres guerres. Quant aux associations vraiment courageuses et lucides dans leur engagement solidaire envers les réfugiés, elles se font blâmer et condamner, comme Médecins sans Frontières, pour pactiser avec l’ennemi en se portant au secours des naufragés… Pendant ce temps la Turquie gère le scandaleux Pacte migratoire du 18 mars 2016 conclu avec l’Europe – bien plus efficace qu’un simple mur de la honte! – pour une manne de 300 millions d’euros renouvelable. Voilà où en est.

Justice migratoire du 19 au 21 mai à Chassepierre

La première des justices envers les réfugiés, c’est de lutter contre les causes de leurs malheurs. Elles sont diverses, on le sait, mais la plus insupportable est celle de notre participation à une coalition guerrière qui prétend imposer une nouvelle version de la pax romana, partout où nos intérêts économiques sont en jeu. Triste civilisation qui se drape dans les oripeaux de l’ex-aventure coloniale pour continuer à semer la mort au nom de « nos valeurs démocratiques »! Ajoutant de la violence à la violence, de la barbarie à la barbarie, comme en Syrie où l’on dénombre déjà plus de 400.000 morts et des millions de civils ayant fui leur pays, comme en Irak, en Afghanistan, au Yémen, dans les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad où nos alliances militaires nous rendent complices d’une guerre économique implacable sous couvert d’opérations humanitaires et sous le tabou du « secret Défense ».
Tout cela dans une indifférence quasi générale. « Nous ne savions pas! » : la belle excuse qui se répète de conflit en conflit. Avec le fameux « Plus jamais ça! » de sinistre mémoire qui, n’en doutons pas, va retrouver une nouvellefraîcheur à l’occasion du prochain centenaire de l’armistice de 1918…

Chassepierre 19, 20 et 21 mai


C’est ce que notre Coalition pour la Paix tentera de rappeler lors des Assises « Justice migratoire » qui se tiendront le prochain week-end à Chassepierre, organisées par le CNCD et une plateforme d’associations. Nous le ferons à travers diverses informations et moments choisis, tels que l’atelier des revendications citoyennes du vendredi 19 à 17 h et le débat à 20 h sur le thème «  Migrations : le vrai du faux », animé par Pascal Claude avec Carine Thibaut, François De Smet et Hervé Le Bras.

Ces assises se tiennent aussi d’avril à juillet à Mons, Namur, Louvain-la-Neuve, Liège, Bruxelles, preuve que la question des migrants dépasse de loin aujourd’hui la simple dimension humanitaire de l’accueil.

Pour plus d’informations sur ces diverses initiatives et sur le programme complet du prochain week-end à Chassepierre : http://www.cncd.be/assiseslux.

Entre la peste et le choléra

Curieuse démocratie où les électeurs sont condamnés à ne pas utiliser leur droit de vote ou à l’accorder à des candidats qu’ils exècrent. Cette impasse que connaît la France d’aujourd’hui se décline de différentes manières dans un mode de gouvernance prônant, chez nous comme ailleurs, des valeurs démocratiques, prétendant même les propager (fût-ce au prix de la guerre) et favorisant, dans le même temps, partout l’avancée de la dictature de l’argent.
La dictature de l’argent, c’était déjà en 2012 le thème d’une de nos « Journées provinciales d’échanges et de concertation ». On a bien progressé depuis… Il suffit de voir comment prospèrent les affaires au sein de la classe politique belge, dénoncées depuis tant d’années et toujours recommencées… à peine terminé « le grand nettoyage » !
Mais plutôt que de nous donner nous-mêmes le mal d’écrire un long éditorial à ce sujet, empruntons-le en partie à Emmanuel Huet, commentant dans L’Avenir de ce vendredi matin le tout récent « vote de la honte pour la Belgique » en faveur de l’entrée de l’Arabie Saoudite à la commission de l’ONU sur la condition de la femme. Ci-dessous le titre et la conclusion de l’auteur.

Négationnisme à la belge

« La Belgique est incapable de tenir une position ferme face à ce royaume où les droits des femmes et les libertés d’expression sont quotidiennement bafoués. La Wallonie y voit un marché fructueux pour y écouler ses armes, la Flandre  se réjouit  d’un investissement de près de 4 milliards d’euros au port d’Anvers, le groupe Schréder a aussi illuminé la Mecque, a placé des milliers de leds à Ryad. Pour continuer à entretenir de riches relations commerciales avec la pétromonarchie, la Belgique fermait jusqu’à présent les yeux sur ces pratiques archaïques. Avec ce vote, elle s’inscrit désormais dans une dans une forme de négationnisme des femmes saoudiennes. »

L’OTAN, »la machine de guerre la plus agressive du monde »

Le 25 mai se tiendra un sommet de l’OTAN à Bruxelles, précédé de l’inauguration en grande pompe de son nouveau Quartier général. Les citoyens sont invités à participer à plusieurs actions, au choix, pour faire entendre la voix de la raison et non celle des armes : http://stopnato2017.org.
« L’Otan est la machine de guerre la plus agressive du monde, rappelle le mouvement Agir pour la Paix. Nous avons besoin, de toute urgence, de consacrer tous nos efforts à développer les réels facteurs de paix : justice sociale, climatique, économique… ».

