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Guerres et famine : l’ONU s’inquiète

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé récemment devant le Conseil de sécurité une augmentation des ingérences étrangères en Libye et déclaré qu’il était temps d’y mettre mettre fin.

« Le conflit est entré dans une nouvelle phase, avec des ingérences étrangères atteignant des niveaux sans précédent, y compris dans la livraison d’équipements sophistiqués et le nombre de mercenaires impliqués dans les combats »

Il a déclaré également que l’ONU continuerait de travailler avec les parties en conflit pour parvenir à un cessez-le-feu et reprendre un processus politique « afin de mettre fin aux affrontements et à l’effondrement économique, malgré les grandes réserves de pétrole du pays ».

Syrie, Yémen, Libye… Au fait que deviennent ces pays en guerre ?… La pandémie du Covid-19 les a en grande partie effacés des actualités et des préoccupations quotidiennes. Et pourtant les populations affectées par ces conflits souffrent plus que jamais. Cette semaine, l’ONU a jeté un nouveau cri d’alarme à travers les médias : « Quelque 690 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et la pandémie va amplifier la tragédie en plus des conflits toujours en cours ».

Et nous ?…

Pendant ce temps l’entraînement de nos militaires se poursuit sans relâche. Nous avons le privilège, en Province de Luxembourg, d’apprécier de manière répétée les charmes du vrombissement de nos avions de chasse s’entraînant aux combats en basse altitude. Pour la bonne raison que nous sommes « la région la moins peuplée de Belgique », s’excuse gentiment notre ministre de la Défense. On nous signale aussi avec force détails sur le site de la Défense les nombreux achats de matériel militaire « répondant de manière toujours plus efficace aux normes et aux exigences des théâtres opérationnels actuels ». Par exemple, le déploiement d’engins robotiques dernier cri « permettant aux Chasseurs ardennais de s’entraîner en dépit des restrictions actuelles ».

On nous donne même en détails la longue liste des pays et régions où nous intervenons dans le cadre de l’OTAN et des multiples et nébuleuses alliances apparues ces dernières années : Afghanistan, Algérie, Bénin, Géorgie, JordanieMaliNiger, Région du Sahel, Tunisie, Ukraine, Zambie et autres opérations non désignées, couvertes par le «  Secret Défense ».

De quoi nous rappeler, en tout cas, qu’en plus du vilain virus s’acharnant soudain contre les humains, la guerre des humains contre les humains, elle, ne connaît pas de répit. Faut-il nous y résigner une fois pour toutes « parce qu’il convient d’assurer notre défense » ? Oui, répond d’une seule voix le trust militaro-industriel. Et nous, que répondons-nous, qui savons que d’autres stratégies existent pour mettre fin à l’absurde et suicidaire spirale de la violence?…

Dernière minute : Ce mercredi 15 juillet, la Ligue des droits humains, la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD) et Vredesactie, soutenues par la section belge francophone d’Amnesty International ont déposé au Conseil d’État deux recours en suspension en extrême urgence contre six nouvelles licences d’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite octroyées par le Ministre-Président wallon les 29 avril et 8 juillet derniers. Les ONG craignent que ce matériel soit utilisé au Yémen.

Exportations d’armes : nouvelles actions en justice intentée contre la Région wallonne

75 ANS… ET TOUJOURS LA GUERRE !

Il y a 75 ans, le 8 mai 1945, l’Europe sortait du pire des cauchemars qu’elle ait jamais connus. Trois mois plus tard, nos alliés américains larguaient la première bombe atomique et anéantissaient Hiroshima. Lors de la défaite du nazisme, un certain Wernher von Braun, SS-Sturmbannführer de son état et petit génie en recherches balistiques, s’était empressé d’offrir ses services à l’ennemi américain. Il allait jouer un rôle décisif dans la course à la bombe atomique et à la conquête de la Lune, une double compétition dans laquelle allaient s’engager et s’opposer férocement les USA et l’URSS, les deux superpuissances de l’époque.

« Avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, les guerres seront désormais impossibles »

C’est ce que déclarait le président des USA après avoir allumé l’enfer à Hiroshima. Le répit fut de courte durée. En 1949 l’URSS faisait exploser sa propre Bombe. En 1952, le Royaume-Uni. La France en 1960. La Chine en 1964. L’Inde en 1974. Le Pakistan en 1998. Le Traité de Non prolifération ne ferait qu’exciter la convoitise d’autres nations qui ne tarderaient pas à se procurer en catimini ce pouvoir emblématique de la puissance et de la bêtise humaines. Une longue Guerre Froide s’ensuivrait. Si mal nommée puisque, par alliés interposés, elle consumerait à travers de multiples brasiers une quantité incalculable de populations civiles, la plupart hors de notre continent. Pourquoi cela aurait-il dû nous perturber puisqu’il nous était enfin donné de vivre en paix?

