Archives mensuelles : juillet 2015

Hiroshima, Syrie, Iran, soldats-robots… et nous là-dedans?

A la veille du 70ème anniversaire du bombardement de Hiroshima

Selon l’historien Howard Zinn, une seule bombe atomique a fait 250.000 victimes pour la seule ville de Hiroshima. A cela s’ajoutent les décès causés par divers types de cancer et de pathologies, sans parler des nombreuses malformations congénitales.

Comme chaque année, l’Université de Mons consacrera à ce sinistre anniversaire une journée d’échanges et de réflexion le samedi 8 août. La CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) y animera la plateforme contre le renouvellement des avions de chasse F16. http://www.cnapd.be/Hiroshima-et-Nagasaki-70e-anniversaire
Il est entendu, en effet, que le successeur du F16 doit pouvoir emporter des charges nucléaires. C’est ce que souhaite, en tout cas, notre État-major. Ce sera d’autant plus commode que les charges atomiques sont déjà à notre disposition : elles sont stockées « dans le plus grand secret », à Kleine Brogel, dans la province de Limbourg. Un secret éventé depuis des années, mais jamais reconnu officiellement par nos gouvernements successifs car selon le TNP (Traité sur la Non-prolifération des Armes nucléaires) nous serions automatiquement inculpés pour « crime de guerre » (en tant que pays non détenteur de l’arme atomique). En tout cas, les « munitions » sont là, bien à l’abri. Elles n’attendent plus que les avions porteurs qui remplaceront nos F16 encore incapables d’un tel exploit.

L’humanité prisonnière des armes nucléaires

« Il est surréaliste d’entendre ces dirigeants politiques proclamer que l’arme nucléaire garantit la sécurité de leur nation alors qu’elle menace la sécurité du monde. » C’est ce que nous rappelle Jean-Marie Muller, cofondateur du MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) dans la dernière édition du Sentier de la Paix (pp. 4 à 9) qui révèle, entre autres, les engagements non tenus des pays dotés de l’arme atomique et qui fait un état des lieux très précis de la menace plus actuelle que jamais d’un holocauste nucléaire.

http://agirpourlapaix.be/wp-content/uploads/SDLP70_V1.pdf

Radicalisme : un gros mot ?

C’est dans l’air du temps. L’Évolution est devenue la Révolution « sans en avoir l’r ». La Transition remplace la Rupture. Les compromis se déguisent en alternatives. L’art du camouflage est partout présent, précieuse leçon héritée de nos traditions militaires. Militariser la société, d’un côté, « déradicaliser » de l’autre. En jouant sur les mots, on obtient un glissement progressif vers l’inertie générale. Et pour « donner du sens » – il est difficile de s’en passer! – on multiplie les cérémonies, les actes symboliques, les verres de l’amitié, les festivals du plaisir partagé, et autres « moments forts » (sic) de la grande concorde universelle. Dans le même numéro du Sentier de la Paix cité ci-dessus (pp. 12 et 13), Thierry De Lannoy se pose la question : « Radicalisme » est-il un gros mot ? Parmi les intéressantes réponses qu’il nous propose, épinglons : « L’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble ne peut s’apparenter à une formation à la soumission ».

La stratégie du chaos porte ses fruits

Le Moyen Orient (et, en particulier, la Syrie) est l’exemple le plus abouti aujourd’hui de la stratégie du chaos menée à travers les justes guerres des USA et de leurs alliés européens, depuis la première guerre du Golfe en 1991. Quand ceux que nous voulions détruire se détruisent entre eux, quand le « diviser pour régner » atteint des résultats aussi performants, quand les Belges ne savent même plus qu’ils sont en guerre ou, s’ils le savent, s’en contrefichent joyeusement, quand des drones prennent peu à peu le relais de nos aviateurs-bombardiers (qui ne voyaient déjà plus très bien ceux qu’ils exterminaient), quand des soldats-robots s’apprêtent à remplacer les armées au sol malgré les protestations récentes de plusieurs scientifiques (ont-ils oublié que « Tout ce que la Science est capable de faire, elle le fera »?), on voit bien où nous conduit la realpolitik des (ir)responsables qui nous gouvernent.

Plus terre-à-terre (mais non moins douloureux pour ceux qui le vivent), le nouvel épisode, chez nous, de la « crise du lait et de la viande » révèle une fois de plus l’absurdité de notre système agroproductiviste. La grande kermesse agricole de Libramont avait à peine refermé ses portes que la triste réalité se rappelait aux travailleurs de la terre surendettés, désorientés, malmenés par les businessmen qui dictent leurs lois à nos hommes de loi. Si vous étiez en vacances, il est encore temps de lire la carte blanche « Nourrir ou détruire«  que la Colupa a publiée dans La Libre Belgique du 20 juillet, contresignée par dix-huit associations.

