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Que faire face à tant de barbarie ?

Ce titre, la Colupa l’avait déjà placé en tête du document diffusé lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Il pourrait resservir tel quel aujourd’hui. Le texte qui suit est d’ailleurs extrait de ce document auquel nous avions donné alors une large diffusion. Cinq ans plus tard, rien de neuf sous le soleil Paris est de nouveau victime d’attentats. Nice aussi ce jeudi 29 octobre 2020… Des crimes commis par des psychopathes ou des fous de Dieu (c’est pareil) qui ne supportent aucune atteinte à la dignité de leur prophète ou qui estiment qu’il est juste de venger de cette manière les victimes de nos interventions guerrières dans le monde arabo-musulman. Et pour toute réponse qu’entendons-nous ? « C’est la France qui est attaquée« . C’est du moins l’avis du président Macron. L’Église de France, elle, a fait preuve de plus de retenue (des musulmans ont d’ailleurs été parmi les premiers à se recueillir aux abords du sanctuaire). La République laïque se voudrait-elle « plus catholique que le Pape »? Pour quelles raisons, au fait ?…

Extrait de la déclaration de la Colupa suite aux attentats du 13/11/2015 à Paris (texte intégral)

Nous savons que la solution violente à un conflit n’est jamais une « solution », mais la cause de nouveaux conflits à perte de vue. C’est ce que l’Histoire nous démontre depuis des millénaires, et singulièrement depuis les guerres mondiales du 20e siècle, déclenchées par des pays européens hautement civilisés et qui ont abouti au comble de l’horreur et de la barbarie. Elles se prolongent aujourd’hui à travers une « stratégie du chaos » aux dimensions mondiales. Laquelle ne profite finalement à personne, si ce n’est au trust militaro-industriel et aux intérêts mercantiles des multinationales qui, elles, ne connaissent ni frontières, ni alliés, ni ennemis, ni bons, ni méchants, obéissant uniquement à cette économie du profit-à-tout-prix qui, de plus en plus, nous tient lieu de gouvernance.

En tant que coalition provinciale, reliée à d’autres mouvements de paix au niveau national et international, nous faisons nôtre la déclaration du 17 novembre 2015 publiée par le M.A.N. (Mouvement pour une Alternative non-violente) qui a son siège à Paris. Nous appuyant sur les grandes lignes de ce document, nous nous inclinons devant les victimes de toutes les formes de violence, qu’elles soient désignées sous le terme d’attentats ou de guerres.

Nous avons une pensée toute spéciale pour les innombrables vies assassinées depuis plusieurs années en Syrie, Irak, Afghanistan, Pakistan, Nigéria, Cameroun, et tant d’autres pays à travers le monde, enfants, femmes et hommes, victimes de la folie meurtrière des humains. Nous pensons aussi à l’immense foule de celles et ceux qui fuient leur pays et que l’Europe a tant de mal à accueillir.

Dans un monde devenu complexe, les choix faits depuis plusieurs dizaines d’années par nos dirigeants politiques successifs doivent nous amener à nous interroger sérieusement :

  • Faut-il continuer à privilégier une économie qui profite d’abord aux plus riches, chez nous et ailleurs sur la planète, aux dépens de l’avenir du quotidien des plus pauvres, ici et là-bas ?
  • Faut-il poursuivre une politique de défense qui s’appuie entre autres sur des armes nucléaires coûteuses et inefficaces, bien camouflées en Belgique dans les silos de la base aérienne de Kleine-Broghel ?
  • Faut-il continuer à fermer les yeux sur les ventes d’armes à des pays peu soucieux des droits de leurs peuples, aux dépens d’une politique contribuant à l’amélioration de la vie de tous les citoyens dans les domaines de la santé et de l’éducation ?
  • Faut-il continuer à considérer la plupart des pays d’Afrique et d’Asie comme des terres peuplées d’hommes et de femmes moins dignes que nous de vivre décemment et de cultiver des terres dont nous exploitons le sous-sol par multinationales interposées au mépris à la fois de la vie et du développement de ces peuples et de l’avenir écologique de notre planète ?
  • Faut-il poursuivre une politique qui donne la priorité au « tout sécuritaire » aux dépens de l’élaboration d’une politique favorisant la construction du « vivre ensemble » ?

Face à ce qui s’est passé à Paris – et dans bien d’autres villes à travers le monde – il est grand temps d’examiner ces questions et d’y apporter des réponses appropriées et réfléchies. À moins de considérer la guerre comme une fatalité, et donc les êtres humains comme des citoyens incapables et irresponsables, il nous faudra bien trouver les moyens de convaincre nos dirigeants, nationaux et européens, de la nécessité d’entendre la voix de ceux et celles qui, dans la société civile, ici et à travers le monde, proposent et mettent déjà en œuvre des solutions permettant la construction d’un monde plus respectueux de l’humain et de notre environnement. (Fin du document).

*  *  *

Cinq ans plus tard, y a-t-il un seul mot que nous devrions changer à cette déclaration ? Hélas, non ! L’histoire ne cesse de se répéter. Serons-nous donc toujours condamnés à la subir ? Malgré tous ces « Plus jamais ça » que nous allons encore entendre bientôt à l’occasion des commémorations du 11 novembre.

Guerres et famine : l’ONU s’inquiète

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé récemment devant le Conseil de sécurité une augmentation des ingérences étrangères en Libye et déclaré qu’il était temps d’y mettre mettre fin.