En Europe

Nous oublions volontiers ce qui s’est passé entretemps sur le territoire de l’ex-Yougoslavie et lors des conflits répétés entre la Tchétchénie, la Russie, l’Ukraine – toujours d’actualité -, totalisant quelque six cent mille victimes à ce jour. Sans parler de la succession d’attentats perpétrés par « nos terroristes à nous », ceux de l’Action Directe, des C.C.C., de la Bande à Baader, des Brigades Rouges, de l’IRA, de l’ETA et autres mouvements sécessionnistes, avec un bilan bien plus lourd que celui des attentats djihadistes. Si depuis 1945, il est vrai, la plupart des pays européens ne se font plus ouvertement la guerre, en revanche nous n’avons jamais cessé de la faire ailleurs.

Sur d’autres continents

Il fallait maintenir à tout prix l’accès à nos sources d’approvisionnement en besoins d’énergies et de matières premières exigés par notre haut niveau de vie et de croissance, et cela à travers guerres néocoloniales et des coalitions de plus en nébuleuses. Contentons-nous de citer ici  les champs de bataille, les dates et les intervenants, chacun de nous pouvant obtenir plus de précisions à partir de sources parfaitement fiables :  1945-1950 Pays-Bas : Indonésie. 1946-1954 France : Indochine. 1950-1953 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Grèce : guerre de Corée. 1954-1962 France : Algérie. 1956 Royaume-Uni, France : Canal de Suez. 1979-1989 URSS : Afghanistan. 1982 Royaume-Uni : Îles Malouines. 1990-1991 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas : Golfe persique. 2011 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN  : Libye. 2001-2014 troupes de l’OTAN aux côtés des USA : Afghanistan. 2003-2014 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN : Irak.  2015-2017 Royaume-Uni,France, Belgique, Pays-Bas : Irak, Syrie. 2013-2018 France et appuis européens, dont la Belgique : région sahélo-saharienne. Ces guerres se déroulant en différents épisodes et s’enchaînant souvent les unes aux autres, plusieurs d’entre elles étant toujours en cours notamment au Moyen-Orient et dans la bande sahélo-saharienne avec la participation de notre pays.

Deux nouveaux empires

La Chine, l’Empire du Milieu, n’avait pas besoin d’extrémistes djihadistes ou autres bandits de grand chemin pour alliés. Il y avait belle lurette qu’elle s’était réveillée du cauchemar des canonnades franco-britanniques du XIXe siècle, lors des deux guerres de l’opium censées défendre le droit sacré du Libre Échange face à des nations récalcitrantes. Aujourd’hui Donald Trump et Xi Jinping s’accusent mutuellement d’avoir propagé l’ennemi public n° 1, le fameux coronavirus. Le premier, sans complexe, digne profiteur et successeur du colonisateur européen rêvant d’avoir le monde à ses pieds. Le second pas loin aujourd’hui de prendre sa revanche et remontant lentement les marches du Temple du Ciel à travers un nouvel empire capable de rejoindre et de dépasser un jour son rival.

En guise de conclusion devant un tel imbroglio, on pourrait se contenter de citer ces phrases extraites de l’Edito du journal L’Avenir de ce vendredi matin : « Si le mot de guerre a été utilisé par le président Macron pour qualifier la lutte contre la pandémie de Covid-19, on ne peut mettre sur un pied d’égalité les semaines difficiles que nous vivons et les années d’horreur que les citoyens du monde ont traversé à l’époque (…). La fin du nazisme et l’utilisation de l’arme atomique étaient porteuses de la division du monde en blocs et de bras de fer qui se poursuivent toujours ». Évoquant aussi les élans de solidarité dont les humains sont capables, l’éditorialiste conclut : « Il nous appartient de réinventer ces solidarités. »

Une coalition pour la Paix, comme la nôtre, malgré ses moyens limités, à la lumière de ces événements ne peut que s’engager toujours plus dans un combat difficile et pourtant incontournable si nous voulons éviter le pire et, à la place,  voir s’instaurer enfin un vrai début de paix, fait de justice et de solidarité à la fois au sein de notre pays et entre tous les peuples du monde. UN FAMEUX DÉFI !

Mais l’histoire a largement prouvé que jamais la violence ne nous conduira à la paix.