Et pour respecter les bonnes traditions, terminons sur une note positive. Obama veut conclure son dernier mandat en tentant de démontrer qu’il méritait bien le Nobel de la Paix reçu à peine élu président des USA. Parmi ses récentes initiatives en faveur de la paix, citons le rapprochement avec l’Iran. Peut-on y voir un petit correctif à cette vaste stratégie du chaos qui avait fait du pays voisin, l’Irak, un détenteur de l’arme atomique… grâce à un gros mensonge, déclencheur une fois de plus d’une guerre aux conséquences incalculables?

Allez, tout ne va pas si mal que ça !

A quelques jours de la Foire agricole de Libramont

« La Libre » publie une carte blanche de la Colupa

Sous le titre Nourrir ou détruire ?  la Libre Belgique de ce lundi matin publie, en p. 45, une carte blanche à l’initiative de la Colupa, signée par une vingtaine d’associations.

Depuis plusieurs années nous dénonçons régulièrement, dans nos lettres ouvertes et autres interpellations, l’agriculture industrielle qui, sous prétexte d’améliorer la productivité, n’assure en fait que le rente des investisseurs et aggrave les problèmes de malnutrition dans le monde.

A quoi servirait-il de dénoncer l’usage des armes et les conflits guerriers si nous ne prêtions pas attention à ces armes plus subtiles et souvent plus efficaces qu’utilise la guerre économique pour maintenir la suprématie des sociétés riches sur les populations du monde les plus fragiles? Y compris dans notre pays où de nombreuses fermes disparaissent chaque année au profit des grands consortiums de l’agriculture industrielle.

Rappelons qu’en 2010 une nouvelle étape a été franchie avec le projet d’encourager la création d’une « petite foire » alternative réunissant une nouvelle génération de producteurs bien résolus à pratiquer une agriculture fidèle à sa vocation de nourrir le monde et non de le détruire.

Dès lors, sous la houlette du MAP (Mouvement d’Action Paysanne) et en collaboration avec de nombreuses associations de la province, la Petite foire s’est mise à rassembler chaque année à la sortie du petit village de Semel, le dernier w.e. de juillet, un nombre croissant de producteurs et de visiteurs soucieux d’une alimentation saine et de la sauvegarde de notre Terre nourricière.Ce n’est pas par hasard si elle est organisée à quelques encablures de la grande Foire agricole de Libramont, vitrine par excellence de l’agroproductivisme revendiqué par les nombreuses sociétés commerciales qui couvrent la majeure partie de ses 300.000 mètres carrés.

Rendez-vous donc les 25 et 26 juillet à Semel pour rejoindre les pionniers de ce nouveau monde qui change. Demandez le programme et sachez tout ce qu’il faut savoir en cliquant sur ce lien.

Carte blanche

Par un collectif de signataires, à l’initiative de la Coalition luxembourgeoise pour la Paix (*)

Une agriculture qui nourrit le monde ou qui le détruit ?

Curieuse question lorsqu’on sait que la vocation de l’agriculture est, depuis toujours, de produire des aliments pour nourrir les humains. Pourtant aujourd’hui une part de plus en plus importante de l’activité agricole est consacrée à des produits non alimentaires. Les agrocarburants n’en sont qu’un exemple parmi d’autres, sans doute le plus connu. Quant à la nourriture, elle tend à devenir elle-même une simple marchandise, objet d’une activité économique hautement lucrative sur fond de spéculation boursière.

Une arme particulièrement efficace dans une guerre économique qui ne connaît plus de limites, puisque même les politiques d’aide alimentaire contribuent souvent, à leur tour, à l’inféodation de populations entières à des lois commerciales dictées de l’étranger. Ce type d’exploitation productiviste conduit à un accaparement des terres, à la ruine des petits paysans locaux, à un exode rural massif, à la détérioration des écosystèmes ainsi qu’au gaspillage énergétique résultant des transports à longue distance. Sans parler des conflits armés dans certaines régions du monde particulièrement riches en ressources naturelles.

Cette agriculture industrielle qui prétend nourrir le monde et qui contribue, en fait, à le détruire continue à jouir d’importants appuis officiels en raison d’un lobbying efficace des banques et des milieux d’affaires. Nos responsables politiques négocient d’ailleurs en ce moment des accords transatlantiques de libre échange qui risquent d’aggraver encore la situation. Sans parler de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, lancée récemment par le G7, favorisant l’apport de capitaux privés internationaux qui profitent avant tout aux grandes multinationales comme Monsanto ou Cargill, et qui menacent l’accès à la terre, la souveraineté alimentaire et l’environnement des populations locales. (**)

Au milieu de cette confusion, on ne peut que souligner le courage et la lucidité des producteurs qui, chez nous et ailleurs, ont fait le choix d’une agriculture fidèle à sa vocation de nourrir tous les humains et de respecter la terre, première source de vie. Face à l’abandon des fermes au profit des grands consortiums productivistes, ils résistent et innovent tout à la fois.