« Le conflit est entré dans une nouvelle phase, avec des ingérences étrangères atteignant des niveaux sans précédent, y compris dans la livraison d’équipements sophistiqués et le nombre de mercenaires impliqués dans les combats »

Il a déclaré également que l’ONU continuerait de travailler avec les parties en conflit pour parvenir à un cessez-le-feu et reprendre un processus politique « afin de mettre fin aux affrontements et à l’effondrement économique, malgré les grandes réserves de pétrole du pays ».

Syrie, Yémen, Libye… Au fait que deviennent ces pays en guerre ?… La pandémie du Covid-19 les a en grande partie effacés des actualités et des préoccupations quotidiennes. Et pourtant les populations affectées par ces conflits souffrent plus que jamais. Cette semaine, l’ONU a jeté un nouveau cri d’alarme à travers les médias : « Quelque 690 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et la pandémie va amplifier la tragédie en plus des conflits toujours en cours ».

Et nous ?…

Pendant ce temps l’entraînement de nos militaires se poursuit sans relâche. Nous avons le privilège, en Province de Luxembourg, d’apprécier de manière répétée les charmes du vrombissement de nos avions de chasse s’entraînant aux combats en basse altitude. Pour la bonne raison que nous sommes « la région la moins peuplée de Belgique », s’excuse gentiment notre ministre de la Défense. On nous signale aussi avec force détails sur le site de la Défense les nombreux achats de matériel militaire « répondant de manière toujours plus efficace aux normes et aux exigences des théâtres opérationnels actuels ». Par exemple, le déploiement d’engins robotiques dernier cri « permettant aux Chasseurs ardennais de s’entraîner en dépit des restrictions actuelles ».

On nous donne même en détails la longue liste des pays et régions où nous intervenons dans le cadre de l’OTAN et des multiples et nébuleuses alliances apparues ces dernières années : Afghanistan, Algérie, Bénin, Géorgie, JordanieMaliNiger, Région du Sahel, Tunisie, Ukraine, Zambie et autres opérations non désignées, couvertes par le «  Secret Défense ».

De quoi nous rappeler, en tout cas, qu’en plus du vilain virus s’acharnant soudain contre les humains, la guerre des humains contre les humains, elle, ne connaît pas de répit. Faut-il nous y résigner une fois pour toutes « parce qu’il convient d’assurer notre défense » ? Oui, répond d’une seule voix le trust militaro-industriel. Et nous, que répondons-nous, qui savons que d’autres stratégies existent pour mettre fin à l’absurde et suicidaire spirale de la violence?…

Dernière minute : Ce mercredi 15 juillet, la Ligue des droits humains, la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD) et Vredesactie, soutenues par la section belge francophone d’Amnesty International ont déposé au Conseil d’État deux recours en suspension en extrême urgence contre six nouvelles licences d’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite octroyées par le Ministre-Président wallon les 29 avril et 8 juillet derniers. Les ONG craignent que ce matériel soit utilisé au Yémen.

Exportations d’armes : nouvelles actions en justice intentée contre la Région wallonne

Pas de confinement pour le commerce des armes ni la guerre.

À l’ombre du coronavirus

Commerce des armes et justes guerres continuent à prospérer

Ce mercredi 3 juin, à l’occasion du sixième anniversaire de la ratification du Traité sur le commerce des armes (TCA) par la Belgique, Amnesty International a rendu publique la nouvelle édition de l’Observatoire des armes wallonnes. Vous l’aurez d’ailleurs appris récemment par vos journaux et autres médias. L’ONG pointe du doigt « la Région wallonne qui continue à exporter des armes vers les Émirats arabes unis, malgré les dénégations du ministre-président Elio Di Rupo  alors que cet État détourne des armes au profit de milices au Yémen et qu’il est membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite, soupçonnée de commettre des crimes de guerre dans ce même pays ». Amnesty International rappelle également que, entre 2006 et 2018, ce sont près de 2,7 milliards d’euros d’exportations directes qui ont été autorisées à destination de l’Arabie saoudite. L’organisation retient enfin que l’Égypte, membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite active dans le conflit armé en cours au Yémen, a bénéficié en 2017 et en 2018 de licences d’exportation d’armes octroyées par la Région wallonne pour une valeur totale de 9 572 923€. Au démenti publié hier par le ministre-président wallon, le directeur de la section belge francophone d’Amnesty International, Philippe Hermans, répond en se référant au rapport de la Banque Nationale de Belgique peu suspecte d’a priori pacifistes.

Ce n’est pas tout. Notre armée, dans le cadre de l’OTAN et d’autres alliances militaires conclues avec des pays européens (notamment la France), continue d’apporter son soutien à des actions guerrières camouflées en interventions humanitaires, notamment dans plusieurs pays d’Afrique occidentale. Nous en avons déjà parlé. Constatons simplement que la terreur engendrée par la pandémie actuelle n’empêche pas que d’autres fléaux cycliques, ceux de la guerre et de ses séquelles, totalisent un nombre bien plus considérable de victimes. C’est également Amnesty International qui dénonçait récemment que « les guerres oubliées continuent de tuer des civils partout dans le monde » (https://www.amnesty.be/infos/blogs/blog-paroles-chercheurs-defenseurs-victimes/article/alors-pandemie-covid-rage-guerres-oubliees-continuent-tuer). Tandis qu’au Mali et autres pays voisins des patriotes demandent le départ des forces françaises, opposées aux décisions de leurs dirigeants qui profitent des largesses de ces manœuvres néo-colonialistes (https://www.ouest-france.fr/monde/mali/au-mali-des-patriotes-demandent-le-depart-des-forces-francaises-6733647).