« La quarantaine » et autres soucis…

« LA QUARANTAINE »

Ce n’est pas l’âge moyen des membres du bureau de la Colupa. Loin s’en faut, la « Paix » n’étant pas apparemment un sujet très sexy. Mais notre coalition, heureusement, regroupe une vingtaine d’associations fortes de leur expérience mais aussi de leur jeunesse et de leur vitalité, dont les noms sont chaque fois rappelés au bas de nos messages périodiques. Ce sont elles qui comptent avant tout, engagées chacune dans un ou plusieurs des secteurs du combat citoyen. Qu’il s’agisse des inégalités sociales, de l’injustice fiscale, des désordres climatiques, des aberrations de l’agrobusiness, des relations Nord-Sud, de l’accueil des réfugiés… Autant de matières et de manières de contribuer à PLUS DE PAIX chez nous et dans le monde. Ce qui n’empêche évidemment pas qu’une coalition comme la nôtre mette l’accent sur les guerres « proprement dites » (curieuse expression!), souvent oubliées ou minimisées : la guerre « tout court », mais aussi la guerre économique qui – si on veut  bien y réfléchir – est à la source de la plupart des situations rappelées ci-dessus. Et notre « petit pays » y contribue largement à la fois par notre commerce des armes, nos engagements militaires et notre politique économique.

« NOUS SOMMES EN GUERRE »

Si on parle beaucoup de pandémie, de quarantaine, de confinement, on entend aussi, et de plus en plus souvent, l’expression « nous sommes en guerre » face au vilain virus, notamment dans la bouche des chefs d’État qui usent et abusent de cette analogie avec la guerre et l’union sacrée qui va de soi. Rappelons que les vraies guerrres déclenchées par des hommes contre d’autres hommes ont fait et font toujours bien plus de victimes. Et que les pandémies, si elles ont souvent un lien étroit avec ces guerres, c’est parce qu’elles font partie, elles aussi, des dégâts collatéraux. On se plaît, p.ex., à répéter que la « grippe espagnole a fait plus de victimes que la guerre 14-18 », alors qu’elle apparue en pleine guerre, en 1916 – et pas en Espagne -,  se propageant peu à peu à la faveur des déplacements des troupes et des populations. La plupart des pandémies sont liées d’une manière ou d’une autre aux guerres, aux invasions, aux migrations forcées. Un exemple historique de grande ampleur, qu’on évoque pourtant rarement : la conquête rapide de l’Amérique et le génocide de nombreux peuples amérindiens ne s’expliquent pas seulement par la supériorité des armes mais bien davantage par la propagation rapide de la variole, de la tuberculose et autre microbes ou virus importés –  et parfois de manière consciente et volontaire – par des conquérants immunisés chez des populations qui ne l’étaient pas. Ce n’est pas une fake news de plus. Tous les historiens vous le confirmeront.

« IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS »

Autre expression toute faite répétée soir et matin. Mais oui, de toute évidence! Une simple question de chronologie… Donc libre à chacun d’interpréter cette sentence, cette incantation répétée à longueur de journée par des gouvernants, des experts et autres sommités. Jongleurs de mots qui, au final, ne les engagent à rien. Mais à quoi bon, nous aussi, nous lancer dans la mêlée des discussions et des polémiques? N’importe quel citoyen doué d’un minimum de bon sens sait où trouver des informations sérieuses pour fonder son jugement. Le problème c’est que rien ne les aide en ce moment à exercer pleinement cet esprit critique. Au contraire : « Il faut faire en sorte que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. On diffusera massivement par la télévision des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera toujours les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher les esprits de penser de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. »  De qui est cette citation et de quand date-t-elle ?… De Aldous Huxley en 1932 dans le Meilleur des mondes.

« IL FAUT SORTIR AU PLUS VITE DU CONFINEMENT POUR SAUVER L’ÉCONOMIE »

Depuis quelques jours, une autre petite musique se fait entendre : il faut cesser de toute urgence le confinement pour des raisons économiques. Dans Les Échos, l’éditorialiste Éric Le Boucher le dit clairement : il faut sortir la France du confinement. L’idée est simple et s’appuie sur un des instruments préférés des économistes, le tableau coût-bénéfice.

« D’un côté, les morts du coronavirus, de l’autre les coûts économiques de perte de PIB et de la crise qui suivra, qui induiront aussi des morts. Ce rapport serait favorable à la reprise de l’activité économique. On pourrait donc revenir à la fameuse stratégie de «l’immunité de groupe» et tolérer les morts du coronavirus pour ne pas avoir à en déplorer davantage pour cause de désastre économique.