Rappelons que c’est pour mieux les faire connaître que le Mouvement d’Action Paysanne, en collaboration avec de nombreuses associations solidaires, organise depuis cinq ans la Petite Foire qui les accueille le dernier week-end de juillet dans une ferme ardennaise (**) face à la grande Foire agricole de Libramont, à ses 200.000 visiteurs, à ses 2.000 exposants, à ses 300.000 mètres carrés et à ses multiples sponsors privés et officiels.

Ce ne sont pas les innovations techniques que ces pionniers remettent en cause, mais bien l’usage qu’en font les affairistes qui s’en approprient, et ce dans tous les domaines de l’activité humaine.

En tant que mouvements citoyens attentifs à cette réalité et à la nécessité de revoir fondamentalement nos modes de production et de consommation, et singulièrement dans le secteurclé de l’activité agricole, nous tenons à exprimer publiquement notre solidarité à l’égard des agriculteurs, éleveurs et artisans de ces voies nouvelles, et nous demandons instamment aux Pouvoirs publics un soutien beaucoup plus ferme de leurs choix. Des choix qui répondent d’ailleurs à l’attente d’un nombre croissant de concitoyens.

Epinglons à cet égard, le projet avantgardiste de la province de Luxembourg de créer un Parlement Citoyen Climat en vue d’accélérer l’objectif de neutralité énergétique à l’horizon 2020. Gageons que les producteurs et les promoteurs d’une agriculture paysanne respectueuse de la terre et de ses habitants y contribueront à leur manière, et ce dès cette année 2015.

Agir pour la Paix, CAGL (Centre d’Animation globale du Luxembourg), CETRI (Centre Tricontinental), CINL (Centre des Immigrés Namur-Luxembourg), Entraide et Fraternité, Ferme Arc-en-Ciel, Ferme du Hayon, FGTB (Fédération Générale du Travail de Belgique), Halle de Han, Maison Luxembourgeoise de l’Écologie, MAP (Mouvement d’Action Paysanne), MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien), MOJOCA (Mouvement des Jeunes de la Rue), Oxfam-Magasins du Monde, Périple en la Demeure, SCI (Service Civil International), Vie Féminine Centre-Ardenne.

Une belle leçon de démocratie à l’Europe des affairistes.

Retour aux sources de la Démocratie.
L’Europe des affaires et de ses diktats en prend un sacré coup!

Belle revanche de l’Histoire. Le pays qui fut le berceau de la démocratie, qui connut comme toute l’Europe l’histoire agitée de ces vingt derniers siècles, qui fut victime d’une guerre mondiale sans dédommagement de l’occupant, qui s’embourba ces dernières années dans le marasme des magouilleurs de tous poils, qui accumula une dette odieuse impayable envers une Europe affairiste complice d’un FMI cynique, poussant à l’endettement selon une tactique mondiale bien connue pour mieux imposer aux pays débiteurs l’asservissement à leurs fameuses « Lois du Marché »…

Une Grèce qui maintenant a dit NON, ça suffit, par la voix de 61 % de ses citoyens.

Un camouflet cinglant à tous les prophètes de malheur du NO FUTURE, aux résignés de la REALPOLITIK, aux fidèles ouailles de la RELIGION DE L’ARGENT, aux inconditionnels de la GUERRE, SOURCE DE PAIX et de toutes ses déclinaisons

  • Trusts militaro-industriels et techno-science = Avenir de l’Homme.
  • OTAN = Avenir de l’Europe.
  • Guerres « défensives » menées à des milliers de km de chez nous = Avenir de l’Occident.
  • Guerre économique aux ressources naturelles au nom de la sacro-sainte croissance = Avenir de la Planète.

Complétez vous-mêmes la liste de ces absurdités érigées au rang de dogmes dans la nouvelle Église conquérante du Tout-puissant Business.

Mais ne nous emballons pas…  S’il est vrai qu’il faut parfois plonger au fond du marais pour mieux reprendre pied et remonter à la surface, les requins, eux, n’ont rien perdu de leur agressivité.  Du moins, savons-nous, une fois de plus – car d’autres exemples nous sont donnés aujourd’hui en Europe et dans le monde – qu’il est possible de leur résister. A condition que nous-mêmes en soyons convaincus et que nous réagissions avec l’audace qui s’impose, loin des chimères des évolutions sans en avoir « l’air », des transitions dites en douceur, des alternatives en trompe-l’oeil et autres benoîtes illusions de petits-bourgeois dissimulant mal leur peur du risque.

P.-S. Nous présentons nos sincères excuses aux requins des mers, prédateurs avisés et circonspects, pour les avoir confondus avec quelques uns de nos frères humains dépourvus de telles qualités.