Nous savons qu’il n’y a pas un camp des bons et un camp des méchants. Tous ceux qui usent de la « solution » guerrière sont condamnables puisqu’ils ne font qu’aggraver la spirale de la violence tout assurant le succès de la plus grosse multinationale de la planète : le trust militaro-industriel.

Pour suivre, nous donnons volontiers la parole à Pierre Debbaut, l’un des pionniers  de notre Coalition pour la paix, premier officier de réserve à se déclarer objecteur de conscience, ce qui lui valut une peine de prison mais eut aussi pour conséquence d’élargir le droit à l’objection de conscience. Dans un document au titre particulièrement sobre, il nous énumère les priorités auxquelles nous devrions faire face « sans perdre une minute de plus ».

URGENCES

  1. L’épidémie de coronavirus a déclenché dans le monde une réaction d’urgence dont il faut espérer qu’elle sera efficace. L’écoute des bulletins d’information peut faire craindre que la panique provoquée ait détourné notre attention d’autres problèmes. Il me semble aussi très important, pendant la période du déconfinement deprotéger tous les acquis sociaux. Il faut absolument éviter que le retour à une vie « normale » coûte aux moins favorisés.
  1. Je pense à l’écologie, objet de tant de conférences, de mises en garde et de promesses si difficiles à tenir. Les menaces, moins mises en évidence que celles des virus, n’éveillent guère de décisions politiques concrètes. Les préparatifs des conférences internationales suscitent des espoirs, mais les déclarations finales restent souvent vagues.
  1. Je pense à la faim, plus discrète que les épidémies, mais dont les effets au cours des années enfoncent une grande partie de l’Afrique dans le désespoir. Que pouvons-nous contre une organisation injuste de l’économie?
  1. Je pense à l’élimination des armes nucléaires.Les conséquences effrayantes de la course aux armements du siècle passé nous laissent devant un tas incroyable de matières dangereuses qu’il faut surveiller et éliminer. J.M Muller a certainement raison d’affirmer que la réduction de l’armement nucléaire n’est pas son élimination et que celle-ci doit être notre but. Il ne faut cependant pas oublier le coût des opérations de désarmement et les exigences de sécurité au cours de leur réalisation. D’innombrables personnes croient encore que leur sécurité se trouve protégée par ces armes inhumaines. La présentation d’une argumentation rigoureuse de la nuisance de ces engins doit nous préoccuper.
  2. Combien d’entre nous ne se sentent-ils pas en paix, alors que nos usines fournissent des armes aux combattants et que nos avions participent à la destruction du Moyen-Orient et de bien d’autres régions? Notre participation à l’OTAN nous place dans une situation inacceptable. La présence dans notre pays d’armes étasuniennes nucléaires est en contradiction avec le traité de non prolifération. Que dire de notre passivité face aux déclarations de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN ?: « L’OTAN ne renoncera pas à l’armement nucléaire avant que ses adversaires potentiels n’aient détruit les leurs ; elle ne peut affirmer qu’elle n’utilisera pas d’armes nucléaires contre un pays qui en est dépourvu ; elle ne rejette pas l’éventualité d’être la première à utiliser ces armes ».
  3. Je pense aux choses merveilleuses que nous avons organisées et que nous laissons vieillir sans les adapter au monde actuel.Le premier exemple qui me vient à l’esprit est l’ONU. Il est évident que le monde a beaucoup changé depuis la création de cette organisation qui devrait offrir une table de rencontre à toutes les nations. Cette possibilité ne peut disparaître, mais l’organisation a été établie par une petite cinquantaine de nations. Elle en compte aujourd’hui quatre fois plus, la place faite aux anciennes colonies, aux pays dont l’économie boite, à ceux qui ne pensent pas comme les « maîtres du monde » est bien réduite. La déclaration des droits humains qui lui sert d’épine dorsale, remarquable en son temps, mériterait au moins d’évoluer comme tout être vivant. Nous en sommes bien loin; des organismes comme le G20 et les attaques de certaines grandes puissances menacent l’ONU et augmentent encore les inégalités entre nous. Vous croyez peut-être qu’une mise en chantier d’une réforme de l’ONU n’est pas une urgence, mais en fait il sera bientôt trop tard pour y penser car faire changer une manière de voir le monde ne se fait pas en un clin d’œil.

75 ANS… ET TOUJOURS LA GUERRE !

Il y a 75 ans, le 8 mai 1945, l’Europe sortait du pire des cauchemars qu’elle ait jamais connus. Trois mois plus tard, nos alliés américains larguaient la première bombe atomique et anéantissaient Hiroshima. Lors de la défaite du nazisme, un certain Wernher von Braun, SS-Sturmbannführer de son état et petit génie en recherches balistiques, s’était empressé d’offrir ses services à l’ennemi américain. Il allait jouer un rôle décisif dans la course à la bombe atomique et à la conquête de la Lune, une double compétition dans laquelle allaient s’engager et s’opposer férocement les USA et l’URSS, les deux superpuissances de l’époque.

« Avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, les guerres seront désormais impossibles »

C’est ce que déclarait le président des USA après avoir allumé l’enfer à Hiroshima. Le répit fut de courte durée. En 1949 l’URSS faisait exploser sa propre Bombe. En 1952, le Royaume-Uni. La France en 1960. La Chine en 1964. L’Inde en 1974. Le Pakistan en 1998. Le Traité de Non prolifération ne ferait qu’exciter la convoitise d’autres nations qui ne tarderaient pas à se procurer en catimini ce pouvoir emblématique de la puissance et de la bêtise humaines. Une longue Guerre Froide s’ensuivrait. Si mal nommée puisque, par alliés interposés, elle consumerait à travers de multiples brasiers une quantité incalculable de populations civiles, la plupart hors de notre continent. Pourquoi cela aurait-il dû nous perturber puisqu’il nous était enfin donné de vivre en paix?

En Europe

Nous oublions volontiers ce qui s’est passé entretemps sur le territoire de l’ex-Yougoslavie et lors des conflits répétés entre la Tchétchénie, la Russie, l’Ukraine – toujours d’actualité -, totalisant quelque six cent mille victimes à ce jour. Sans parler de la succession d’attentats perpétrés par « nos terroristes à nous », ceux de l’Action Directe, des C.C.C., de la Bande à Baader, des Brigades Rouges, de l’IRA, de l’ETA et autres mouvements sécessionnistes, avec un bilan bien plus lourd que celui des attentats djihadistes. Si depuis 1945, il est vrai, la plupart des pays européens ne se font plus ouvertement la guerre, en revanche nous n’avons jamais cessé de la faire ailleurs.

Sur d’autres continents

Il fallait maintenir à tout prix l’accès à nos sources d’approvisionnement en besoins d’énergies et de matières premières exigés par notre haut niveau de vie et de croissance, et cela à travers guerres néocoloniales et des coalitions de plus en nébuleuses. Contentons-nous de citer ici  les champs de bataille, les dates et les intervenants, chacun de nous pouvant obtenir plus de précisions à partir de sources parfaitement fiables :  1945-1950 Pays-Bas : Indonésie. 1946-1954 France : Indochine. 1950-1953 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Grèce : guerre de Corée. 1954-1962 France : Algérie. 1956 Royaume-Uni, France : Canal de Suez. 1979-1989 URSS : Afghanistan. 1982 Royaume-Uni : Îles Malouines. 1990-1991 Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas : Golfe persique. 2011 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN  : Libye. 2001-2014 troupes de l’OTAN aux côtés des USA : Afghanistan. 2003-2014 Coalition internationale incluant les pays de l’OTAN : Irak.  2015-2017 Royaume-Uni,France, Belgique, Pays-Bas : Irak, Syrie. 2013-2018 France et appuis européens, dont la Belgique : région sahélo-saharienne. Ces guerres se déroulant en différents épisodes et s’enchaînant souvent les unes aux autres, plusieurs d’entre elles étant toujours en cours notamment au Moyen-Orient et dans la bande sahélo-saharienne avec la participation de notre pays.

Deux nouveaux empires

La Chine, l’Empire du Milieu, n’avait pas besoin d’extrémistes djihadistes ou autres bandits de grand chemin pour alliés. Il y avait belle lurette qu’elle s’était réveillée du cauchemar des canonnades franco-britanniques du XIXe siècle, lors des deux guerres de l’opium censées défendre le droit sacré du Libre Échange face à des nations récalcitrantes. Aujourd’hui Donald Trump et Xi Jinping s’accusent mutuellement d’avoir propagé l’ennemi public n° 1, le fameux coronavirus. Le premier, sans complexe, digne profiteur et successeur du colonisateur européen rêvant d’avoir le monde à ses pieds. Le second pas loin aujourd’hui de prendre sa revanche et remontant lentement les marches du Temple du Ciel à travers un nouvel empire capable de rejoindre et de dépasser un jour son rival.

En guise de conclusion devant un tel imbroglio, on pourrait se contenter de citer ces phrases extraites de l’Edito du journal L’Avenir de ce vendredi matin : « Si le mot de guerre a été utilisé par le président Macron pour qualifier la lutte contre la pandémie de Covid-19, on ne peut mettre sur un pied d’égalité les semaines difficiles que nous vivons et les années d’horreur que les citoyens du monde ont traversé à l’époque (…). La fin du nazisme et l’utilisation de l’arme atomique étaient porteuses de la division du monde en blocs et de bras de fer qui se poursuivent toujours ». Évoquant aussi les élans de solidarité dont les humains sont capables, l’éditorialiste conclut : « Il nous appartient de réinventer ces solidarités. »

Une coalition pour la Paix, comme la nôtre, malgré ses moyens limités, à la lumière de ces événements ne peut que s’engager toujours plus dans un combat difficile et pourtant incontournable si nous voulons éviter le pire et, à la place,  voir s’instaurer enfin un vrai début de paix, fait de justice et de solidarité à la fois au sein de notre pays et entre tous les peuples du monde. UN FAMEUX DÉFI !

Mais l’histoire a largement prouvé que jamais la violence ne nous conduira à la paix.

« La quarantaine » et autres soucis…

« LA QUARANTAINE »

Ce n’est pas l’âge moyen des membres du bureau de la Colupa. Loin s’en faut, la « Paix » n’étant pas apparemment un sujet très sexy. Mais notre coalition, heureusement, regroupe une vingtaine d’associations fortes de leur expérience mais aussi de leur jeunesse et de leur vitalité, dont les noms sont chaque fois rappelés au bas de nos messages périodiques. Ce sont elles qui comptent avant tout, engagées chacune dans un ou plusieurs des secteurs du combat citoyen. Qu’il s’agisse des inégalités sociales, de l’injustice fiscale, des désordres climatiques, des aberrations de l’agrobusiness, des relations Nord-Sud, de l’accueil des réfugiés… Autant de matières et de manières de contribuer à PLUS DE PAIX chez nous et dans le monde. Ce qui n’empêche évidemment pas qu’une coalition comme la nôtre mette l’accent sur les guerres « proprement dites » (curieuse expression!), souvent oubliées ou minimisées : la guerre « tout court », mais aussi la guerre économique qui – si on veut  bien y réfléchir – est à la source de la plupart des situations rappelées ci-dessus. Et notre « petit pays » y contribue largement à la fois par notre commerce des armes, nos engagements militaires et notre politique économique.