« La démarche est remarquable par ce qu’elle dit de ce qu’est l’économie capitaliste. Elle s’appuie sur un des éléments les plus puissants de ce système, mais aussi, lorsqu’il est mis à nu, un des plus fragiles : l’abstraction. Car dans cette macabre comptabilité, deux réalités distinctes sont mises à égalité. D’un côté celle d’un phénomène qui s’impose à l’homme, un virus contre lequel nous n’avons pas d’armes, du moins pour l’heureet qui tue directement des hommes et des femmes. Et de l’autre, une création de l’humanité,  l’économie de la marchandise, qui imposerait sa loi à sa créatrice au point de lui enlever également des vies. »

Voir l’intégratité  de l’article sur le site de Mediapart: https://bit.ly/34x7TUl

 Et pour terminer malgré tout par un certain sourire, jetons un petit coup d’œil sur le billet d’humeur publié en p. 2 de L’Avenir de ce mardi 14 avril qui n’est pas sans rapport avec notre sujet.

 

NOUVELLES FRAÎCHES DU FRONT

COMMUNIQUÉES PAR LE MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

Sous des titres divers, la Presse publie ces jours-ci des nouvelles communiquées par notre ministre de la Défense. Il n’est plus question de nier ou de minimiser les guerres dans lesquelles nous sommes impliqués. C’est donc un renversement de stratégie à l’égard de l’opinion publique. Il s’agit plutôt de bien faire savoir aux citoyens que NOUS SOMMES EN GUERRE.

Allons-nous ainsi recréer cette Union sacrée qui a présidé à tant d’autres guerres?  Tout en « ramenant à la raison » l’opinion publique lorsqu’elle donne des signes de mécontentement trop manifestes? Qu’il s’agisse de la Belgique, de la France ou d’autres pays européens : le choix ne manque pas…

Bien entendu tous les va-t-en guerre sont coupables, « nos ennemis » aussi. Mais partout, hier comme aujourd’hui, des esprits lucides et courageux s’opposent à ce que la violence prétende éliminer la violence ! Serons-nous assez nombreux?… Or nous ne cessons d’augmenter et de perfectionner notre arsenal… jusqu’à l’Apocalypse de l’arme nucléaire? Comme si l’épuisement des ressources naturelles, les dégâts climatiques, les migrations meurtrières ne suffisaient pas.
Ci-dessous l’article intégral publié le 27 janvier dans toutes les éditions du journal L’Avenir. Les sous-titres, parenthèses, guillemets et tous les termes soulignés en grasses ou en italiques sont repris tels quels. Le journaliste attire ainsi notre attention sur l’importance de certains mots et sur la portée exacte de ces mots si nous voulons bien y réfléchir.

L’armée belge prépare un grand exercice Terre-Air de printemps.

Cet exercice se déroulera en Jordanie.

La composante Terre de l’armée prépare un grand exercice au printemps en Jordanie pour entraîner durant un mois des unités motorisées en conditions désertiques à des opérations « de haute intensité », avec le renfort d’hélicoptères de la composante Air, a-t-on appris ce dimanche de sources militaires. Baptisé « Desert Lion », cet exercice – le plus important en effectifs pour l’armée – devrait rassembler du 29 mai au 27 juin quelque 1.200 militaires, principalement fournis par la brigade motorisée ainsi que des unités jordaniennes.

« Environnement exigeant »

 
Les centaines de participants vont s’entraîner dans un « environnement exigeant » assez proche de celui du Sahel, où la France appelle ses partenaires européens à venir l’épauler dans la lutte contre le djihadisme. Pour les équipages du 1er wing de Beauvechain, il s’agira de s’entraîner dans des conditions de « brown-out » (le nuage de poussière généré par le rotor de l’hélicoptère lors d’un atterrissage dans une zone sablonneuse), comme celles rencontrées au Mali.

« Esprit guerrier »

 
Cet exercice s’inscrit dans le cadre de la volonté des chefs militaires d’insuffler à nouveau un « esprit guerrier » aux unités terrestres, après des décennies d’opérations moins ambitieuses, parfois qualifiées « d’humanitaires ». Le général Gérard, chef de la composante Terre de l’armée, a récemment exprimé sa volonté d’augmenter ses ambitions en matière d’engagements opérationnels, qui sont, selon lui, la « raison d’être » de sa composante.
Résultat de recherche d'images pour "général Gérard belgique"« A court terme, j’envisage fermement l’engagement d’une compagnie inter-armes dans la période 2021-2024 (…) si nous prétendons pouvoir opérer dans le haut du spectre d’engagement » 
(lisez : des missiles de combat), avait-il précisé en décembre, lors du « Lan Day » annuel, en présence de la Première ministre, Sophie Wilmès.

À Paris et ailleurs, la guerre de l’Espace n’est plus une fiction !

