Hiroshima, Syrie, Iran, soldats-robots… et nous là-dedans?

A la veille du 70ème anniversaire du bombardement de Hiroshima

Selon l’historien Howard Zinn, une seule bombe atomique a fait 250.000 victimes pour la seule ville de Hiroshima. A cela s’ajoutent les décès causés par divers types de cancer et de pathologies, sans parler des nombreuses malformations congénitales.

Comme chaque année, l’Université de Mons consacrera à ce sinistre anniversaire une journée d’échanges et de réflexion le samedi 8 août. La CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) y animera la plateforme contre le renouvellement des avions de chasse F16. http://www.cnapd.be/Hiroshima-et-Nagasaki-70e-anniversaire
Il est entendu, en effet, que le successeur du F16 doit pouvoir emporter des charges nucléaires. C’est ce que souhaite, en tout cas, notre État-major. Ce sera d’autant plus commode que les charges atomiques sont déjà à notre disposition : elles sont stockées « dans le plus grand secret », à Kleine Brogel, dans la province de Limbourg. Un secret éventé depuis des années, mais jamais reconnu officiellement par nos gouvernements successifs car selon le TNP (Traité sur la Non-prolifération des Armes nucléaires) nous serions automatiquement inculpés pour « crime de guerre » (en tant que pays non détenteur de l’arme atomique). En tout cas, les « munitions » sont là, bien à l’abri. Elles n’attendent plus que les avions porteurs qui remplaceront nos F16 encore incapables d’un tel exploit.

L’humanité prisonnière des armes nucléaires

« Il est surréaliste d’entendre ces dirigeants politiques proclamer que l’arme nucléaire garantit la sécurité de leur nation alors qu’elle menace la sécurité du monde. » C’est ce que nous rappelle Jean-Marie Muller, cofondateur du MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) dans la dernière édition du Sentier de la Paix (pp. 4 à 9) qui révèle, entre autres, les engagements non tenus des pays dotés de l’arme atomique et qui fait un état des lieux très précis de la menace plus actuelle que jamais d’un holocauste nucléaire.

http://agirpourlapaix.be/wp-content/uploads/SDLP70_V1.pdf

Radicalisme : un gros mot ?

C’est dans l’air du temps. L’Évolution est devenue la Révolution « sans en avoir l’r ». La Transition remplace la Rupture. Les compromis se déguisent en alternatives. L’art du camouflage est partout présent, précieuse leçon héritée de nos traditions militaires. Militariser la société, d’un côté, « déradicaliser » de l’autre. En jouant sur les mots, on obtient un glissement progressif vers l’inertie générale. Et pour « donner du sens » – il est difficile de s’en passer! – on multiplie les cérémonies, les actes symboliques, les verres de l’amitié, les festivals du plaisir partagé, et autres « moments forts » (sic) de la grande concorde universelle. Dans le même numéro du Sentier de la Paix cité ci-dessus (pp. 12 et 13), Thierry De Lannoy se pose la question : « Radicalisme » est-il un gros mot ? Parmi les intéressantes réponses qu’il nous propose, épinglons : « L’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble ne peut s’apparenter à une formation à la soumission ».

La stratégie du chaos porte ses fruits

Le Moyen Orient (et, en particulier, la Syrie) est l’exemple le plus abouti aujourd’hui de la stratégie du chaos menée à travers les justes guerres des USA et de leurs alliés européens, depuis la première guerre du Golfe en 1991. Quand ceux que nous voulions détruire se détruisent entre eux, quand le « diviser pour régner » atteint des résultats aussi performants, quand les Belges ne savent même plus qu’ils sont en guerre ou, s’ils le savent, s’en contrefichent joyeusement, quand des drones prennent peu à peu le relais de nos aviateurs-bombardiers (qui ne voyaient déjà plus très bien ceux qu’ils exterminaient), quand des soldats-robots s’apprêtent à remplacer les armées au sol malgré les protestations récentes de plusieurs scientifiques (ont-ils oublié que « Tout ce que la Science est capable de faire, elle le fera »?), on voit bien où nous conduit la realpolitik des (ir)responsables qui nous gouvernent.

Plus terre-à-terre (mais non moins douloureux pour ceux qui le vivent), le nouvel épisode, chez nous, de la « crise du lait et de la viande » révèle une fois de plus l’absurdité de notre système agroproductiviste. La grande kermesse agricole de Libramont avait à peine refermé ses portes que la triste réalité se rappelait aux travailleurs de la terre surendettés, désorientés, malmenés par les businessmen qui dictent leurs lois à nos hommes de loi. Si vous étiez en vacances, il est encore temps de lire la carte blanche « Nourrir ou détruire«  que la Colupa a publiée dans La Libre Belgique du 20 juillet, contresignée par dix-huit associations.

Et pour respecter les bonnes traditions, terminons sur une note positive. Obama veut conclure son dernier mandat en tentant de démontrer qu’il méritait bien le Nobel de la Paix reçu à peine élu président des USA. Parmi ses récentes initiatives en faveur de la paix, citons le rapprochement avec l’Iran. Peut-on y voir un petit correctif à cette vaste stratégie du chaos qui avait fait du pays voisin, l’Irak, un détenteur de l’arme atomique… grâce à un gros mensonge, déclencheur une fois de plus d’une guerre aux conséquences incalculables?

Allez, tout ne va pas si mal que ça !

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