Pour ceux qui ne le savent pas encore, la Belgique abrite une vingtaine de bombes nucléaires américaines, prêtes à être larguées par nos pilotes dès que nous aurons acquis, au prix fort, les super F-35 convoités par notre gouvernement. Pour l’instant nos F-16 se contentent de larguer des bombes « ordinaires » sur des gens ordinaires et quelques barbares enragés de ne pas pouvoir en faire autant. Pour l’instant.

Allons-nous bientôt répéter une fois de plus : « Plus jamais ça ! »

Rappelons que les Etats dotés de l’arme nucléaire dépensent, au total, 100 milliards de dollars par an pour la seule maintenance de cet arsenal. Plusieurs quotidiens signalaient ces jours-ci que le niveau mondial des dépenses militaires avait retrouvé le top niveau de la guerre froide.
Quand cesserons-nous d’être bernés par la propagande de guerre, autre outil performant pour les puissances d’argent qui, elles, ne connaissent ni patries, ni partis, ni idéologies. Mais qui s’en servent si bien, comme elles se servent de nos gouvernants et de leur inconsistance.
Répéterons-nous toujours, en pure perte, le fameux « Plus jamais ça » lancé à la fin de la guerre 14-18 ?
C’est donc cette soi-disant « fin de la guerre » que nous allons commémorer l’an prochain?… Allons-nous nous prêter, une fois de plus, à une telle comédie?… Ou saurons-nous enfin prendre nos responsabilités de citoyens et refuser les diktats que nous subissons
, de génération en génération, de la part de nos vrais ennemis : lesprofiteurs de guerre de tout acabit et – aussi ! – notre facile résignation à la spirale de la violence, au cycle infernal des guerres.

L’enfer pour toujours plus d’enfants

L’ÉDITO

Les membres du bureau, sans doute trop occupés par leurs engagements militants, n’ont guère le temps de se relayer au poste de chroniqueur, comme c’était convenu ! Qu’à cela ne tienne… d’autres alliés publient çà et là des points de vue qui pourraient parfaitement être les nôtres. C’est le cas pour Christophe Frison qui nous permettra de reprendre son billet publié ce matin 14 mars sur la page « Forum » du journal L’Avenir.

Le jour où ça va péter

A ma gauche MM. les Américains avec des milliers d’avions de combat, un budget de 600 milliards de dollars pour la Défense. A ma droite, MM. les Chinois, les Russes et les Coréens avec eux aussi quelques milliers de beaux avions, un  budget de 200 milliards de dollars pour s’équiper en armement. Au sud quelques États  qui rêvent de nous faire exploser. Et dans le monde 9 puissances nucléaires avec plus de 17.000 bombes atomiques. Bref, de quoi s’amuser et de faire un sacré feu d’artifice. Mais heureusement au milieu de tout ça, il y a la Belgique. Petit pays qui sabre dans les dépenses de sécurité sociale, dont les écoles sont parfois des containers, avec des citoyens pressés comme des citrons. Mais petit pays qui va trouver 35 milliards d’euros pour s’offrir 34 avions de combat. Y’a pas à dire, et même s’il faut pour cela plonger le peuple dans la précarité, le jour où ça va péter, ceux d’en face n’ont qu’à bien se tenir ! J’espère juste que nos avions auront le temps de décoller. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai un doute…

Christophe FRISON. Tournai

Et pour enchaîner…


À la veille des Tambours pour la Paix

« L’enfer pour toujours plus d’enfants »

Tués, violés, déplacés, privés de soins et d’instruction… Un rapport de l’Unicef fait état d’une situation de plus en plus dramatique pour les enfants syriens.

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170312_00972779/l-enfer-pour-toujours-plus-d-enfants

21 mars : journée mondiale des Tambours pour la Paix !

Plusieurs écoles vont participer à la journée mondiale des Tambours pour la Paix 

« Longtemps on a battu tambour pour envoyer les hommes à la guerre. Aujourd’hui les enfants d’Europe appellent les enfants du monde à battre tambour pour conduire le monde vers la Paix. »

Haulot Arthur.GIFC’est par cette déclaration que notre compatriote Arthur Haulot, grand résistant de la guerre 40-45, lançait en 1976 sa « Journée mondiale des Tambours pour la Paix« , célébrée durant de nombreuses années tous les 21 mars dans près d’une centaine de pays. Mais curieusement un peu oubliée ces derniers temps, au moment où nous en aurions le plus besoin !