Nous rappelions dans notre précédent message que la France et l’Allemagne venaient de se mettre d’accord pour la construction d’un super-bombardier capable de prouesses encore jamais vues, destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. Et en guise de conclusion : « En voilà du moins qui se moquent bien d’ennemis aussi nébuleux que la pollution atmosphérique ou le réchauffement climatique !« 

Enchaînons avec le spectacle non moins édifiant qui nous a été offert le 14 juillet à Paris lors du défilé des « forces vives » de la nation, constituées à 90 % de troupes et d’engins destinés à… semer la mort. Avec une donnée nouvelle annoncée par le président Macron et adressée à toute l’Europe : « Pour assurer le développement et le renforcement de nos capacités spatiales, un grand commandement de l’Espace sera créé en septembre au sein de l’armée de l’Air qui deviendra à terme l’armée de l’Air et de l’Espace ». En guise d’illustration, était apparu un peu plus tôt dans le ciel parisien un soldat volant armé d’une mitraillette caracolant au dessus de la foule tel un un ange exterminateur !

Dans le même temps des gilets jaunes, débarrassés de leur tenue d’apparat et sans armes, réussissaient une fois de plus à semer la pagaille. C’en était presque réconfortant le contraste entre le raz-de-marée des différents corps d’armées, forces de l’ordre, chars d’assaut, hélicoptères, avions, drones et autres merveilles du génie humain exhibant sa toute-puissance destructrice… et ces quelques humains plutôt dépenaillés, capables de défier une marée de robots obéissant aux ordres éructés par leurs commandants, à travers le son lancinant des clairons et trompettes.

Vision en partie trompeuse… Et qui, habilement exploitée, servira surtout à célébrer la tolérance et les vertus tant vantées de nos régimes démocratiques. Le fait est qu’elles nous offrent encore aujourd’hui, ces démocraties mal en point, quelques « sorties de secours ». En profiterons-nous ? Au lieu de céder à cette résignation de plus en plus fréquente ou à la consolation des plaisirs carnavalesques et festivaliers sans fin ? Qui parlait du syndrome du Titanic ? En tout cas, dérivatifs – le mot prend ici tout son sens – qui permettent notamment aux partisans de l’Extrême-droite et aux nostalgiques de l’Ordre Nouveau (vieux comme le monde) de peaufiner tout à l’aise leurs noirs desseins à répétition…

Mais ces tristes sires sont-ils encore vraiment nécessaires aujourd’hui quand la technoscience soumise à la dictature de l’argent se charge bien, à travers ses prouesses quotidiennes, de détruire peu à peu notre planète et même de s’en prendre de plus en plus à l’Espace. Super-bombardiers, robots, exosquelettes, plateformes volantes, innovations futuristes de ce qu’on ose encore appeler… « notre Défense ».

Des signes d’espoir ne manquent jamais. Aujourd’hui comme hier. Une certaine jeunesse nous en a encore donné la démonstration cette année.

Alors on se rassure à bon compte… ou on se réveille pour de bon ?

LA VICTOIRE DE LA VIOLENCE, PAS DE LA PAIX !

Les sanglots longs / Des violons / De l’automne  / Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone…

C’est par ce message codé, emprunté au célèbre poème de Verlaine, que Londres annonçait, il y a 75 ans, le débarquement de Normandie.

Une commémoration, une de plus, qui célébrait ce jeudi 6 juin les valeurs sacrées d’une guerre juste nous menant enfin à la paix.

La paix ?… Faut-il rappeler que pas plus avant la Seconde Guerre mondiale que la Première, pas plus aujourd’hui que lors des guerres napoléoniennes, pas plus demain matin qu’il y a mille ans, dix mille ans et tout au long de la vie de l’homo sapiens (autre flagornerie manifeste !), la violence des guerres justes n’a jamais conduit à la paix, des guerres d’ailleurs toujours justes aux yeux de ceux qui les font.

Mais bien à un enchaînement inéluctable de nouvelles guerres nous attirant dans une spirale sans fin de la violence.

Bien entendu, nous pouvons mesurer, si cela nous chante, les degrés de barbarie d’une guerre à l’autre, d’une violence à l’autre, d’un camp à l’autre. Comme nous pouvons – et personne ne s’en prive – réécrire l’histoire à la façon de Jules César, celle des vainqueurs de toutes les époques. Et ainsi entretenir le mythe selon lequel « La fin justifie les moyens ». Ou mieux encore : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ».