« NOUS SOMMES EN GUERRE »

Si on parle beaucoup de pandémie, de quarantaine, de confinement, on entend aussi, et de plus en plus souvent, l’expression « nous sommes en guerre » face au vilain virus, notamment dans la bouche des chefs d’État qui usent et abusent de cette analogie avec la guerre et l’union sacrée qui va de soi. Rappelons que les vraies guerrres déclenchées par des hommes contre d’autres hommes ont fait et font toujours bien plus de victimes. Et que les pandémies, si elles ont souvent un lien étroit avec ces guerres, c’est parce qu’elles font partie, elles aussi, des dégâts collatéraux. On se plaît, p.ex., à répéter que la « grippe espagnole a fait plus de victimes que la guerre 14-18 », alors qu’elle apparue en pleine guerre, en 1916 – et pas en Espagne -,  se propageant peu à peu à la faveur des déplacements des troupes et des populations. La plupart des pandémies sont liées d’une manière ou d’une autre aux guerres, aux invasions, aux migrations forcées. Un exemple historique de grande ampleur, qu’on évoque pourtant rarement : la conquête rapide de l’Amérique et le génocide de nombreux peuples amérindiens ne s’expliquent pas seulement par la supériorité des armes mais bien davantage par la propagation rapide de la variole, de la tuberculose et autre microbes ou virus importés –  et parfois de manière consciente et volontaire – par des conquérants immunisés chez des populations qui ne l’étaient pas. Ce n’est pas une fake news de plus. Tous les historiens vous le confirmeront.

« IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS »

Autre expression toute faite répétée soir et matin. Mais oui, de toute évidence! Une simple question de chronologie… Donc libre à chacun d’interpréter cette sentence, cette incantation répétée à longueur de journée par des gouvernants, des experts et autres sommités. Jongleurs de mots qui, au final, ne les engagent à rien. Mais à quoi bon, nous aussi, nous lancer dans la mêlée des discussions et des polémiques? N’importe quel citoyen doué d’un minimum de bon sens sait où trouver des informations sérieuses pour fonder son jugement. Le problème c’est que rien ne les aide en ce moment à exercer pleinement cet esprit critique. Au contraire : « Il faut faire en sorte que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. On diffusera massivement par la télévision des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera toujours les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher les esprits de penser de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. »  De qui est cette citation et de quand date-t-elle ?… De Aldous Huxley en 1932 dans le Meilleur des mondes.

« IL FAUT SORTIR AU PLUS VITE DU CONFINEMENT POUR SAUVER L’ÉCONOMIE »

Depuis quelques jours, une autre petite musique se fait entendre : il faut cesser de toute urgence le confinement pour des raisons économiques. Dans Les Échos, l’éditorialiste Éric Le Boucher le dit clairement : il faut sortir la France du confinement. L’idée est simple et s’appuie sur un des instruments préférés des économistes, le tableau coût-bénéfice.

« D’un côté, les morts du coronavirus, de l’autre les coûts économiques de perte de PIB et de la crise qui suivra, qui induiront aussi des morts. Ce rapport serait favorable à la reprise de l’activité économique. On pourrait donc revenir à la fameuse stratégie de «l’immunité de groupe» et tolérer les morts du coronavirus pour ne pas avoir à en déplorer davantage pour cause de désastre économique.

« La démarche est remarquable par ce qu’elle dit de ce qu’est l’économie capitaliste. Elle s’appuie sur un des éléments les plus puissants de ce système, mais aussi, lorsqu’il est mis à nu, un des plus fragiles : l’abstraction. Car dans cette macabre comptabilité, deux réalités distinctes sont mises à égalité. D’un côté celle d’un phénomène qui s’impose à l’homme, un virus contre lequel nous n’avons pas d’armes, du moins pour l’heureet qui tue directement des hommes et des femmes. Et de l’autre, une création de l’humanité,  l’économie de la marchandise, qui imposerait sa loi à sa créatrice au point de lui enlever également des vies. »

Voir l’intégratité  de l’article sur le site de Mediapart: https://bit.ly/34x7TUl

 Et pour terminer malgré tout par un certain sourire, jetons un petit coup d’œil sur le billet d’humeur publié en p. 2 de L’Avenir de ce mardi 14 avril qui n’est pas sans rapport avec notre sujet.

 

Pas de confinement pour les Tambours de la Paix !

Ce samedi 21 mars

Journée mondiale des Tambours pour la Paix

La Coalition luxembourgeoise pour la Paix aurait dû organiser cette journée dans notre province selon le modèle des années précédentes. Le contexte actuel ne l’a pas permis. Mais cette période de confinement nous offre, en revanche, la possibilité de mieux nous informer et de réfléchir sur le cours des événements.

Rappelons que c’est le grand résistant belge, Arthur Haulot, emprisonné à Dachau, qui après la guerre 40-45 a lancé cette campagne mondiale en faveur de la paix avec son appel solennel.

