« La quarantaine » et autres soucis…

« LA QUARANTAINE »

Ce n’est pas l’âge moyen des membres du bureau de la Colupa. Loin s’en faut, la « Paix » n’étant pas apparemment un sujet très sexy. Mais notre coalition, heureusement, regroupe une vingtaine d’associations fortes de leur expérience mais aussi de leur jeunesse et de leur vitalité, dont les noms sont chaque fois rappelés au bas de nos messages périodiques. Ce sont elles qui comptent avant tout, engagées chacune dans un ou plusieurs des secteurs du combat citoyen. Qu’il s’agisse des inégalités sociales, de l’injustice fiscale, des désordres climatiques, des aberrations de l’agrobusiness, des relations Nord-Sud, de l’accueil des réfugiés… Autant de matières et de manières de contribuer à PLUS DE PAIX chez nous et dans le monde. Ce qui n’empêche évidemment pas qu’une coalition comme la nôtre mette l’accent sur les guerres « proprement dites » (curieuse expression!), souvent oubliées ou minimisées : la guerre « tout court », mais aussi la guerre économique qui – si on veut  bien y réfléchir – est à la source de la plupart des situations rappelées ci-dessus. Et notre « petit pays » y contribue largement à la fois par notre commerce des armes, nos engagements militaires et notre politique économique.

« NOUS SOMMES EN GUERRE »

Si on parle beaucoup de pandémie, de quarantaine, de confinement, on entend aussi, et de plus en plus souvent, l’expression « nous sommes en guerre » face au vilain virus, notamment dans la bouche des chefs d’État qui usent et abusent de cette analogie avec la guerre et l’union sacrée qui va de soi. Rappelons que les vraies guerrres déclenchées par des hommes contre d’autres hommes ont fait et font toujours bien plus de victimes. Et que les pandémies, si elles ont souvent un lien étroit avec ces guerres, c’est parce qu’elles font partie, elles aussi, des dégâts collatéraux. On se plaît, p.ex., à répéter que la « grippe espagnole a fait plus de victimes que la guerre 14-18 », alors qu’elle apparue en pleine guerre, en 1916 – et pas en Espagne -,  se propageant peu à peu à la faveur des déplacements des troupes et des populations. La plupart des pandémies sont liées d’une manière ou d’une autre aux guerres, aux invasions, aux migrations forcées. Un exemple historique de grande ampleur, qu’on évoque pourtant rarement : la conquête rapide de l’Amérique et le génocide de nombreux peuples amérindiens ne s’expliquent pas seulement par la supériorité des armes mais bien davantage par la propagation rapide de la variole, de la tuberculose et autre microbes ou virus importés –  et parfois de manière consciente et volontaire – par des conquérants immunisés chez des populations qui ne l’étaient pas. Ce n’est pas une fake news de plus. Tous les historiens vous le confirmeront.

« IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS »

Autre expression toute faite répétée soir et matin. Mais oui, de toute évidence! Une simple question de chronologie… Donc libre à chacun d’interpréter cette sentence, cette incantation répétée à longueur de journée par des gouvernants, des experts et autres sommités. Jongleurs de mots qui, au final, ne les engagent à rien. Mais à quoi bon, nous aussi, nous lancer dans la mêlée des discussions et des polémiques? N’importe quel citoyen doué d’un minimum de bon sens sait où trouver des informations sérieuses pour fonder son jugement. Le problème c’est que rien ne les aide en ce moment à exercer pleinement cet esprit critique. Au contraire : « Il faut faire en sorte que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. On diffusera massivement par la télévision des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera toujours les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher les esprits de penser de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. »  De qui est cette citation et de quand date-t-elle ?… De Aldous Huxley en 1932 dans le Meilleur des mondes.

« IL FAUT SORTIR AU PLUS VITE DU CONFINEMENT POUR SAUVER L’ÉCONOMIE »

Depuis quelques jours, une autre petite musique se fait entendre : il faut cesser de toute urgence le confinement pour des raisons économiques. Dans Les Échos, l’éditorialiste Éric Le Boucher le dit clairement : il faut sortir la France du confinement. L’idée est simple et s’appuie sur un des instruments préférés des économistes, le tableau coût-bénéfice.

« D’un côté, les morts du coronavirus, de l’autre les coûts économiques de perte de PIB et de la crise qui suivra, qui induiront aussi des morts. Ce rapport serait favorable à la reprise de l’activité économique. On pourrait donc revenir à la fameuse stratégie de «l’immunité de groupe» et tolérer les morts du coronavirus pour ne pas avoir à en déplorer davantage pour cause de désastre économique.

« La démarche est remarquable par ce qu’elle dit de ce qu’est l’économie capitaliste. Elle s’appuie sur un des éléments les plus puissants de ce système, mais aussi, lorsqu’il est mis à nu, un des plus fragiles : l’abstraction. Car dans cette macabre comptabilité, deux réalités distinctes sont mises à égalité. D’un côté celle d’un phénomène qui s’impose à l’homme, un virus contre lequel nous n’avons pas d’armes, du moins pour l’heureet qui tue directement des hommes et des femmes. Et de l’autre, une création de l’humanité,  l’économie de la marchandise, qui imposerait sa loi à sa créatrice au point de lui enlever également des vies. »

Voir l’intégratité  de l’article sur le site de Mediapart: https://bit.ly/34x7TUl

 Et pour terminer malgré tout par un certain sourire, jetons un petit coup d’œil sur le billet d’humeur publié en p. 2 de L’Avenir de ce mardi 14 avril qui n’est pas sans rapport avec notre sujet.

 

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