Au profit de qui ? De quoi ?…

Il suffit de voir le tableau fort peu idyllique que nous offre notre planète aujourd’hui. Où règne sans partage une humanité fière de sa supériorité et de son esprit de conquête. A tel point que les cerveaux les plus futés cherchent désespérément une nouvelle planète où la vie serait possibleAlors qu’ils l’ont sous leurs pieds. Une vie apparemment si rare… dans l’immensité cosmique !

Le nombre de chefs d’État et de délégués invités hier en Normandie était impressionnant. Mais certains d’entre eux, pourtant protagonistes indiscutables de la « victoire », ont été tenus à l’écart. Au nom d’une nouvelle Guerre froide… C’est bien parti !

Il serait beaucoup plus utile, face à tous ces discours enflammés et ces cérémonies fondées sur une émotion facile (et parfaitement compréhensible vu le sort de tant de malheureuses victimes), de se rappeler les témoignages d’authentiques combattants pour la paix. Mais qui le fait ?… Face aux multiples et puissantes coalitions pour la guerre – dont témoigne encore une actualité brûlante -, combien comptons-nous decoalitions pour la paix ? Et quels sont nos moyens d’action, de quel poids pesons-nous aujourd’hui dans l’opinion publique ?

Nous sommes bien placés pour le savoir à la Coalition luxembourgeoise pour la Paix face au rouleau compresseur de la propagande de guerre omniprésente. Y compris sous les atours les plus attrayants, selon des tactiques de camouflage bien connues. Comme la prochaine « Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié » qui va se dérouler du 25 au 28 juin dans notre province, présentée tout bonnement comme »un événement sportif et convivial de grande ampleur, organisé chaque année par la Défense et la Province de Luxembourg« .

Nous tentons, bien sûr, de faire entendre le son de nos Tambours pour la Paix chaque 21 mars, de participer de manière critique aux rendez-vous annuels du War Bastogne Museum, de relayer diverses manifestations comme tout récemment à Arlon celle du Pacemakers Nuclear Tour, d’accompagner les actions menées en faveur des réfugiés victimes de nos guerres militaires, économiques, écologiques, etc. Il n’en reste pas moins que le déséquilibre des moyens entre nous et le trust militaro-industriel est total !

Pour ne pas abuser de l’attention de ceux et celles qui voudront bien lire ce message, rappelons que la COLUPA signale clairement dans son Texte directeur (point 2) que « nos actions sont basées sur la stratégie non-violente« . Il est curieux de constater aujourd’hui le peu de crédibilité qu’offre cette alternative (qui a largement fait ses preuves) face à tous les délires encombrant nos réseaux sociaux et asociaux… Mais si voulez vous informer plus à fond des succès remportés par ceux et celles qui ont tenu à résoudre d’importants conflits (les sources des conflits existeront toujours) par une véritable stratégie de la lutte non-violente, il vous suffira de jeter un coup d’œil sur la longue liste publiée sur le site.

Profitons aussi de l’occasion pour joindre deux documents liés aux récentes commémorations de la Première Guerre mondiale. Afin de combler, au moins en partie, les lacunes d’une regrettable désinformation. Et dans l’espoir, partagé par toutes les associations-membres de notre coalition, qu’un jour le langage de la raison l’emportera sur la paranoïa des grands de ce monde !

 

Les activités prévues pour le mois de juin et le second semestre 2019 seront communiquées à mesure de leur programmation à toute personne qui en fera la demande à l'adresse : colupa@gmail.com.

La guerre, toujours la guerre !

Yémen : combien de morts avant que la Belgique ne cesse ses livraisons d’armes ?

Des militants de la CNAPD. (Coordination nationale d’Actions pour la Paix et la Démocratie) ont manifesté ce lundi à Namur et à SeraingÀ proximité de l’Élisette, ils ont interpellé le gouvernement de la Région Wallonne (propriétaire à 100 % – rappelons-le – de la FN de Herstal) qui, depuis des années, octroie des licences de ventes d’armes vers l’Arabie saoudite. Un pays engagé depuis 2014 dans une guerre sans quartier chez son petit voisin, le Yémen. Causant à ce jour plus de 60.000 morts, principalement dans la population civile, faisant de ce pays le théâtre de « la pire crise humanitaire au monde », selon le coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, Stephen O’Brien. Cette estimation du nombre des morts ne comprend que les décès directement causés par la violence guerrière. La CNAPD ajoute que « quelque 85.000 enfants ont aussi perdu la vie en raison des conséquences de cette guerre : la faim et le choléra ».

