Archives mensuelles : mai 2015

Terrorisme planétaire

La malédiction de l’or noir s’est abattue sur la Mésopotamie depuis sa découverte sous l’empire ottoman. Année après année, crise après crise, guerre après guerre, l’accès auxgisements pétroliers a attisé la convoitise des nations.

Une débâcle planétaire imparable ?

Aujourd’hui, l’or noir est plus que jamais nécessaire à la survie de nos démocraties exemplaires. France-Culture vient de donner la parole samedi dernier à Nicolas Sersiron, président du CADTM France, auteur du rapport Dette et extractivisme. Il revient sur la débâcle planétaire en cours, ultime étape de notre conquête des continents, de l’esclavagisme industriel, du colonialisme génocidaire, du pillage tous azimuts, notamment à travers l’agroproductivisme, « le plus grand crime contre l’humanité », affirme-t-il, démonstration à l’appui.

Des membres et des sympathisants de la Colupa nous ont demandé de diffuser cet entretien. Ce que nous faisons volontiers.

Retrouvez l’entretien ici

Le bilan s’alourdit chaque jour des pertes irrémédiables qu’entraîne la course aux ressources naturelles. Quand Nicolas Sersiron dénonce notamment l’agriculture productiviste subventionnée qui entraîne l’élimination de l’agriculture vivrière, celle qui pourtant nourrit encore près de 70 % de la population mondiale, il nous rappelle aussi que cet agroproductivisme est un acteur central du réchauffement de la planète et de la chute de la biodiversité. Une thématique qui sera certainement évoquée lors de de la Petite Foire à Semel (Neufchâteau) face à la grande Foire de l’agrobusiness à Libramont, le dernier week-end de juillet.

Prendre sans rendre, comme le fait l’entreprise extractiviste néocoloniale, doit s’arrêter si nous ne voulons pas que la barbarie se globalise au rythme de la marchandisation.

L’interview de Nicolas Sersiron inclut aussi un témoignage impressionnant de Henry Muhyia, secrétaire exécutif de la Commission Épiscopale pour les Ressources naturelles de la RDC. Car pendant que notre attention est accaparée par les exploits guerriers de plus de 40 pays coalisés contre la menace jihadiste, d’autres régions du monde, dans un silence assourdissant, continuent à être mises à sac, comme cela se passe dans notre ancienne et riche colonie du Congo. Ainsi s’allonge jour après jour la liste des victimes de la faim, de la maladie, de l’exode, guerre si peu spectaculaire que livre au monde entier le terrorisme planétaire du tout à l’économie.   .

Voir aussi ici l’entretien paru sur le site d’Alternatiba 89.