La Coalition luxembourgeois pour la Paix a donc décidé de relancer cette campagne. Non sans difficultés… tant on observe de doutes, de résignation, d’aveux d’impuissance de la part de nombreux concitoyens qui se sentent complètement dépassés par les événements et ne croient plus beaucoup en nos vertus démocratiques !

En tout cas, une douzaine d’écoles ont dit « oui » dans trois pôles géographiques de notre province, Vielsalm / Paliseul, Fays-les-Veneurs, Bertrix / Chiny, Florenville, Herbeumont, en développant depuis janvier des projets pédagogiques orientés vers la thématique de la paix. Campagne qui culminera par la manifestation publique du mardi 21 mars. Les lieux et programmes définitifs seront signalés à travers les médias… merci d’y être attentifs!

Tout le monde est le bienvenu… Si vous nous signalez votre intérêt, nous vous enverrons plus de précisions dans les jours qui viennent.

Ceci dit, ne serait-ce pas un peu dommage, pour nous adultes, de nous limiter à applaudir un geste symbolique ? Puisque, en ce début de printemps, des enfants nous réveillent de notre torpeur hivernale de citoyens parfois un peu trop résignés, assumons aussi nos responsabilités d’adultes responsables, selon nos capacités et notre niveau de pouvoir !

Petit rappel historique

Il y a cent ans nous étions en pleine guerre mondiale. La « Première » dit-on souvent. C’est oublier que quatre siècles plus tôt l’Europe s’était lancée à la conquête du monde à travers l’invasion coloniale et qu’elle avait réussi à s’approprier, y compris au terme de plusieurs génocides, des continents entiers comme l’Australie et l’Amérique (du nord au sud), peuplées aujourd’hui majoritairement de descendants de colons européens.

Plus près de nous, en 1916, en pleine guerre 14-18, Britanniques et Français signaient des accords par lesquels ils se partageaient le Proche-Orient riche en ressources pétrolières en y créant des États-nations favorables à leurs intérêts, sans aucune consultation des populations concernées. Provoquant ainsi des conflits interminables, relayés dès la fin du XXe siècle par les interventions militaires des U.S.A. Une situation chaotique et explosive qui allait  susciter  l’émergence  des  divers  courants djihadistes dans la région.

Aujourd’hui quand les multinationales du lobby pétrolier, de l’extraction minière ou de l’agrobusiness en viennent à susciter des conflits armés, des populations entières se retrouvent sur les routes de l’exil. Le triste cortège des migrants n’est pas près de finir ! Pendant ce temps les pays industrialisés, dont nous sommes, continuent de tirer profit de ces ressources naturelles par une guerre économique implacable.

Une récente étude d’Oxfam nous révèle que « La différence entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grande. 8 milliardaires possèdent aujourd’hui autant que 3,6 milliards de personnes ». (Magazine Oxfam-Solidarité – mars 2017). Et pardessus le marché, c’est le cas de le dire, nous guerroyons loin de nos frontières pour combattre la barbarie alors qu’elle n’est que la réponse au « terrorisme des puissants » (Noam Chomsky).

En cette année 2017, on relève 15.000 armes nucléaires réparties entre 9 États ainsi que sur les bases de l’OTAN (dont celle de Kleine-Brogel en Belgique). Le président des U.S.A. veut augmenter de 54 milliards de dollars le budget de la Défense. Steve Bannon, son conseiller, affirme qu’une troisième guerre mondiale est inévitable et qu’ « il en sortira une Amérique victorieuse et purifiée ».

Même si tout cela est très préoccupant, allons-nous nous laisser intimider ? L’exercice de la citoyenneté se limite-t-il à glisser de temps en temps un bout de papier dans les urnes ? Nos préoccupations quotidiennes, si légitimes soient-elles, doivent-elles masquer les événements de demain, prévisibles… et donc corrigibles tant qu’il en est temps ?

Intouchables ?

ÉDITO

Ceux que nous voulons dénoncer sont-ils intouchables ?

Il aura suffi de quelques générations d’hommes bien placés pour contrôler tous les rouages du système, sans que rien ni personne ne les en empêche. Consortiums énergétiques, industries agroalimentaires, pharmaceutiques, électroniques, sécuritaires, transports, secteur bancaire, tout leur appartient, même nos plus prestigieuses universités qui enseignent aux futures élites la belle doctrine qui préservera ce système. Quand les lois sont si complexes qu’elles deviennent impossibles à appliquer, la seule qui prévaut est la loi du plus fort.