Le florissant commerce des armes ainsi que de multiples alliances et coalitions nébuleuses nous impliquent en ce moment, citoyens belges, dans des guerres affectant une dizaine de pays, notamment au Moyen-Orient et dans la bande sahélo-saharienne. Sous prétexte de « guerres justes », comme elles le sont toutes aux yeux de ceux qui la font ! Inutile de chercher plus loin. Le « dessous des cartes » c’est, paraît-il, une affaire de spécialistes. Dès lors nous vivons en paix, c’est l’essentiel. Rien n’est capable de rompre le confortable et assourdissant silence dans lequel s’enferment nos élites, qu’elles appartiennent à la sphère politique, économique, médiatique, scientifique, philosophique ou religieuse. À quelques heureuses exceptions près. Notamment dans le monde culturel, objet aujourd’hui de contrôles et de restrictions de plus en plus sévères de la part de nos dirigeants.

Un tel silence, forcément, détermine aussi le manque de réactions des « simples citoyens » mal informés, dispersés aujourd’hui dans de nombreuses et légitimes manifestations, mais sourds et aveugles à nos crimes de guerre. Le mot n’est pas trop fort. Répéterons-nous plus tard, une fois de plus, le fameux « nous ne savions pas » ? Avec la circonstance aggravante qu’aujourd’hui ce ne sont pas les moyens de communication qui nous manquent. Ce message en témoigne… mais évidemment – revers de la médaille – il sera sans doute noyé dans le flot des infos, y compris les plus futiles et les plus toxiques, que favorise précisément la multiplicité de ces moyens. Paradoxe du progrès et de ses merveilles !

Merci, en tout cas, à la CNAPD, à l’association Agir pour la Paix et à quelques autres lanceurs d’alerte qui s’obstinent, envers et contre tout, à témoigner. Dans l’espoir jamais perdu d’une réaction citoyenne qui soit enfin à la hauteur des événements.

Greta, l’extralucide

« Nous avons décidé de nettoyer votre bordel et nous n’arrêterons pas avant que tout soit propre. »

« Si vous estimez que nous perdons notre temps en brossant les cours, alors dites-vous bien que vous, vous avez perdu des années en ne faisant rien ! ».

« Les adultes disent qu’il faut donner de l’espoir aux jeunes. Je ne veux pas de votre espoir, mais je veux que vous commenciez à paniquer. »

Voilà ce qui s’appelle ne pas mâcher ses mots… Trop de prudents opposants, prétendument réalistes, nous ont enfumés durant des années avec leurs théories des « petits pas » face à un système ravageur que nous n’avons cessé de dénoncer. Au nom de la paix, de la justice sociale et climatique, de la solidarité entre les peuples.

Oui, système ravageur. Greta peut légitimement faire une fixation sur le climat, comme nombre de jeunes aujourd’hui. Mais nous savons qu’il n’y a aucune priorité ni hiérarchie dans « le choix des désastres » qui s’offrent à nous. Car ils ont tous la même origine : une guerre économique implacable, source de toutes les autres.

Quatre siècles de colonialisme triomphant ont permis à l’Europe de régner sur le monde. Jusqu’aux deux guerres mondiales provoquées par ses rivalités internes. Dont le vrai vainqueur fut une puissance étrangère, les États-Unis d’Amérique. Eux-mêmes menacés aujourd’hui par de nouvelles puissances émergentes, capables de rivaliser peu à peu avec eux sur le plan économique et militaire.

Mais voilà… plus de nouvelles terres à coloniser, à conquérir ! Si ce n’est les planètes du système solaire auxquelles il faudrait tout d’abord insuffler un début de vie. De cette vie dont déborde notre Terre avec une abondance jusqu’ici luxuriante. « Jusqu’ici « … puisque maintenant cette richesse de la vie est attaquée de tous côtés. Une planète en voie d’autodestruction, d’auto-dévoration. Il nous reste le mythe de l’homme bionique, de l’intelligence artificielle, des prouesses technologiques. Et même pour quelques exilés volontaires… pourquoi pas la fuite dans l’Espace?

Petits oiseaux, papillons, abeilles, nous n’avons plus besoin de vous. Lions, gazelles, éléphants, girafes, vous prenez trop de place. Coléoptères, mouches, moustiques et autres insectes agaçants, disparaissez. Montagnes, déserts, glaciers, hivers, étés, trop chauds, trop froids, nous allons régler ça…

Alors pourquoi tout ce ramdam sur le climat ?

Nos F-16  viennent de repartir en Afghanistan pour y faire régner l’ordre et la paix à coup de bombes. Nos braves chasseurs ardennais les accompagnent au sol pour des opérations décidées par l’OTAN. En chantant sans doute « Debout sur la frontière aux flancs des noirs coteaux »... à 5000 km de chez nous.