 « Depuis toujours, on a battu tambour pour envoyer les hommes à la guerre. Aujourd’hui les enfants d’Europe appellent les enfants du monde à battre tambour pour conduire le monde vers la Paix ».

Un autre appel solennel, lancé récemment par le président Macron – imité ensuite par d’autres ténors de notre pays – lui a permis de répéter six fois de suite : « Nous sommes en guerre ». Il parlait évidemment de la guerre au fameux coronavirus. Mais il aurait dû ajouter : Depuis de nombreuses années nous sommes en guerre, et ces guerres-là, ce sont bien des humains qui les font contre d’autres humains. Rien qu’en Syrie, en neuf ans, 384.000 morts dont 116.000 civils, comme l’a rappelé récemment Antonio Guterres, secrétaire général de de l’ONU.

Sans oublier d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique où la guerre sévit toujours à travers de lointaines et nébuleuses coalitions auxquelles nous participons, sans même souvent nous en rendre compte. Rappelons donc que nos militaires et nos F-16 se trouvent toujours sur leurs bases de Jordanie et d’autres régions d’Europe et d’Afrique afin de remplir de supposées « missions humanitaires ».

Et que dire de tous ces migrants jetés sur les routes de l’exil ou parqués dans des camps de fortune? Seraient-ils immunisés contre le coronavirus, eux qui affrontent jour et nuit les pires conditions de vie, ou plutôt de survie?  Sans parler de l’hostilité des pays qu’ils tentent de traverser. Comme la Libye ou la Turquie qui réamorce en ce moment des transactions financières avec l’Union européenne fort peu « humanitaires », ce terme étant réservé désormais aux soldats chargés de mettre au pas des peuples récalcitrants.

La spirale de la violence – quel que soit le camp – n’a jamais conduit à la paix. De multiples infos, modes de communication, canaux de diffusion sont à notre disposition et à la portée de tous nos concitoyens. Profitons-en. Pas de trêve, pas de confinement pour la Paix !

MIGRATIONS

« La Turquie vient d’ouvrir les vannes »

C’est une des grandes nouvelles dans la presse écrite et autres informations diffusées par les médias au cours de ce weekend. Le pacte de la honte signé le 18 mars 2016 entre la Turquie et l’Union européenne vient d’être rompu par la Turquie. Ce pacte lui a permis d’encaisser un versement de 3 milliards d’euros, renouvelable à terme, à la condition de retenir loin de l’Europe les nombreux migrants fuyant les guerres décimant la région. Ce pacte déshonorant n’aura-t-il donc finalement servi à rien ?

Il est vrai que la Turquie, qui accueille déjà sur son territoire quelque 3,6 millions de réfugiés syriens, craint des arrivées supplémentaires, alors que la population rejette de plus en plus leur présence. En outre, elle déplore la perte récente d’au moins 33 militaires dans la région d’Idleb (Nord-Ouest de la Syrie) lors des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien, soutenu militairement par la Russie.  Elle a donc décidé de déverrouiller les frontières. Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion en urgence le vendredi soir 28 février.

On sait le chaos qui existe toujours dans certaines régions de la Syrie. On n’en finit pas d’ailleurs de compter le nombre d’alliances et de contre-alliances militaires qui se sont succédé durant ces neuf années de guerres. Les USA, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Russie, le Royaume Uni, la France et bien d’autres pays (dont la Belgique) s’en sont mêlés. Il n’y a que que les marchands d’armes qui en ont largement profité, les usines de notre « petit pays » n’étant pas les dernières à en tirer profit grâce à nos livraisons périodiques transitant par l’Arabie saoudite.

Résultat : en neuf années de guerres, 380 000 morts, dont 115 000 civils à ce jour. Et cinq à six millions de migrants ayant fui le pays, soit le quart de la population syrienne. Et ce n’est pas fini à présent que la Turquie a décidé d’ouvrir largement ses frontières. Des centaines de migrants ont été empêchés vendredi d’entrer en Grèce par le poste frontalier de Kastanies, dans le Nord-Est de la Grèce, a indiqué une source policière grecque. Plusieurs centaines d’autres sont bloqués dans la zone tampon entre la Grèce et la Turquie, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.

Que se passera-t-il dans les prochains jours ?...

Une fois de plus on voit à quel point les guerres pèsent lourd dans l’exode de millions de réfugiés désespérés. Nous savons que nous leur devons un geste d’accueil. Du moins un certain nombre de citoyens généreux le savent, car du côté du Gouvernement c’est très différent : on veut bien batailler là-bas, mais pas question d’en subir les conséquences !

Mais pourquoi parmi tant de manifestations chez nous, en France et autres pays voisins –  en faveur d’indiscutables bonnes causes – l’opposition aux guerres tient-elle si peu de place ? Des guerres dans lesquelles nous sommes pourtant bel et bien impliqués, à la fois par l’envoi sur place de militaires et d’avions de combat et par la production et la vente d’armes légères appréciées dans le monde entier. Comme si la spirale de la violence – quel que soit  le camp – pouvait nous conduire un jour à la paix…

Face aux nombreuses et puissantes coalitions pour la guerre, c’est dire si une modeste coalition pour la paix comme la nôtre a encore du pain sur la planche ! Et à quel point nous dépendons des liens à rendre toujours plus étroits et efficaces avec nos associations-membres ainsi qu’avec les mouvements citoyens qui agissent à l’échelle nationale et internationale.