L’or noir, nous en sommes devenus esclaves. Nous avons moins soif d’équité et de vérité que d’appareils électroménagers, de voitures, de médicaments, d’électronique en tout genre, de lumières pour donner aux nuits l’aspect du jour, de toute cette boulimie d’énergies dont ils sont devenus les propriétaires. Et il nous faut encore plus, toujours plus. L’énergie est devenue le ciment de la cohésion sociale, et sa maîtrise le plus puissant des pouvoirs.

Sur quelles  terres sommes-nous allés guerroyer ces dernières années au nom de la démocratie ?

Là où le pétrole coule à flots, là où se trouvent les  terminaux pétroliers. Avons-nous compté les victimes ? Les grands argentiers financent les campagnes électorales et les politiciens qu’ils font élire leur doivent allégeance. Les postes-clés sont distribués à leurs hommes. Banques centrales, Trésor, Cour suprême, Sénat, Parlement, commissions, tous obéissent à une même chose : le pouvoir qui leur est confié et qu’ils veulent conserver. Ils ont tout corrompu.

Quand les peuples prétendent vouloir prendre leur destinée en main et que les choses commencent à leur échapper, il suffit de faire trembler les marchés. Quoi de mieux qu’une bonne crise économique pour mettre peuples et gouvernements à genoux ?

Nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou.

Le plus libre des entrepreneurs n’est jamais que l’obligé de son banquier quand il lui doit de l’argent, et nos belles démocraties sont endettées jusqu’au cou alors que les multinationales accumulent plus de liquidités que nos États n’en auront jamais.

Les populations se serrent la ceinture, sont soumises à des politiques de plus en plus rigoristes, tandis que les multinationales échappent à toutes règles. Avez-vous eu l’impression que les promesses de mettre un peu d’ordre dans les hautes sphères de la finance avaient été tenues depuis la grande crise ?

Quel est le chroniqueur de la Colupa qui a commis cet édito ?… Ne cherchez pas… On s’est contenté de l’emprunter (sous-titres y compris) à l’un des personnages de Marc Levy dans les dernières pages de son roman « Un sentiment plus fort que la peur ».

 

Coup d’œil sur l’actualité

« 17 attaques terroristes en Europe en 2015. En 2014 seulement quatre. »

« Un rapport peu optimiste d’Europol sur la menace terroriste. »

« Une fois que l’État islamique sera défait, il n’y a pas de doute, il sera remplacé par un autre. »

Voilà quelques titres récents parus dans la Presse. Nul besoin d’éditorial pour les commenter.

Ces jours-ci, les mêmes organes de Presse reprennent fidèlement la communication du Ministère de la Défense annonçant la longue liste de nos interventions militaires programmées pour 2017 dans le cadre du Readiness Action Plan de l’OTAN  : Irak, Syrie, Mer baltique (pays voisins de la Russie), République Démocratique du Congo, Mali, Niger, soulignant le rôle important joué par nos F16.
Monsieur le Ministre de la Défense, il nous manque malheureusement la liste des opérations programmées par nos adversaires, ceux que nous sommes censés combattre pour défendre notre pays… si loin de nos frontières.

LA PAIX ÇA S’APPREND

Guérir de la violence et du terrorisme

par DAVID VAN REYBROUCK  et  THOMAS D’ANSEMBOURG
Aux Éd. ACTES SUD    http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/la-paix

Extrait de l’ouvrage : Face à la montée des violences et du terrorisme, rien n’est fait pour apprendre la paix. Il y a un coûteux ministère de la guerre. Nous avons une administration et une armée de fonctionnaires avec ses corps d’élite, des moyens considérables de recrutement, d’entraînement, de communication, d’espionnage, de recherche scientifique, et une importante couverture médiatique…
Et la paix ?…  Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation des programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique? Où sont les budgets, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA CRISE MIGRATOIRE ET LA POLITIQUE DES GRANDES PUISSANCES OCCIDENTALES

Le cas tragique du Moyen-Orient

par Jean-Christophe Defraigne (Université Saint-Louis. Bruxelles)

Téléchargez ci-dessus le texte complet de la retranscription de l’intervention que Jean-Christophe Defraigne a faite, non pas le 22 novembre à Arlon, mais au printemps, dans le cadre de la Semaine sociale du MOC. Cette intervention était très proche de celle d’Arlon quant à son contenu. Voici un lien pour écouter la même intervention (si vous êtes plus « oral » qu’ « écrit ») : https://soundcloud.com/radio27-be/jean-christophe-defraigne-universite-saint-louis

« La crise migratoire de l’UE que subissent des millions de réfugiés est largement la conséquence de plusieurs décennies des politiques étrangères des grandes puissances occidentales au Moyen-Orient. Pour en comprendre la cause, il nous faut analyser les interventions impérialistes des puissances européennes et la manière dont elles ont façonné ou détruit durablement les États au Moyen-Orient. »  (…)

Enfin un peu d’Histoire face à la désinformation systématique des grands médias de plus en plus contaminés par la propagande de guerre.