Mais, de nouveau, soyons réalistes : il faut bien maintenir nos voies d’accès aux matières premières et aux ressources énergétiques, les nôtres étant épuisées depuis belle lurette. D’autant que notre modèle productiviste et énergivore en a un impérieux besoin. Tout cela, bien entendu, sous la bannière de la défense des droits humains et de l’idéal démocratique. Dès lors, aucun sursaut d’honnêteté, d’indignation dans notre pays « en paix ».

Greta, tu as encore du boulot, tu sais… Mais nous te faisons confiance. Toi qui, à seize ans, es capable de tutoyer les grands de ce monde et de leur faire bravement la leçon. Fais des émules, des rebelles, des résistants, des persévérants. Après les Indignés, les Nuits debout, les Gilets jaunes  et autres mécontents qui se relaient au fil du temps, que lesmarches pour le Climat riment enfin avec basta, halte-là !

Colloque du Bastogne War Museum. 15 mars 2019

Les ruines de la Seconde Guerre mondiale sont encore fumantes que le monde s’installe pour un demi-siècle dans une « drôle de guerre » planétaire. Conflit total – idéologique, économique, scientifique, culturel – la guerre froide s’est achevée avec la disparition de l’un des adversaires. Une nouvelle guerre froide est-elle à l’œuvre ?

Trente ans après la chute du Mur de Berlin, événement symbolique de la fin de la « vraie » guerre froide, le 3e Colloque des Rendez-vous du Bastogne War Museum est consacré à cette question.

Avec : Joël BRUNEAUHélène CARRERE D’ENCAUSSEDaniel COHN-BENDITEtienne DAVIGNONAlain FRACHONAndrey GRACHEVFrançois HEISBOURGJacques JULLIARDBenoît LUTGENAntoinette SPAAKJean-Michel STERKENDRIESPiotr TOLSTOÏHubert VEDRINE.

Pour plus d’infos : https://www.eventbrite.be/e/colloque-1532019-dune-guerre-froide-a-lautre-tickets-53008238067

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Telle est l’annonce récente que nous a communiquée le War Museum

Pour rappel, notre Coalition luxembourgeoise pour la Paix a été fondée en 1991, justement lors de la fin de la guerre froide avec l’écroulement de l’URSS et la première Guerre du Golfe. Suivie d’autres guerres, pas froides du tout, qui se poursuivent jusqu’à nos jours, que ce soit au Moyen Orient ou ailleurs.

C’est dire l’intérêt que nous portons à la thématique de ce colloque. Et aux commentaires accompagnant l’invitation qui évoquent la possibilité d’une « seconde guerre froide » apparue tout récemment.

Nous serons donc heureux d’entendre les opinions des personnalités invitées et d’exprimer également notre point de vue lors des échanges auxquels ce colloque donnera lieu.

11 novembre 2018 – SILENCE !

Ne parlez plus au nom de nos « héros » morts et enterrés entre 14-18. Aucun d’eux ne viendra vous contredire.

Ceux de 40-45 non plus. Ni les victimes de toutes les guerres qui ont suivi jusqu’à nos jours. Celles-là mêmes que livrent nos pays européens en ce moment, non contents d’avoir déclenché deux guerres mondiales au siècle dernier… (*)

La guerre,  c’est un massacre de gens qui ne se connaissent pas,

au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.

(Paul Valéry)


(*)  Pays européens engagés dans la guerre (avec leurs champs de bataille respectifs) depuis la soi-disant « fin de la 2e guerre mondiale » : 1945-1950 Pays-Bas(Indonésie)1946-1954 France (Indochine)1950-1953 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Grèce (Corée)1954-1962 France (Algérie). 1956 Royaume-Uni, France (Canal de Suez)1979-1989 URSS (Afghanistan)1982 Royaume-Uni (Îles Malouines)1990-1991 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas(Golfe persique)1991-1999 Serbie, Croatie, Bosnie, troupes de l’OTAN (Ex-Yougoslavie)1994-1999 Russie (Tchétchénie)2011 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN (Libye). 2001-2014 troupes de l’OTAN aux côtés des USA (Afghanistan)2003-2014 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN (Irak)2014-2015 Russie (Ukraine)2015-2018 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas (Irak, Syrie)2013-2018 France et appuis européens, dont la Belgique (région sahélo-saharienne). Ces guerres se déroulent en différents épisodes, s’enchaînant souvent les unes aux autres. Certaines sont toujours en cours en attendant de nouveaux champs de bataille.

Avec pour justification : « Défendre nos frontières ».

À des milliers de kilomètres  de chez nous… heureux pays en paix !

Question : Voyez-vous d’autres bons motifs ?… Si oui, merci de nous les donner.