NOUVELLES FRAÎCHES DU FRONT

COMMUNIQUÉES PAR LE MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

Sous des titres divers, la Presse publie ces jours-ci des nouvelles communiquées par notre ministre de la Défense. Il n’est plus question de nier ou de minimiser les guerres dans lesquelles nous sommes impliqués. C’est donc un renversement de stratégie à l’égard de l’opinion publique. Il s’agit plutôt de bien faire savoir aux citoyens que NOUS SOMMES EN GUERRE.

Allons-nous ainsi recréer cette Union sacrée qui a présidé à tant d’autres guerres?  Tout en « ramenant à la raison » l’opinion publique lorsqu’elle donne des signes de mécontentement trop manifestes? Qu’il s’agisse de la Belgique, de la France ou d’autres pays européens : le choix ne manque pas…

Bien entendu tous les va-t-en guerre sont coupables, « nos ennemis » aussi. Mais partout, hier comme aujourd’hui, des esprits lucides et courageux s’opposent à ce que la violence prétende éliminer la violence ! Serons-nous assez nombreux?… Or nous ne cessons d’augmenter et de perfectionner notre arsenal… jusqu’à l’Apocalypse de l’arme nucléaire? Comme si l’épuisement des ressources naturelles, les dégâts climatiques, les migrations meurtrières ne suffisaient pas.
Ci-dessous l’article intégral publié le 27 janvier dans toutes les éditions du journal L’Avenir. Les sous-titres, parenthèses, guillemets et tous les termes soulignés en grasses ou en italiques sont repris tels quels. Le journaliste attire ainsi notre attention sur l’importance de certains mots et sur la portée exacte de ces mots si nous voulons bien y réfléchir.

L’armée belge prépare un grand exercice Terre-Air de printemps.

Cet exercice se déroulera en Jordanie.

La composante Terre de l’armée prépare un grand exercice au printemps en Jordanie pour entraîner durant un mois des unités motorisées en conditions désertiques à des opérations « de haute intensité », avec le renfort d’hélicoptères de la composante Air, a-t-on appris ce dimanche de sources militaires. Baptisé « Desert Lion », cet exercice – le plus important en effectifs pour l’armée – devrait rassembler du 29 mai au 27 juin quelque 1.200 militaires, principalement fournis par la brigade motorisée ainsi que des unités jordaniennes.

« Environnement exigeant »

 
Les centaines de participants vont s’entraîner dans un « environnement exigeant » assez proche de celui du Sahel, où la France appelle ses partenaires européens à venir l’épauler dans la lutte contre le djihadisme. Pour les équipages du 1er wing de Beauvechain, il s’agira de s’entraîner dans des conditions de « brown-out » (le nuage de poussière généré par le rotor de l’hélicoptère lors d’un atterrissage dans une zone sablonneuse), comme celles rencontrées au Mali.

« Esprit guerrier »

 
Cet exercice s’inscrit dans le cadre de la volonté des chefs militaires d’insuffler à nouveau un « esprit guerrier » aux unités terrestres, après des décennies d’opérations moins ambitieuses, parfois qualifiées « d’humanitaires ». Le général Gérard, chef de la composante Terre de l’armée, a récemment exprimé sa volonté d’augmenter ses ambitions en matière d’engagements opérationnels, qui sont, selon lui, la « raison d’être » de sa composante.
Résultat de recherche d'images pour "général Gérard belgique"« A court terme, j’envisage fermement l’engagement d’une compagnie inter-armes dans la période 2021-2024 (…) si nous prétendons pouvoir opérer dans le haut du spectre d’engagement » 
(lisez : des missiles de combat), avait-il précisé en décembre, lors du « Lan Day » annuel, en présence de la Première ministre, Sophie Wilmès.

Nouvelles du front. Décembre 2019.

Ce mois de décembre mobilise dans la province nombre d’organisations civiles et militaires pour commémorer le 75e anniversaire de la Bataille des Ardennes. La Coalition luxembourgeoise pour la Paix, de son côté, vous communique des nouvelles du front – ou plutôt des nombreux fronts – sur lesquels se déroulent les combats d’aujourd’hui.

DE L’AMÉRIQUE LATINE À LA CHINE EN PASSANT PAR L’EUROPE, LA MÉDITERRANÉE, L’AFRIQUE, LE MOYEN-ORIENT…

(Les infos ci-dessous sont empruntées au dernier numéro du « Sentier de la Paix », organe de l’association Agir pour la Paix, membre de notre coalition)

« Cette année 2019 s’éteint alors que les crises brûlent de par le monde. La crise environnementale s’époumonne à nous crier que la planète flambe. L’économie de notre industrie de l’armement et les politiques sécuritaires européennes n’ont de cesse de jeter de l’huile sur le feu d’une crise migratoire qui laisse notre conscience noyée sous un océan d’indifférence. De l’Amérique du Sud à la Chine en passant par l’Europe, la Méditerranée et le Moyen-Orient, cette fin d’année montre aussi une humanité qui souffre. […]
La politique migratoire européenne et la militarisation de ses frontières ne sont que des exemples d’un processus plus large : la militarisation de nos sociétés. L’Europe forteresse tue. Pour rendre visible la puissance des lobbies de l’armement et la manière dont ils influencent la politique de l’Union européenne, un collectif a ciblé les lobbies qui se cachent à Bruxelles : armements, énergies fossiles, industrie agroalimentaire, plastique, qui soutiennent la libéralisation du commerce mondial.
Pour rappel, la Région wallonne a permis la livraison d’armes à plusieurs pays coupables de crimes de guerres ces dernières années, et ce pour plusieurs milliards d’euros. Elle l’a fait en violation flagrante du Traité sur le commerce des armes de la Position commune de l’Union européenne et du décret wallon du 21 juin 2012 « .

Campagne STOP AUX ARMES NUCLÉAIRES

Bien d’autres constats alarmants sont signalés par Agir pour la Paix qui rappelle les différentes actions que l’association a menées tout au long de l’année. Et qui lance un nouvel appel urgent à participer à la campagne lancée par la Coalition nationale contre les armes nucléaires. Notamment à propos des bombes de Kleine Brogel dont la modernisation aura lieu entre 2020 et 2024.

« Cette modernisation donnera une potentialité de guidage et les rendra par la même aussi stratégiques. Donc plus utilisables sur le champ de bataille. Ces mêmes armes nucléaires qu’on nous disait entretenir pour ne jamais les utiliser. »

La COLUPA a décidé d’appuyer cette campagne. Également de soutenir et d’accompagner la marche Jai Jagat 2020 qui traversera la Belgique durant l’été 2020.

Le parcours et les dates sont notés sur la page https://www.jaijagat.be/en-belgique
Ce sera l’occasion d’une convergence mondiale pour la justice sociale et environnementale http://www.associations21.org/jai-jagat-2020-loccasion-dune-convergence-mondiale-pour-la-justice-sociale-et-environnementale/.

Rappelons également – beaucoup plus proche dans le temps – la Journée internationale des Migrants du 18 décembre organisée à Marche-en-Famenne par la COLUXAM :
https://www.facebook.com/Coluxam/

Pour tout contact avec AGIR POUR LA PAIX : https://agirpourlapaix.be/

Coalition luxembourgeoise pour la Paix


Agir pour la Paix – Cellule Accueil Réfugiés – Centre d’Action Laïque Lux. – Centre d’Animation Globale du Luxembourg – Centre de Développement Rural – Cercle Tedesco – Centre des Immigrés Namur Lux. – CNCD 11.11.11 Lux. – Communauté Les Frênes – Entraide et Fraternité – Le Gletton – Ferme du Hayon – Halle de Han – Maison luxembourgeoise de l’Écologie – MOC Lux. – Mojoca – Mouvement d’Action Paysanne (MAP) – Oxfam Magasins du Monde – Périple en la Demeure – Service Civil International (SCI).

À Paris et ailleurs, la guerre de l’Espace n’est plus une fiction !

Nous rappelions dans notre précédent message que la France et l’Allemagne venaient de se mettre d’accord pour la construction d’un super-bombardier capable de prouesses encore jamais vues, destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. Et en guise de conclusion : « En voilà du moins qui se moquent bien d’ennemis aussi nébuleux que la pollution atmosphérique ou le réchauffement climatique !« 

Enchaînons avec le spectacle non moins édifiant qui nous a été offert le 14 juillet à Paris lors du défilé des « forces vives » de la nation, constituées à 90 % de troupes et d’engins destinés à… semer la mort. Avec une donnée nouvelle annoncée par le président Macron et adressée à toute l’Europe : « Pour assurer le développement et le renforcement de nos capacités spatiales, un grand commandement de l’Espace sera créé en septembre au sein de l’armée de l’Air qui deviendra à terme l’armée de l’Air et de l’Espace ». En guise d’illustration, était apparu un peu plus tôt dans le ciel parisien un soldat volant armé d’une mitraillette caracolant au dessus de la foule tel un un ange exterminateur !

Dans le même temps des gilets jaunes, débarrassés de leur tenue d’apparat et sans armes, réussissaient une fois de plus à semer la pagaille. C’en était presque réconfortant le contraste entre le raz-de-marée des différents corps d’armées, forces de l’ordre, chars d’assaut, hélicoptères, avions, drones et autres merveilles du génie humain exhibant sa toute-puissance destructrice… et ces quelques humains plutôt dépenaillés, capables de défier une marée de robots obéissant aux ordres éructés par leurs commandants, à travers le son lancinant des clairons et trompettes.

Vision en partie trompeuse… Et qui, habilement exploitée, servira surtout à célébrer la tolérance et les vertus tant vantées de nos régimes démocratiques. Le fait est qu’elles nous offrent encore aujourd’hui, ces démocraties mal en point, quelques « sorties de secours ». En profiterons-nous ? Au lieu de céder à cette résignation de plus en plus fréquente ou à la consolation des plaisirs carnavalesques et festivaliers sans fin ? Qui parlait du syndrome du Titanic ? En tout cas, dérivatifs – le mot prend ici tout son sens – qui permettent notamment aux partisans de l’Extrême-droite et aux nostalgiques de l’Ordre Nouveau (vieux comme le monde) de peaufiner tout à l’aise leurs noirs desseins à répétition…

Mais ces tristes sires sont-ils encore vraiment nécessaires aujourd’hui quand la technoscience soumise à la dictature de l’argent se charge bien, à travers ses prouesses quotidiennes, de détruire peu à peu notre planète et même de s’en prendre de plus en plus à l’Espace. Super-bombardiers, robots, exosquelettes, plateformes volantes, innovations futuristes de ce qu’on ose encore appeler… « notre Défense ».

Des signes d’espoir ne manquent jamais. Aujourd’hui comme hier. Une certaine jeunesse nous en a encore donné la démonstration cette année.

Alors on se rassure à bon compte… ou on se réveille pour de bon ?